Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 07:13
Le préfet Didier Lallement, récidiviste de l'indécence (L'Humanité, 3 et 6 avril 2020)
Vendredi, 3 Avril, 2020

Après l'insulte aux morts, aux malades et aux soignants, la démission du préfet Lallement est une évidence

Le préfet de police Didier Lallement a établi le vendredi 3 avril « une corrélation » entre les malades en réanimation et ceux qui n’ont pas respecté le confinement. Un raccourci provocateur et indigne qui a suscité une levée de boucliers chez les soignants et bien au-delà. D'autant que l'homme, nommé il y a un an à Paris après avoir géré de manière très répressive le mouvement des Gilets jaunes à Bordeaux, n'en est pas à ses premiers propos scandaleux...

 

Ce n’est pas son premier fait d’armes mais celui-ci a provoqué un véritable tollé. Ce vendredi 3 avril, lors d’une interview sur BFMTV, le préfet de police de Paris Didier Lallement a déclaré : « Ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ceux qui sont en réanimation, désormais aujourd’hui, ce sont ceux qui au début du confinement ne l’ont pas respecté. C’est très simple. Il y a une corrélation très simple. »

Dans la foulée, responsables politiques mais aussi soignants n’ont pas manqué de réagir. « Je n’ai pas de mot, c’est proprement scandaleux. Insulter, traiter ceux qui sont en danger de mort de délinquants, c’est un véritable scandale. Il faudra dire à M. Le préfet qu’il y a des soignants en réanimation. Après de tels propos, il ne peut que démissionner », a notamment réagi le Pr Frédéric Adnet du Samu de Seine-Saint-Denis. « C’est inadmissible de dire des choses pareilles ne reposant sur aucun élément scientifique ou épidémiologique et stigmatisant pour des gens qui souffrent et sont victimes d’une maladie grave », ajoute Jean-Daniel Lelièvre, épidémiologiste à l’Institut Mondor de recherche biomédicale.

Après la répression du mouvement social...

Déjà remontée contre la répression du mouvement social exercée par le préfet Lallement, la gauche est aussi montée au créneau. « Pour lui, ceux qui sont malades ou qui sont morts l’ont bien cherché ! Écœurant. L’état d’urgence sanitaire ne doit pas avoir ce visage insultant. Les gens doivent être respectés ! », a lancé Jean-Luc Mélenchon tandis qu’une autre insoumise, Clémentine Autain, estimait qu’il « a bien cherché l’exigence de sa démission ». Même tonalité du côté des communistes : « Quelle honte ! Quel mépris pour toutes celles et ceux qui risquent leur vie au travail et attrapent le Covid19 ! Il était déjà responsable de la gestion désastreuse des manifs à Paris. Il fait encore une fois preuve d’inhumanité. Il doit démissionner ! », a tancé Fabien Roussel le secrétaire national du PCF. « Son rôle n’est pas d’attribuer des bons points. Ces propos sont absolument scandaleux, il y a aujourd’hui un policier qui est mort en Seine-et-Marne du coronavirus. C’est à ceux qui sont obligés d’aller travailler tous les jours, qui ne peuvent pas se confiner, qu’il faut penser », a abondé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS.

Les propos du préfet ont fait réagir jusque dans les rangs de la majorité. « L’autorité n’est pas la brutalité et le maintien de l’ordre n’est pas le jugement moral de nos concitoyens. En plus de méthodes très contestables et contestées, le préfet Lallement sort régulièrement de son devoir de réserve. Combien de temps encore ? », a notamment tweeté le député LaREM, Aurélien Taché.

Contenir l’incendie

Dans l’après-midi, sur demande du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, la préfecture a tenté de contenir l’incendie par un communiqué : « Didier Lallement regrette les propos qu’il a tenus ce matin lors d’une opération de contrôle des mesures de confinement et tient à les rectifier ». Et de poursuivre : « Son intention n’était pas d’établir un lien direct entre le non-respect des consignes sanitaires et la présence de malades en réanimation ». À écouter et réécouter son intervention, c’est pourtant bien ce qu’on entend.

« Ce propos du préfet de police est inexact. Ce qui est vrai, c’est que le bon respect du confinement est un enjeu sanitaire majeur », temporise l’entourage de Castaner. Ça ne suffira sans doute pas à convaincre…

Lundi, 6 Avril, 2020

Apostrophe. Didier Lallement, récidiviste de l’indécence

 

Combien de fois faudra-t-il qu’il récidive pour qu’on le démissionne ? Pour vanter le renforcement du maintien de l’ordre dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, le préfet de police Didier Lallement a osé affirmer, le 3 avril sur BFM, que « ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, ceux qu’on trouve dans les réanimations, ce sont ceux qui au début du confinement ne l’ont pas respecté. Il y a une corrélation très simple ». Il signe là une double abjection. En suggérant que les malades méritent leur sort, d’une part. En oubliant, de l’autre, les milliers de Français exposés au quotidien car ils n’ont pas loisir de rester confinés : personnel hospitalier, livreurs, ouvriers, employés de grande surface… et même ses propres forces de police. Au-delà de la bêtise de cette sortie, qui témoigne de sa volonté forcenée de surveiller et punir les désobéissants, fût-ce par le biais d’un virus mortel, le préfet de Paris sort encore une fois de son devoir de réserve. En novembre 2019, il assénait à une gilet jaune : « Nous ne sommes pas dans le même camp. » La question demeure : qui, aujourd’hui, peut encore être dans le camp de Didier Lallement ?  Cyprien Caddeo

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011