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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 05:31
Ismael González, du Parti communiste espagnol, membre d'Izquierda Unida (gauche unie)

Ismael González, du Parti communiste espagnol, membre d'Izquierda Unida (gauche unie)

Jeudi, 4 Juin, 2020

Espagne « le choix d’une société solidaire est posé aux européens »

Le 29 mai, le gouvernement espagnol a adopté un revenu minimum vital. Un certain nombre d’autres mesures sont prévues dans un « bouclier social » qui doit répondre à la violente crise économique qui s’annonce. Ismael González, d’Izquierda Unida (gauche unie), nous explique ces projets.
Ismael González Membre du Parti communiste espagnol et responsable d’Izquierda Unida (IU)

 

En période de crise économique, l’adoption du revenu minimum vital est-elle déjà une victoire ?

Cette initiative fait partie d’un ensemble de mesures portées par le projet de « bouclier social » mis en place au début de la crise sanitaire pour protéger au maximum les Espagnols. Celles-ci s’appuient sur l’accord de coalition gouvernementale entre le Parti socialiste (PSOE) et Unidas Podemos qui avait été conclu avant la crise, les forces de gauche souhaitant des engagements forts sur un certain nombre de mesures comme le maintien des services publics, la remise en cause de la réforme du marché du travail adoptée par le Parti populaire (droite conservatrice)… Il s’agit de remettre les personnes au cœur du projet et non plus les profits économiques.

La pandémie nous a poussés à adopter en priorité des mesures pour garantir la protection de l’emploi et des travailleurs avec le chômage partiel, le contrôle des prix, notamment sanitaires, la lutte contre la spéculation, l’interdiction des licenciements et des expulsions…

L’exécutif semble déterminé à appliquer d’autres mesures comme la taxe sur le patrimoine. Peut-il y parvenir ?

L’ensemble de ces mesures n’a pas été facile à obtenir, y compris au sein du gouvernement. Mais cette crise a révélé beaucoup d’incohérences : la casse des services publics et les inégalités fiscales. En tant que membre de la coalition, Unidas Podemos a avancé des propositions sur la fiscalité afin d’assurer une meilleure répartition des richesses. La mesure de taxer davantage le patrimoine des plus riches va dans ce sens. Elle s’inscrit dans un processus de reconstruction du pays.

Nous ne pouvons pas sortir de cette crise avec davantage de privatisations. Au contraire, elle a révélé l’utilité d’un nombre important de métiers essentiels et mal rémunérés : les agents de la propreté, les personnels de santé et de l’éducation, la police. Il faut les renforcer. Pour qu’elle fonctionne correctement, nous devons revenir à une société plus solidaire, qui travaille en commun. Le processus d’individualisation dicté par le simple profit économique a démontré son incapacité à résoudre une telle crise.

La droite et l’extrême droite mènent une bataille médiatique contre vos projets. Cela vous inquiète-t-il ?

L’extrême droite en Espagne assume les mêmes positions qu’en Amérique latine, en remettant en cause la légitimité du gouvernement. Cette stratégie extrêmement dangereuse ne s’accompagne d’aucune proposition politique. Son discours est contradictoire : au début de la crise, elle a reproché au gouvernement de ne pas être assez dur sur les mesures de confinement. Aujourd’hui, elle nous reproche de les maintenir. Le plus grave, c’est que la droite tienne le même discours que l’extrême droite. Le risque est bien réel pour notre système démocratique face à l’exhortation de la haine. Heureusement, la majorité de l’opinion y est opposée. Les hommages qui ont lieu à 20 heures, quotidiennement, pour défendre les services publics sont la meilleure des réponses.

Les choix portés par la coalition espagnole se démarquent des autres gouvernements en Europe. Cela peut-il les amener à sortir de leur logique libérale ?

Nos propositions doivent permettre une autre réflexion. Car nous n’avons pas le choix. C’est une question de vie ou de mort. Il faut que l’Europe soit capable de sauver des vies, d’assurer des acquis sociaux pour que les populations puissent vivre dignement. Le choix de construire une société plus égalitaire est posé à l’ensemble des Européens. Et l’Espagne ne sera pas seule dans cette bataille. Au Portugal, en Italie, les mêmes revendications surgissent. La droite est divisée sur ce modèle néolibéral qui a été renforcé lors de la crise de 2008.

Entretien réalisé par Vadim Kamenka

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