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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 06:19
Rétablir l'ISF, nationaliser, relocaliser... Les mesures à prendre de toute urgence pour les députés communistes ! - L'Humanité, Aurélien Soucheyre, jeudi 16 avril
Jeudi, 16 Avril, 2020 - L'Humanité

Rétablir l'ISF, nationaliser, relocaliser... Les mesures à prendre de toute urgence !

Emmanuel Macron dit être « en guerre ». Pourtant, beaucoup de mesures pour combattre l’épidémie de Covid-19 n’ont pas été prises. Sur la plan économique, fortunés et patronat semblent décidés à ne rien lâcher. Écologistes, insoumis et socialistes avancent des propositions et les députés PCF ont présenté 75 mesures d’urgence. En voici sept incontournables.

 

1. Sauver l’hôpital public

Où se situe la première ligne dans le pays ? Dans les hôpitaux publics. Si le confinement a été décrété afin de limiter le nombre de victimes et de ne pas submerger les hôpitaux, le soutien financier massif n’est toujours pas au rendez-vous. Des milliards ont été débloqués pour les entreprises, mais rien du côté de la Sécurité sociale. Malade, affaibli par des décennies de coupes drastiques, l’hôpital public fait pourtant face, grâce au dévouement des soignants. « Il faut de toute urgence abandonner les plans de restructuration en cours qui prévoient toujours plus de suppressions de lits et de postes, et sauver l’hôpital public », affirme l’élu PCF Pierre Dharréville. Un projet de loi, rédigé par les députés communistes après leur tour de France des hôpitaux, est déjà sur la table. « Nous pouvons débloquer 10 milliards d’euros pour les hôpitaux, afin de les redévelopper selon les besoins réels des citoyens. La santé n’est pas une marchandise, mais un droit sacré », précisent-ils, tout en appelant à supprimer la dette des hôpitaux et à augmenter les salaires des soignants. Des propositions partagées par la France insoumise, mais pas par le gouvernement, qui pourrait se servir de l’épidémie pour défendre le développement de partenariats public/privé toujours plus poussés.

2. Nationaliser, réquisitionner et relocaliser

L’Europe ne compte plus aucune fabrique de bouteilles d’oxygène, précieuses pour sauver des vies. La dernière usine Luxfer de France a cessé son activité en 2019. « Elle peut produire 200 000 bouteilles par an. Les plus légères au monde. Les salariés sont prêts à relancer l’activité en neuf semaines. Le pays doit pouvoir fabriquer des bouteilles sur son sol sans être dépendant de la production à l’étranger », insiste le député PCF André Chassaigne. Il demande en conséquence la nationalisation du site, tout comme celui de Famar, qui produit 12 médicaments d’intérêt majeur. « Les Français n’ont jamais validé la délocalisation des médicaments et la fin de leur souveraineté sanitaire », ajoute la députée FI Mathilde Panot, qui soutient les nationalisations. « Nous devons aussi créer un pôle public du médicament. Il s’agit de biens qui ne peuvent être laissés à la loi du marché », pointe Pierre Dharréville. Le député réclame des réquisitions massives afin d’équiper en masques et protections chaque salarié contraint de sortir de chez lui. Et de développer au plus vite un dépistage massif de la population.

3. Rétablir l’ISF et réaliser une révolution fiscale

L’économie est gravement fragilisée. Le gouvernement a annoncé que les Français allaient « devoir faire des efforts ». Mais lesquels ? Ceux qui en font déjà depuis des lustres ? Ou ceux qui reçoivent sans cesse des cadeaux ? La dette du pays pourrait augmenter demain de 150 milliards d’euros. Faudra-t-il sacrifier toujours plus les services publics, pourtant si utiles, pour rembourser un jour ? Face à cette situation, les parlementaires les plus à gauche de l’Hémicycle appellent à rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) au plus vite, voire à l’augmenter, et à supprimer la flat tax. De quoi rapporter plus de 5 milliards d’euros par an. Et des dizaines de milliards supplémentaires en créant de nouvelles tranches d’impôt, afin de le rendre toujours plus progressif, en faisant participer chacun selon ses moyens au redressement du pays, sans hausse pour la majorité des Français. Des plans de renégociation de la dette, qui a bondi en 2008 au moment de sauver les banques, peuvent également être échafaudés, et la part illégitime supprimée. Depuis que les Français restent chez eux, on le voit, la création de richesse s’effondre. Les petites mains sont celles qui font tourner le monde, et il apparaît plus que jamais logique de partager les fruits récoltés.

4. Obliger les banques et les assureurs à participer

L’État s’est porté garant pour 300 milliards d’euros de prêts bancaires afin de sauver le tissu économique. Mais la décision de prêter ou non revient ensuite aux banques. Les députés PCF veulent obliger les banques à prêter. Ils revendiquent de bloquer les versements de dividendes aux actionnaires, alors que les députés PS proposent une loi visant à interdire toute aide aux entreprises qui continuent d’en verser. Le gouvernement souhaite aussi mettre les assureurs au pot, pour une somme entre 200 et 400 millions d’euros. Une broutille, alors même que les assureurs ont préparé des contrats qui excluent le risque épidémique. Les parlementaires PS appellent déjà à les faire contribuer à hauteur de 500 millions d’euros. « Il faut aussi modifier les statuts de la Banque publique d’investissement afin qu’elle prenne une part importante à la sauvegarde des entreprises, et mettre en place un audit pour nationaliser les structures stratégiques », mesure l’élu PCF Sébastien Jumel.

5. Déployer un bouclier social

L’urgence, pour le gouvernement, était de déroger au droit du travail pour aller au-delà de sa durée légale, jusqu’à 60 heures par semaine pour les salariés en première ligne. Les députés PCF, en ces temps exceptionnels, exigent de ne pas aller au-delà des 48 heures légales prévues par les normes européennes. Ils demandent aussi le rétablissement des CHSCT en entreprise, l’indemnisation du chômage partiel à 100 % du salaire net au lieu de 84 %, et aussi l’interdiction « de toutes les ruptures de contrat de travail à l’initiative de l’employeur fondées sur un motif lié à la crise sanitaire ». Les insoumis veulent parallèlement « bloquer, au niveau du 1er mars, les prix à la consommation », encadrer les loyers et instaurer la gratuité pour tous « des quantités nécessaires au bien-être pour l’électricité, l’eau et le gaz ». Ils défendent aussi la « prise en charge totale par l’État des frais d’obsèques des personnes décédées du fait du virus ». Tous s’entendent pour maintenir les droits des chômeurs et des intermittents du spectacle.

6. Développer la solidarité internationale

La crise étant mondiale, les députés PCF plaident pour le développement d’une couverture de santé internationale et universelle avec l’ONU et l’OMS, l’augmentation de l’aide au développement, l’annulation de la dette des pays les plus fragiles, en plus d’un cessez-le-feu mondial et de la levée des embargos économiques. Soit l’inverse d’une compétition exacerbée pour obtenir des masques.

7. Instaurer un gouvernement d’unité nationale

Toutes ces propositions auraient pu être étudiées dans le cadre d’un « comité d’urgence nationale » proposé par les communistes et associant l’ensemble des forces politiques. L’exécutif n’en a pas voulu. EELV lui a néanmoins tendu une nouvelle perche en proposant une « grande conférence de sortie de crise » pour apporter des réponses « à la hauteur des accords de Matignon de 1936 et du Front populaire, du Conseil national de la Résistance de 1945 ou encore des accords de Grenelle de 1968 », selon son secrétaire national, Julien Bayou. Un exercice démocratique contraire, jusqu’à présent, à la pratique du pouvoir par le président Emmanuel Macron.

Aurélien Soucheyre
Rétablir l'ISF, nationaliser, relocaliser... Les mesures à prendre de toute urgence pour les députés communistes ! - L'Humanité, Aurélien Soucheyre, jeudi 16 avril

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