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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 13:03

LA LETTRE D'INFORMATION DU MRN

Mai 2020

 

Nous préparons la suite

Après une première découverte le 29 février et dans les jours qui suivirent du nouveau site du MRN à Champigny-sur-Marne, dans le bâtiment mis à disposition par le Conseil départemental du Val-de-Marne, les portes ont dû se refermer à cause de l’épidémie de COVID-19. Aujourd’hui, et même s’il est difficile de le faire sans les retours des visiteurs du musée, sans vous, comme l’ensemble des sites culturels, le MRN prépare demain et continue de travailler aux enjeux d’histoire et de transmission qui nous réunissent.
Malgré de fortes contraintes sanitaires, nous finissons d’installer plusieurs aménagements scénographiques ; de restaurer plusieurs des œuvres présentées au public et nous préparons la future programmation culturelle et la rentrée pédagogique.
Notre prochaine newsletter permettra de vous tenir au courant des actions à venir et de la manière dont nous pourrons, en cette période si particulière et dans les mois à venir, continuer d’assurer une transmission juste et émouvante, au plus grand nombre, de l’histoire et de la mémoire de la Résistance.
Prenez soin de vous.

 

Nouveau musée à Champigny-sur-Marne | 29 février 2020 | cérémonie d’ouverture

Le 29 février, après un chantier global qui aura duré plus de trois ans, le MRN à Champigny-sur-Marne aouvert ses portes pour une première découverte de ses nouveaux espaces. Christian Fautré, maire de Champigny-sur-Marne ; Christian Favier, président du Conseil départemental du Val-de-Marne ; Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France ; Georges Duffau-Epstein, président de l’association des amis du Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne et Lucienne Nayet, présidente du réseau Musée de la Résistance nationale ont prononcé chacun une allocution avant de couper le ruban. La cérémonie s’est déroulée devant un public nombreux : anciens résistants et leurs familles, donateurs et bénévoles, adhérents du MRN et des autres associations de mémoire, partenaires ou simples particuliers ont bravé la pluie et le vent pour assister à la cérémonie. Après celle-ci et le lendemain, ce sont plus de 1 500 personnes qui ont découvert la nouvelle exposition permanente du MRN présentée dans l’Espace Aimé Césaire mis à disposition et aménagé grâce au Conseil départemental du Val-de-Marne et grâce à la ville de Champigny-sur-Marne, aux ministères des Armées – et à sa Direction des patrimoines, de la mémoire et des archives –, de la Culture et de l’Éducation nationale, à la Région Île-de-France, aux départements de la Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine, à la ville de Paris, à l’établissement public territorial Paris-Est-Marne et Bois, à la Fondation pour la mémoire de la Shoah, à la SNCF, et à de nombreux autres partenaires, associations, comités d’entreprises et mécènes.
Dès que le musée pourra rouvrir, une visite inaugurale permettra de découvrir l’ensemble des installations muséographiques et de présenter notre programmation culturelle et pédagogique.
Photos : Alain Bouissy

Images du mois | 8 et 9 mai 1945 – célébration populaire aux Champs-Élysées

Le fonds photographique de presse dit du Matin conservé au MRN est riche d’images des cérémonies et de la liesse populaire qui a suivi l’annonce de la défaite de l’Allemagne nazie.
Le 7 mai 1945, à Reims, au quartier général de l'état-major des forces alliées, l'Allemagne signe la reddition sans condition de ses armées. Le 8 mai 1945, un second acte de capitulation allemande est signé à Berlin, entérinant la défaite de l'Allemagne et la fin de la guerre en Europe. La nouvelle de la victoire alliée se répand immédiatement : les cloches du pays sonnent à la volée, l'annonce de la  "capitulation sans conditions" et les portraits des vainqueurs font la une des journaux. Le 8 mai 1945, à 15 heures, la victoire des forces alliées sur l’Allemagne nazie est officiellement annoncée par le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire de la République française (GPRF) dans un discours radiodiffusé, qui est aussi transmis dans les rues de la capitale. Dès le 7 mai 1945, une foule immense avait envahi les rues parisiennes pour fêter la victoire. Des défilés s'improvisent le 8 et le 9, convergeant vers les grands boulevards et l'avenue des Champs-Élysées. Des concerts de chants patriotiques et des bals populaires sont organisés. Le 9 mai, l'aviation de l'armée française défile au-dessus des Champs-Élysées.

 

Réseau MRN | Un appel du Comité parisien de la Libération (CPL) à commémorer différemment le 75e anniversaire de la défaite nazie

La terrible crise sanitaire que traverse le pays ne doit pas occulter la célébration du 75e anniversaire de la capitulation sans condition des armées nazies, le 8 mai prochain, même si le confinement général interdit les manifestations publiques. Dans ce contexte, le Comité parisien de la Libération et de nombreuses associations mémorielles appellent nos concitoyens – tout en respectant les gestes barrières, la distanciation physique et les modalités des déplacements dérogatoires – à aller individuellement déposer le 8 mai 2020 une fleur, un bouquet, un dessin, un poème sur les monuments aux morts, au pied des plaques du souvenir de toutes les victimes du nazisme de votre commune. De 1940 à 1944, dans la France envahie, nos aînés ont bravé l’occupant et ses collaborateurs et chaque 1er mai, 14 juillet et 11 novembre ont su trouver le moyen de fleurir les monuments aux morts de nos communes. 75 ans plus tard nous devons rappeler leur héroïsme et leur victoire, celle de la liberté et de la démocratie sur la barbarie nazie.

 

Publications récentes | Conseils de lecture du MRN

Alors que les librairies vont pouvoir ouvrir de nouveau leurs portes, lisons ! Le MRN rappelle la sortie de trois livres récents des commissaires associés de son exposition permanente qui renouvellent et enrichissent l’histoire de la Résistance.

Elles ont suivi de Gaulle de Sébastien Albertelli, Perrin/ministère des Armées, 544 pages, 25 euros
Cet ouvrage s’intéresse à la première unité militaire féminine dans l’histoire de l’armée française, le Corps féminin, créé à Londres en 1940 et rebaptisé l’année suivante Corps des Volontaires françaises (CVF). Plus de six cents femmes choisirent cette voie entre 1940 et 1944 pour rallier les Forces françaises libres et le général de Gaulle. Sébastien Albertelli fait sortir leurs histoires du cercle familial, s’appuyant sur des trajectoires individuelles, emblématiques et documentées pour retracer une histoire collective et injustement méconnue.

La lutte clandestine en France. Une histoire de la Résistance – 1940-1944 de Sébastien Albertelli, Julien Blanc et Laurent Douzou, éditions du Seuil, 448 pages, 26 €
Composé par trois historiens spécialistes de la Résistance, cet ouvrage de synthèse propose une approche anthropologique de la Résistance. Tout en suivant la trame chronologique de la période, depuis les premières manifestations du refus en 1940 jusqu’aux libérations du territoire à l’été et à l’automne 1944, les auteurs mettent l’accent sur la densité extrême du temps résistant, scrutent ses pratiques et ses sociabilités, interrogent les liens qui se tissent peu à peu avec la société. Leur synthèse cherche à comprendre ce que vivre en Résistance pouvait concrètement signifier.

Les maquisards – Combattre dans la France occupée de Fabrice Grenard, éditions Vendémiaire, 616 pages, 26 €
Cet ouvrage signé Fabrice Grenard, directeur historique de la Fondation de la Résistance, est la première grande synthèse sur l’histoire des maquisards à l’échelle de toute la France, réalisée à partir de recherches menées pendant plus de dix années dans de nombreux fonds d’archives, nationaux ou départementaux et des témoignages des derniers survivants.

 

Nos peines

Plusieurs amis, administrateurs et chevilles ouvrières du MRN nous ont quittés. Le MRN a adressé ses condoléances à leurs familles les assurant que le combat de leur proche en faveur de la transmission de l’histoire et de la mémoire de la Résistance et de la Déportation serait continué.

• Daniel Davisse
Né en 1938 en Allemagne dans une famille juive, celui qui s’appelait alors Daniel Herz fuit le nazisme avec sa famille pour le Luxembourg puis la France. Déportés à Auschwitz, ses parents n’en reviendront pas. Caché à Marseille, il est finalement adopté par la famille qui l’a protégé durant la guerre. Devenu instituteur au début des années 1960, il exerce à Ivry-sur-Seine puis à Vitry-sur-Seine. Engagé parallèlement au sein du Parti communiste, il en devient une figure nationale. En 1981, il est le chef de cabinet de Charles Fiterman, le ministre des Transports. Daniel Davisse a également été maire de Choisy-le-Roi durant 18 ans et vice-président du Conseil départemental du Val-de-Marne.
Enfant de déportés, Daniel Davisse a toujours eu à cœur de transmettre l’histoire et la mémoire de la Résistance et de la Déportation. Président de l’AFMD-94, il a été un adhérent fidèle du MRN avec son épouse Annick. Tous deux avaient participé le 29 février dernier à la cérémonie d’ouverture du nouveau MRN.

• Bernard Epin
Né en 1936, Bernard Epin est instituteur à partir des années 1950 à Paris puis en Seine-Saint-Denis. Très rapidement, il a des responsabilités au sein du syndicat national des instituteurs. Passionné par la vie culturelle, Bernard Epin entre en 1957 au collectif de rédaction de L’École et la Nation, revue pédagogique mensuelle du PCF traitant des questions relatives à l’enseignement. À son retour du service militaire qu’il effectue en Algérie de 1959 à 1961, il en devient le secrétaire de rédaction, puis le rédacteur en chef en 1968. Il a contribué aussi à d’autres revues comme l’hebdomadaire Révolution, le mensuel Regards ou à L’Humanité. Bernard Epin a publié également une dizaine d’ouvrages devenus des références dans le domaine du livre de jeunesse avec la volonté de contribuer à l’idéal d’émancipation par l’école et à la démocratisation de la lecture.
Installé à Saint-Ouen au début des années 1960, il s’y investit politiquement et devient conseiller municipal à plusieurs reprises, plus particulièrement chargé des actions culturelles.
Il a été secrétaire général de l’association départementale des Amis du Musée de la Résistance nationale en Seine-Saint-Denis et une des chevilles ouvrières de son festival « La Résistance au cinéma ».

• Max Weinstein
Né en 1927, Max Weinstein grandit à Nancy où ses parents, juifs polonais, se sont réfugiés au début des années 1920. En mai 1940, avec sa famille, il rejoint Roanne. Il retrouve son frère Georges à Villeurbanne en septembre 1943. Par son intermédiaire, il entre en résistance au sein de l’Union de la jeunesse juive (UJJ), issue de la MOI (Main-d’œuvre immigrée). Max Weinstein devient agent de liaison et participe à des opérations de lancer de tracts, distribue le journal clandestin Jeune combat, colle des papillons et trace des graffitis sur les murs des lieux publics, participe à des prises de parole en public, etc. Il participe également à des actions directes comme des sabotages. Le 24 août 1944, il participe à l’insurrection de Villeurbanne. Après la Libération, il intègre le 1er régiment du Rhône, constitué de résistants. Il quitte l’armée peu de temps après.
Il fut l’un des premiers adhérents du Musée de la Résistance nationale, membre de son conseil d’administration, membre des Amis parisiens du MRN. Depuis les années 1990, il œuvrait plus particulièrement à faire connaître la Résistance des communistes de la section juive de la MOI en zone Sud, en particulier celle peu connue des jeunes de l’UJJ. Il fut à l’origine de la création de MRJ-MOI (Mémoire des Résistants Juifs de la Main-d’œuvre immigrée), association membre du réseau MRN, dont il était le président d’honneur.

• Paulette Szlifke [épouse Swiczarczyk, changé en Sarcey]
Paulette Szlifke naît en 1924 à Paris dans une famille juive ayant fui la Pologne. Dans sa jeunesse, elle participe aux activités des patronages juifs progressistes et des Pionniers dans le quartier de Belleville.
Elle entre en résistance avec un groupe de jeunes militants communistes de la section juive de la MOI dont fait partie Henri Krasucki. Elle participe alors à des actions clandestines très diverses : distribution de tracts, manifestations, aide à la réalisation d’actions armées, sabotages notamment dans l’usine de fourrures où elle s’est fait embaucher et qui fabrique des canadiennes pour l’armée allemande.
Après une traque minutieuse des policiers français des Brigades spéciales, elle est arrêtée le 23 mars 1943 avec la quasi-totalité de son groupe. Torturée, elle est emmenée à l’Hôtel-Dieu. Grâce à un médecin, elle réussit à correspondre avec son responsable Adam Rayski à qui elle communique un rapport sur les circonstances de leur chute.
Elle est transférée à Drancy et déportée le 23 juin 1943, à Auschwitz par le convoi n° 55. Elle a 19 ans.
La majorité des déportés de son convoi est gazée immédiatement. Paulette est affectée à divers kommandos de travail. Elle aimait rappeler l’action collective et solidaire des déporté-e-s, l’importance de la solidarité, de rester ensemble pour survivre.
En janvier 1945, elle survit à la « marche de la mort » qui l’emmène à Ravensbrück. Elle retrouve Paris et sa famille le 22 mai 1945.
Après-guerre, Paulette Sarcey travaille dans les foyers de l’UJRE et milite pour les droits et la mémoire des victimes de la déportation. Parallèlement, elle s’investit dans de nombreuses organisations dont le Musée de la Résistance nationale. Tout au long de sa vie, elle a inlassablement témoigné, notamment auprès des jeunes. En 2015, elle a publié son témoignage aux éditions Tallandier : Paula, survivre obstinément.

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