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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 05:50

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93

Même si l’analogie à une guerre n’est pas la meilleure manière de qualifier la lutte contre l’épidémie du coronavirus, elle peut nous aider à mettre en évidence la difficulté du gouvernement à savoir utiliser le bon arsenal, c’est-à-dire les bonnes armes au moment opportun. L’emballement sur le port du masque « obligatoire » en extérieur dans certaines zones est l’exemple typique d’une dispersion des forces sans coordination. Ici c’est le préfet qui décide, ailleurs c’est le maire qui le devance pour montrer à sa population qu’il est vraiment plus efficace que les services de l’État, puis les ARS annoncent l’arrivée de renforts qui n’arrivent pas et enfin le premier ministre se déplace sur le front pour voir les troupes. Troupes qu’il serait plus simple de doter en une seule fois du même équipement de protection : il aurait été ainsi plus efficace et surtout plus rapide de préconiser le port général du masque en intérieur et en extérieur à partir du moment où l’on se trouve dans un local ou un lieu où on est en contact rapproché et fréquent avec d’autres personnes.

Mais, pour mener une guerre, le gilet pare-balles ne suffit pas, il faut aussi des armes avec les munitions en quantité suffisante. Et c’est là que se pose le problème de la capacité à réaliser des tests de manière massive dans les zones les plus impactées. Pourquoi par exemple les 300 000 habitants de la Mayenne n’ont-ils pas été testés immédiatement pour détecter les personnes contaminées sachant que plus de 50 % des personnes infectées ne présentent aucun signe de la maladie ? Le seul moyen de neutraliser l’ennemi est en effet de le débusquer et de le neutraliser, à savoir isoler immédiatement les personnes porteuses du virus pour casser les chaînes de contamination.

En fait, la communication brouillonne du gouvernement sur les masques constitue un nouvel écran de fumée pour masquer le fait qu’il ne dispose pas du stock d’armes dont nous avons besoin. Alors que 700 000 tests par semaine nous étaient promis lors du déconfinement, les laboratoires ne sont capables d’en réaliser deux mois plus tard qu’à peine 500 000. Le constat est clair : la stratégie est encore et toujours dictée par la gestion d’une pénurie de moyens.

Nous sommes face à une nouvelle preuve de l’incurie de notre gouvernement qui est incapable d’organiser la mobilisation des troupes au bon moment, de les équiper avec du matériel adapté et de les envoyer sur la zone prioritaire du front. Rappelons-nous les grandes défaites de l’histoire quand les renforts ne sont pas arrivés au bon moment, que les équipements et les armes n’étaient pas adaptés et surtout que les chefs ont été incapables de prendre les bonnes décisions au bon moment !

 

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