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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 04:13
Premier bilan des municipales pour le Parti communiste
Premier bilan des municipales pour le Parti communiste
Publié le 01/07/2020 par PCF

Déclaration de Fabien Roussel – Les Français·es ne veulent pas de la politique du gouvernement, ni dans leur ville, ni dans leur pays

Le second tour des élections municipales s’est déroulé dans un contexte totalement inédit. Un tournant est pris pour plus de justice sociale et plus d’écologie.

Et même si l’abstention atteint un record, le signal envoyé au Président de la République et à sa majorité est claire : les Françaises et les Français ne veulent pas de sa politique dans leur ville ni dans le pays ! C’est un échec lourd pour toutes celles et ceux qui espéraient conquérir de nouvelles villes avec l’étiquette En Marche.

Et ce scrutin montre que là où les forces de gauche et écologistes se sont unies avec des citoyens pour mettre les politiques sociales de solidarité et écologiques au cœur de leur ville, elles ont gagné. Dans toutes ces villes, le Parti communiste français a été un acteur de ces victoires et participera à ces nouvelles majorités, à Marseille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Nancy.

Avec ces 233 maires élus au premier tour, ceux élus au second, le PCF demeure une force incontournable en France. Ils seront des points d’appui pour défendre le climat avec l’accès à des transports collectifs moins chers, voire gratuits, pour l’accès à des logements de qualité, pour encadrer le prix des loyers, pour accéder à des centres municipaux de santé. Ils seront au service de la défense de l’emploi, pour le développement des services publics, pour mettre en place des cantines bio, et favoriser l’accès à la culture et aux sports pour tous.

Cette élection était là aussi pour exprimer les inquiétudes, les colères de nos concitoyens face à cette crise, mais aussi leurs espoirs de changement.

Et nous avons entendu durant cette campagne beaucoup de témoignages de salarié·e·s en colère contre des plans sociaux injustes et purement financiers. Et nous sommes pleinement aux côtés des Renault, des General Electric, des Luxfer, des travailleurs de la propreté, ceux d’ONET, des salariés de l’aéronautique, d’Air France, des enseignants, des soignant·e·s, des aides à domicile, du monde de la culture et des arts en souffrance aujourd’hui.

Nous avons aussi entendu les inquiétudes des familles qui ont du mal à boucler les fins de mois, alors que le gouvernement ne veut ni rétablir l’ISF, ni taxer les dividendes et le capital ; nous participons à la solidarité auprès des plus fragiles face à la pauvreté qui augmente.

Nous avons soutenu les nombreuses PME et petites entreprises abandonnées par leurs banques et les assurances riches comme Crésus.

Oui, c’est le monde du travail qui paye cette crise, ce sont les petits qui restent les plus exposés face à la pandémie. Mais le capital, la finance, les plus riches conservent leur train de vie et leurs privilèges. Cette injustice et ces inégalités ne sont plus acceptables.

C’est pourquoi les très bons résultats des forces de gauche et écologistes comme ceux du PCF sont importants à l’issue de ce scrutin.

Déjà, lors du 1er tour, les candidat·e·s de notre parti, à la tête de listes de gauche, écologistes et citoyennes, avaient enregistré de nombreux succès : 233 communes de plus de 1 000 habitant·e·s choisissaient un maire communiste, dont 100 communes de plus de 3 500 habitants.

Parmi elles, Montreuil, 108 000 habitants, où Patrice Bessac et sa liste ont été largement plébiscités par les électeurs. Avec 5 villes perdues et 10 villes gagnées, le Parti communiste s’est ainsi renforcé dans tout le pays, en nombre de maires et en nombre d’élus locaux lors du premier tour.

Pour ce second tour, les communistes conduisaient des listes de rassemblement dans 109 communes, dont 40 sortants.

Dans les villes de plus de 10 000 habitants, nous enregistrons quelques conquêtes, comme Bobigny, Villejuif, Noisy-le-Sec, Tergnier... Je souhaite aussi saluer la victoire de ma collègue Huguette Bello à Saint-Paul-de-La Réunion, ville de plus de 100 000 habitants. En revanche, pas de victoire au Havre malgré la belle campagne de Jean-Paul Lecoq à la tête d’une liste citoyenne.

Durant cette élection, nous n’avons eu qu’une seule boussole : là où les alliances ont été nombreuses entre la droite et La République en Marche, le PCF s’est largement attaché au rassemblement des forces de gauche et écologistes, pour empêcher la droite de faire main basse sur de nouvelles communes et pour que de nouvelles majorités de progrès soient élues, en particulier dans les grandes villes. Nous étions très actifs dans de nombreuses listes de gauche et écologistes. Le PCF contribue ainsi au succès dans de nombreuses villes, comme à Lyon, Bordeaux, Marseille.

Dès demain, les élu·e·s communistes seront mobilisé·e·s aux côtés de tous les salariés confrontés à la cascade de fermetures d’entreprises ou de plans sociaux, aux côtés de celles et ceux qui travaillent à une reconquête des services publics et d’une industrie adaptée aux besoins de la société et au défi écologique.

Enfin, notre peuple pourra compter sur toutes ces femmes et ces hommes pour s’opposer aux politiques d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre, pour promouvoir des politiques répondant aux urgences sociales et climatiques. La réforme des retraites comme celle de l’assurance chômage doivent être abandonnées.

Oui, cette élection constitue un premier coup d’arrêt électoral pour le parti du Président de la République.

De grands combats nous attendent maintenant. Allons gagner d’autres victoires dans les semaines qui viennent, avec les salarié·e·s, les jeunes, les retraité·e·s qui souffrent tant des politiques actuelles.

Plus que jamais, rassemblons-nous pour faire gagner l’être humain et la planète !

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

Paris, le 28 juin

Premier bilan des municipales pour le Parti communiste

Premiers éléments d’analyse d’un second tour singulier

Le deuxième tour de ces municipales, outre les circonstances particulières qui ont présidé à son déroulement et à celui de la campagne d’entre deux tours, a été presque une nouvelle élection à part entière dans un contexte politique et social différent de celui de mars.

Nous sommes passés d’un 1er tour ayant lieu en pleines luttes sociales sur les retraites, à un 2e tour se déroulant dans une période anxiogène d’explosion du chômage et de demande de protection, qu’elle soit sanitaire, environnementale ou sociale.

Contrairement aux autres municipales, les listes arrivées en tête au premier tour n’ont pas toujours pu bénéficier de la force d’entraînement nécessaire à des rassemblements de second tour. C’est pourquoi, par rapport à 2014, les triangulaires, les quadrangulaires, voire les pentagulaires se sont multipliées. Avec certes des inégalités.

L’abstention, comme au premier tour, a explosé, atteignant des nouveaux records tous types d’élections confondus. Certes, il existe des raisons conjoncturelles dues au Covid-19 pour expliquer ce niveau inédit d’abstention, mais ce conjoncturel s’inscrit dans un mouvement de hausse tendancielle et structurelle de l’abstention. La partie la plus populaire de l’électorat, et pas seulement elle, se reconnait de moins en moins dans le système institutionnel, ce qui pose un problème majeur, en particulier aux ambitions de notre parti pour notre pays.

Dans le cadre de cette forte abstention, les Verts, avec des listes de rassemblement large de gauche où généralement notre parti est bien présent, réussissent une percée dans les métropoles et les grandes villes. Ce qui doit inciter le PCF à approfondir notre travail déjà engagé de critique de l’écologie politique.

Pour LREM ces élections sont un échec et un désaveu ; ils ne doivent leurs rares victoires qu’en cas de maires sortants bien implantés et ayant scrupuleusement camouflé leur nouvelle étiquette politique.

Le PS, après l’effondrement de 2014, maintient globalement son influence souvent sous l’étiquette divers gauche, avec quelques conquêtes, en particulier sur les autres forces de gauche, et quelques pertes historiques comme Bondy, Poitiers ou Lorient.

La droite conserve globalement ses gains de 2014 mais connait des défaites sévères dans nombre de grandes villes comme Marseille et Bordeaux.

Le RN et l’extrême droite voient leur nombre de conseillers municipaux se restreindre ; mais à l’exception de Mantes-la-Ville qu’il perd, le RN se renforce dans les villes qu’il avait gagnées en 2014 et il gagne une ville de 100 000 habitants avec Perpignan.

Pour sa part, le PCF, après de bons résultats au premier tour, connait un second tour plus clair-obscur avec la perte cruelle de certaines municipalités communistes importantes et pour certaines historiques. Certaines de ces pertes sont souvent liées à des situations de division à gauche et dans les majorités sortantes. À l’inverse, avec la conquête ou la reconquête de Corbeil, Bobigny, Noisy-le-Sec, Villejuif, il montre sa capacité à prendre des grosses villes tenues par une droite clientéliste. De plus, il gagne de nombreuses villes moyennes dans nombre de départements de province, élargissant ainsi sa base géographique. Et dans le sillage de rassemblements de gauche et écologique, il entre dans la majorité de nombre de conseils municipaux ou de métropoles de grandes villes.

Ces gains comme ces pertes appellent un travail important d’analyse qui prenne en compte les situations particulières comme les questions générales auxquelles nous sommes confrontés. Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur ce travail nécessaire.

Yann Le Pollotec, adjoint au secteur Élections du Parti communiste français

Télécharger le tableau récapitulatif.

233 maires communistes ou apparentés avaient été élus au 1er tour des élections municipales le 15 mars. Pour le deuxième tour qui portait sur beaucoup moins de villes que le 1er tour, 16 conservées, 20 gagnées ou reconquises, 24 perdues. Le PCF est bien le troisième parti en France en terme d'élus locaux locaux. 

 

Mercredi, 1 Juillet, 2020

Municipales. À propos de l’éventuelle disparition du Parti communiste

Par Serge Regourd, Professeur émérite des universités.

Depuis plusieurs décennies, dès la fin du premier septennat de François Mitterrand, les chroniqueurs politiques des grands médias n’ont cessé d’annoncer la disparition prochaine du Parti communiste. Il serait intéressant de mener une recherche d’envergure, dans le domaine des Sciences de l’information et de la communication, sur cette thématique. Quelques simples clics sur internet permettent, déjà, de recueillir un florilège haut en couleurs : chaque échéance électorale est ainsi rythmée par la scansion des « morts qu’il faut qu’on tue ».

Le sort du « communisme municipal » n’échappe pas à cette présentation crépusculaire. Dés avant le premier tour des dernières municipales, le champ lexical réservé aux candidats communistes était univoque : « Vers la fin du communisme municipal ? », « l’éradication de la ceinture rouge », et autres « tentatives de survie »...

Pourtant, le premier tour de ces municipales, en mars dernier, vint contredire ces funestes prévisions. L’élection immédiate de plusieurs dizaines de municipalités communistes, de Montreuil à Dieppe, de Vierzon à Nanterre, de Gennevilliers à Martigues, déjouait, une fois encore, l’agenda politico-médiatique. Les experts cathodiques revinrent alors, sagement, au droit commun selon lequel ils traitent, pour l’essentiel, le PCF hors période électorale : ignorance et occultation.

Leur verve éditoriale a été ranimée grâce à ce qu’il convient bien de qualifier de mauvais résultats du deuxième tour, au terme duquel une vingtaine de villes ont été perdues, parmi lesquelles plusieurs « bastions » historiques et symboliques. L’information « mainstream » a alors trouvé à s’appuyer sur des faits avérés pour ré-alimenter la litanie de la fin prochaine du communisme municipal.

Pourtant, selon les enseignements du sociologue Gaston Bachelard, « voir sans comprendre n’est rien ». Il s’agit donc de comprendre les causes de ces mauvais résultats et d’interroger leur portée : signifient-ils un retournement de situation par rapport au premier tour ? Traduisent-ils un authentique désaveu à l’égard des élus communistes en place ? Y a-t-il une cohérence globale quant à l’échec enregistré de Saint Denis à Saint Pierre des Corps, ou d’Aubervilliers à Firminy ?

Certes, dans un certain nombre de cas, des villes ont été perdues par le Parti communiste et d’autres ont été gagnées (comme Bobigny ou Villejuif) selon la logique inhérente à toute consultation électorale et frappant tous les partis. Plusieurs défaites relèvent alors des aléas du scrutin et, parfois, du déplacement d’un petit nombre de voix, comme ce fut, par exemple, le cas à Aubiére, où le maire sortant communiste a été devancé de 5 voix dans une ville de plus de 10 000 habitants (ce très faible écart constituant l’un des critères permettant au juge administratif d’annuler éventuellement les résultats de l’élection).

Pourtant, dans un important pourcentage de villes perdues, des éléments spécifiques fournissent une toute autre explication, ayant permis de diagnostiquer l’échec avant même le dépouillement des bulletins de vote.

Selon cet examen critique, les responsabilités peuvent, dans certains cas, être partagées, et aussi imputables à des responsables locaux du PCF, même si dans la majorité des cas, les candidats communistes n’ont fait que subir des alliances contre nature.

Le cas de Saint-Denis est ambivalent de telles hypothèques. L’échec de la fusion avec la liste de la FI avait scellé le sort de la plus importante ville détenue par le PC au terme d’un déplorable imbroglio, mêlant intransigeance politique et improvisation organisationnelle. 

Selon une autre dramaturgie, les échecs de Firminy ou de Gardanne, étaient également programmés par les choix précédant le second tour. A Firminy, le maire communiste sortant avait été exclu du parti à la suite de problèmes judiciaires et une autre candidate investie par le PC lui était opposé. Au premier tour, le candidat de droite précédait légèrement le maire sortant (35 % contre 33 %) cependant que la candidate officielle du PC était distancée à 15 %. 

Le maintien de sa candidature, pourtant vouée à l’échec, au second tour, offrait ainsi sur un plateau, ce « bastion communiste » à la droite. Scénario comparable, bien qu’inversé, à Gardanne, participant de la même logique de cadeau fait à la droite. Au premier tour, le candidat officiel du PC était crédité de 23, 78 %, précédant le candidat soutenu par l’ancien maire communiste (22,84 %). Arithmétiquement, la ville était donc assurée de rester dans son ancrage politique. Mais là encore, alors que de surcroît un candidat RN était également en piste, le candidat arrivé en 2ème position s’est maintenu, permettant à la droite de mettre un terme à la longue tradition communiste.

Ces trois cas de figure ont en commun d’avoir fait prévaloir des questions de personnes, de natures diverses, sur les enjeux électoraux, autorisant ensuite des commentaires politiques en termes d’effondrement de bastions communistes alors que les conditions de leur pérennité étaient réunies. 

Dans nombre d’autres cas - sans que tous puissent être mentionnés - les candidats communistes ont, simplement, été victimes d’arrangements politiciens d’alliés supposés ayant revêtu l’habit d’adversaires.

Le cas qui mériterait la plus longue explicitation est celui d’Aubervilliers. La profusion des listes de gauche au premier tour a permis à la candidate de droite d’arriver en tête (25%). Pour le second tour, le candidat du PS (13%) et le candidat « communiste dissident » (7,43 %) ont choisi de fusionner non avec la maire communiste sortante mais avec la liste dite citoyenne d’un ancien adjoint, dont plusieurs publications et enquêtes (notamment de la revue Marianne) avaient décrypté comment ce caractère citoyen visait à occulter un caractère proprement communautariste. Un socialiste et un prétendu « plus authentique communiste » ont ainsi joué les chevaux de Troie pour offrir les clés de cette ville symbole de la culture ouvrière à la droite.

Situation proche à Seclin, où le maire communiste sortant était à égalité de suffrages avec son concurrent de droite au premier tour (40 %), ayant nettement relégué son ancien adjoint socialiste (10%) avant que ce dernier décide de fusionner avec... la droite pour le second tour. Le scénario mis en œuvre à Choisy-le-Roi ne fut guère différent : c’est cette fois le candidat EELV du premier tour qui fit alliance avec la droite pour entraîner l’échec du maire communiste sortant.

À Saint Pierre des Corps, citadelle cheminote communiste, les résultats du premier tour étaient clairement favorables au candidat communiste : il était certes précédé par le candidat de droite (29% contre 27%) mais il disposait d’importantes réserves à gauche : 15 % côté PS, près de 12 % coté EELV. A ceci près que chacune de ces deux listes, n’ayant pourtant aucune chance de l’emporter, se sont maintenues au second tour, offrant là encore, la mairie à la droite dans une ville symbole de la gauche.

Sans qu’il soit possible de mentionner chacune des villes en cause, l’échec subi à Givors relève de la même grille de lecture : alors que le maire communiste sortant était en tête au premier tour (24,55%), la deuxième liste de gauche (20, 52%) s’est maintenue malgré la présence du RN en deuxième position (22%) dans le cadre d’une quadrangulaire, aboutissant à l’échec du maire sortant pour quelques voix (28, 24 % contre 28, 88 %).

Il apparaît ainsi que si la coagulation de ces différents échecs peut autoriser un commentaire journalistique rituel en forme de longue chronique d’une mort annoncée, l’analyse circonstanciée des résultats ville par ville, conduit à des conclusions sensiblement différentes.

Par-delà l’addition d’un certain nombre de signes négatifs, les dernières municipales ont, à l’inverse, également permis à des candidats communistes de se manifester comme têtes de listes légitimes et offensives de l’ensemble de la gauche dans des grandes villes comme Le Havre ou Nîmes, et grâce à de larges coalitions de gauche, de Bordeaux à Strasbourg, de Marseille à Montpellier, d’élargir le nombre de ses conseillers municipaux et de rester le troisième parti en termes de municipalités dirigées par un maire communiste, avec notamment une vingtaine de villes de plus de 30 000 habitants. Une réalité politique totalement occultée par les représentations médiatiques.

 

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