Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 07:11

Plan social chez Nokia. Au moins 4 000 manifestants à Lannion pour soutenir les salariés

L’intersyndicale Nokia et les unions locales organisaient, ce samedi 4 juillet 2020, en centre-ville de Lannion (Côtes-d’Armor), une manifestation contre les suppressions d’emplois annoncées chez Nokia. Au moins 4 000 personnes étaient présentes dans cette manifestation contre la suppression de 400 postes à Lannion.

 Nokia a trahi les salariés, Lannion et les pouvoirs publics  - Bernard Trémulot, délégué CFDT, entretien avec Victor Fernandez, L'Humanité, 3 juillet
Vendredi, 3 Juillet, 2020 - L'Humanité

« Nokia a trahi les salariés, Lannion et les pouvoirs publics »

Le plan social annoncé par Nokia le 22 juin pourrait affecter jusqu’à 1 223 emplois en France. À Lannion (22), où 400 postes sont menacés, une manifestation est prévue ce samedi 4 juillet, avant une manifestation des salariés de tous les sites à Paris, le 8 juillet. L’occasion pour Bernard Trémulot, délégué CFDT, de rappeler les conséquences de ce plan social sur l’économie locale. Entretien

 

Comment les salariés appréhendent-ils ce quatrième plan social en quatre ans ?

Bernard Trémulot Nous nous sentons trahis. C’est une trahison envers les salariés, envers le territoire et envers les pouvoirs publics. Nokia renie tous les engagements qu’il a pu formuler envers ces différents acteurs. Par rapport aux salariés, 200 embauches qui ont été faites sur les trois dernières années. Mais aujourd’hui, on annonce à des salariés qui sont encore en période d’essai que leur service est supprimé. On a demandé à ces personnes de venir travailler le week-end, de s’organiser pour travailler en horaires décalés et on leur annonce que dans un an, leur travail sera délocalisé en Finlande, en Inde, au Canada, en Pologne ou aux États-Unis ! Parmi les 200 jeunes qui sont arrivés, un certain nombre ne savait pas situer Lannion sur une carte. Des efforts considérables ont été mis en œuvre pour que ce territoire soit attractif pour ces personnes. Les collectivités locales se sentent donc trahies au vu des efforts déployés. Le président de l’agglomération de Lannion est venu à une assemblée générale nous apporter son soutien. Il a rappelé que les emplois à Nokia représentent 10 % des postes du secteur industriel dans ce bassin d’emploi qui mettrait des années à se reconstruire si jamais ce plan de suppression de postes se concrétisait. Quant aux pouvoirs publics, Nokia avait pris des engagements en 2016 concernant les embauches en Recherche et Développement. Ces 200 embauches ont été utilisées pour donner l’impression qu’il avait été honoré. Mais quatre ans plus tard, plus de la moitié des postes de notre site sont fermés. Nous savons d’ailleurs que si ce plan social a lieu, notre site fermera dans deux ou trois ans. Un site de 300 personnes, ça ne vaut rien du tout à l’échelle d’une entreprise multinationale. Nokia veut centraliser tous ses sites dans de grands hubs, ce qui implique un abandon total de la France. Ce sentiment de trahison anime donc tout le monde, pas seulement les salariés.

Quelles conséquences indirectes les suppressions de postes auront-elles à Lannion ?

Bernard Trémulot Bien que nous n’ayons pas de sous-traitants directs comme cela peut exister dans l’automobile, il n’empêche que Nokia fait appel à des entreprises pour la restauration des salariés ou pour s’occuper des espaces verts par exemple. Ces entreprises vont donc être affectées. De même, les salariés licenciés vont peut-être devoir quitter la région pour retrouver un emploi, ce qui peut avoir des conséquences sur la vie économique locale. Par exemple, des petits commerces locaux vont être affectés ou des directeurs d’école peuvent se retrouver obligés de fermer une classe par manque d’élèves. C’est donc tout le tissu économique de Lannion et du Trégor qui va être touché.

Suppression de la base de Hop!, compagnie d’Air France, à Morlaix, site Renault de Caudan (Lorient) menacé… La Bretagne est-elle en train de connaître une vague de licenciements ?

Bernard Trémulot Oui. Toutefois, il faut noter que si les licenciements à Hop! ou Renault peuvent s’expliquer en partie par l’impact de la crise du covid19 sur l’industrie aéronautique et automobile, ce n’est pas le cas pour la téléphonie. Au contraire, durant le confinement, on a pu voir l’importance d’avoir des systèmes de télécommunication performants. Chez Nokia, il n’y a pas eu une seule journée d’arrêt de l’activité. Le 16 mars, tous les salariés, aussi bien à Lannion qu’à Nozay (91), sont passés en télétravail. Nous avons d’ailleurs été remerciés par la direction par rapport à notre investissement au travail durant cette période. Certains programmes sont mêmes sortis en avance par rapport à ce qui était prévu. C’est dire le cynisme avec lequel on a traité les salariés.

Vous organisez deux temps forts, un rassemblement à Lannion ce samedi et une manifestation à Paris le 8 juillet. Ces mobilisations peuvent-elles inverser la donne ?

Bernard Trémulot Nous nous réunissons régulièrement en Assemblée Générale pour en discuter. Nos collègues de Nozay ont fait grève mardi 30 juin. Nous allons donc mener des actions régulièrement. Nous avons réservé un train spécial pour les salariés de Nokia et leurs familles souhaitant aller manifester à Paris. On reste dans la bagarre tellement le coup est fort. Nous ne doutons pas que nous allons bénéficier d’un fort soutien de la population locale, notamment pour la manifestation de demain à Lannion. Tout le monde est conscient des conséquences que cela pourrait avoir sur le tissu économique de la région. Malheureusement, on a l’habitude de ce genre de plans, et cela fait partie de nos traditions locales d’avoir ce soutien populaire quand il y a des attaques importantes sur l’emploi.

Entretien réalisé par Victor Fernandez

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011