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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 12:44

 

À quelques jours de la douloureuse commémoration de l’abominable crime commis par le feu atomique nord-américain sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki, au Japon les 6 et 9 août 1945, il est indispensable de sonner l’alerte.

Il est en effet deux dangers encore plus grands que l’actuelle pandémie de coronavirus, qui sème déjà désordre et panique, souffrance et mort jusqu’à bousculer en profondeur nos sociétés et nos manières de vivre. Le premier est l’évolution du réchauffement climatique. Le second est la menace d’une guerre nucléaire. Il est d’ailleurs un lien trop caché entre crise environnementale et activités militaires, alors que celles-ci produisent 20 % de la pollution mondiale.

Le danger est encore aggravé dans ce monde si troublé, si titubant, où concurrence et loi de la jungle sont érigées en principes par un capitalisme financier mondialisé qui fait feu de tout bois, au risque d’échapper à ses promoteurs. Et où l’irresponsabilité – voire la folie – d’un dirigeant peut déclencher le feu nucléaire ou l’utilisation d’armes chimiques ou bactériologiques.

Le chiffre glaçant de 13 000 ogives nucléaires réparties sur la planète a de quoi faire frémir en une période où les tensions politiques vont croissant et où les rivalités économiques peuvent dégénérer vers le pire : l’anéantissement de notre commune humanité.

Les vigilances doivent redoubler alors que les puissances détentrices de l’arme nucléaire développent encore une nouvelle génération d’armes. Pire encore : trente ans après la fin de la « guerre froide », le traité sur l’interdiction des missiles à courte et moyenne portée a été déchiré par les États-Unis et la Russie. Le traité dit « New Start », qui limite les missiles de longue portée, pourrait être jeté au feu l’an prochain. Ces traités sont pourtant d’une importance capitale pour progresser vers un monde débarrassé des armes nucléaires. Un espoir existe encore avec le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian) voté à l’Organisation des Nations unies en 2017. Seulement 38 États ont ratifié ce texte crucial qui permettrait en vertu du droit international de rendre illégales les armes nucléaires. Le gouvernement et le président français ne l’ont pas signé et encore moins fait ratifier. Notre pays qui, il y a quelques mois, a lancé un nouveau sous-marin nucléaire d’attaque, participe ainsi à cette aveugle course à la mort. Et le 12 juin dernier, au large de la Bretagne, était testé dans un silence assourdissant un nouveau missile M51. On peut donc organiser toutes les conventions citoyennes sur le climat et pérorer sans fin sur l’écologie tout en créant « en même temps » les conditions d’une catastrophe humaine et environnementale. C’est bien la sécurité du vivant, la sécurité humaine qui est menacée. Il faudrait selon l’ONU quelque 100 milliards de dollars chaque année pour éradiquer la misère. On cherche de l’argent pour un vaccin contre le Covid-19. Les dépenses pour cette course à l’armement dépassent annuellement les 1 500 milliards d’euros. Chaque seconde qui passe, ce sont 57 000 dollars qui sont dépensés pour ces engins de mort. L’ensemble des contribuables français verse à cette surmilitarisation 8 999 euros par minute. En 2025, cette somme atteindra les 11 415 euros. Inouï ! Cet argent serait pourtant bien plus utile pour l’hôpital, la santé, l’école et le travail pour les jeunes. Seule la mobilisation populaire peut pousser la France à ratifier le traité sur le désarmement nucléaire et exiger la réorientation des dépenses militaires vers les services publics. Ce combat a totalement partie liée avec l’objectif d’un monde plus sûr, plus juste et plus respectueux de la nature. Un puissant mouvement pour la paix est d’utilité publique.

Patrick Le Hyaric, Directeur de l'Humanité

 

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