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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 11:33
Le programme des Jours Heureux est à construire - tribune de Fabien Roussel dans Libération, 14 mai 2020

Tribune. «Alors monsieur Roussel, comment on va s’en sortir de tout ça ? C’est encore nous, le petit peuple, qui allons payer la facture ?» Il n’y a pas besoin de sortir beaucoup pour entendre cette phrase, qui résonne parmi toutes les inquiétudes de nos concitoyens. A la crise sanitaire s’ajoute une crise économique lourde de dangers, en particulier pour le monde du travail. Elle appelle chacun à l’humilité. Elle doit nous pousser à avoir la même ambition qu’en mars 44 quand, en pleine guerre, le Conseil national de la Résistance (CNR) se mettait d’accord sur le programme des «Jours heureux». Ils étaient dans la clandestinité et ils n’avaient ni Internet ni les visioconférences comme nous maintenant ! Mais ils l’ont fait, dans le respect de leur diversité.

C’est la même ambition que nous devons avoir pour le peuple de France, pour notre pays. Quoi qu’il en coûte. Dans l’union et dans l’action. Etre dans l’action, c’est mettre en place rapidement un plan massif de soutien à l’hôpital public, pour former, embaucher, ouvrir des lits et des services d’urgence et mieux rémunérer tous les personnels.

Etre dans l’action, c’est affirmer que le chômage n’est pas une fatalité et que les richesses peuvent être mobilisées enfin pour l’emploi et les salaires. Les besoins sont immenses, pour nos services publics, pour l’éducation et la recherche, pour relocaliser nos productions, pour défendre la biodiversité et le climat, en investissant dans les transports collectifs, la rénovation énergétique des bâtiments et des logements. Au lieu de craindre une hausse de la pauvreté, fixons-nous l’objectif de l’éradiquer ! Permettons à chacun de retrouver sa place dans la société par le travail, par une activité, par la formation, avec un revenu garanti, sécurisé. Attaquons-nous à l’évasion fiscale, au monopole des banques et des assurances, à la spéculation boursière. Unissons-nous pour que la BCE prête directement aux Etats, finance nos investissements. Mettons l’argent au service du développement humain, pour produire autrement, pour engager la transition écologique tant attendue.

Etre dans l’union, c’est écouter ceux qui sont en première ligne aujourd’hui, ceux qui souffrent du confinement. Les premiers de cordées, ce sont eux. Quel pied de nez au président des riches et à tous ceux qui expliquent qu’il ne faut pas toucher aux impôts des plus riches, au capital, et qui ne pensent qu’à protéger leur système. Touchez pas au grisbi, disent-ils en chœur ! «Travaillez plus», dit le Medef. «Vos enfants paieront», enchaîne le gouverneur de la Banque de France.

Ce modèle économique, capitaliste, financier, on le connaît trop bien. Nous n’en voulons plus. Le président de la République et d’autres avec lui voudront toujours le défendre, le peindre en vert, le teinter de social, de patriotisme économique. Mais sans rien changer au fond. Alors débattons-en, franchement. Non seulement le peuple ne doit pas payer la crise, mais il doit être rassuré et même mobilisé. Au lieu d’être résignés et d’avoir peur du lendemain, construisons-le ensemble, invitons les Français à participer à ce grand chantier, à bâtir cette France plus juste, plus humaine, plus écologique, plus solidaire.

Etre dans l’union, c’est écouter ceux qui sont en première ligne aujourd’hui, ceux qui souffrent du confinement. Les premiers de cordées, ce sont eux. Quel pied de nez au président des riches et à tous ceux qui expliquent qu’il ne faut pas toucher aux impôts des plus riches, au capital, et qui ne pensent qu’à protéger leur système. Touchez pas au grisbi, disent-ils en chœur ! «Travaillez plus», dit le Medef. «Vos enfants paieront», enchaîne le gouverneur de la Banque de France.

Ce modèle économique, capitaliste, financier, on le connaît trop bien. Nous n’en voulons plus. Le président de la République et d’autres avec lui voudront toujours le défendre, le peindre en vert, le teinter de social, de patriotisme économique. Mais sans rien changer au fond. Alors débattons-en, franchement. Non seulement le peuple ne doit pas payer la crise, mais il doit être rassuré et même mobilisé. Au lieu d’être résignés et d’avoir peur du lendemain, construisons-le ensemble, invitons les Français à participer à ce grand chantier, à bâtir cette France plus juste, plus humaine, plus écologique, plus solidaire.

Ayons la volonté de bâtir un nouveau modèle économique, social et écologique ensemble, associant les Français, les forces politiques et le mouvement social autour d’objectifs précis et concrets. Chacun a écrit sa tribune, formulé ses propositions. Tant mieux. Tout est là. Comme au temps du CNR, mettons en commun nos idées, confrontons-les dans la transparence avec les Français et retrouvons-nous pour écrire le programme des «Jours heureux» de notre temps. Nous sommes prêts à y contribuer pleinement et à prendre toutes nos responsabilités.

Fabien Roussel secrétaire national du PCF et député du Nord

 

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