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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 16:04
Disparition de Georges Cukierman : « Un combattant inlassable de la passation de mémoire » (Fabien Roussel - PCF)

COMMUNIQUE DE PRESSE

Disparition de Georges Cukierman : « Un combattant inlassable de la passation de mémoire » (Fabien Roussel - PCF)

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris la disparition de Georges Cukierman à l’âge de 94 ans.
Avec Raymonde-Rebecca son épouse, Georges fut un combattant inlassable de la passation de mémoire, celle de la Résistance dont il fut membre très jeune jusqu’à la Libération, celle aussi de la Déportation, au travers de son engagement dans le Comité pour la Mémoire des enfants déportés parce que nés Juifs (CMEDJ).
Ils consacrèrent ensemble beaucoup de leur temps en direction des jeunes scolaires, en particulier dans les établissements du Val-de-Marne, pour témoigner et préserver la mémoire des 11600 enfants livrés par Pétain aux bourreaux nazis pour être exterminés.
Georges était un militant communiste depuis son plus jeune âge, puisqu’il rejoint la Jeunesse communiste clandestine dès le 1er mai 1942 et participa avec celle-ci à la Résistance jusqu’à la Libération.
Aux côtés de Jacques Duclos à Montreuil ou de Fernande Valignat à la fédération de Seine Nord-est, son engagement fut de tous les instants pour contribuer au rayonnement de son parti et de ses idées. Georges fut également de très longues années, en particulier aux côtés de Francis Wurtz, un collaborateur vigilant et exigeant de la Politique Extérieure du PCF.

Georges, c’était aussi un camarade soucieux de favoriser l’engagement des Jeunes Communistes, avec lesquels il ne manquait jamais d’échanger dans les couloirs de Colonel Fabien ou dans les allées de la Fête de l’Humanité, qu’il prenait tant de plaisir à sillonner toujours en quête de dialogues fraternels et de confrontations d’idées.
Je tiens à assurer Raymonde-Rebecca, son épouse, ses enfants et petits-enfants, Cécile Cukierman, porte-parole du parti communiste français, de la profonde sympathie de tous les adhérents du parti communiste français et de leur fidélité aux engagements profondément humanistes de Georges.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Paris, le 18 avril 2020.

Georges Cukierman (photo L'Humanité, 18 avril 2020)

Georges Cukierman (photo L'Humanité, 18 avril 2020)

Samedi, 18 Avril, 2020 - L'Humanité

Georges Cukierman nous a quittés

Georges Cukierman, résistant communiste, est mort vendredi soir à Fontenay sous bois à l’âge de 94 ans. L'hommage de José Fort.

 

Résistant de la première heure, militant communiste jusqu’à ses derniers moments, proche collaborateur de Jacques Duclos notamment à Montreuil (93) et de Fernande Valignat à la direction de la fédération communiste de Seine-Nord-Est, Georges Cukierman a consacré la fin de sa vie en collaborant à la section de politique extérieure du PCF et à la mémoire des enfants juifs déportés. « Jojo » n’était pas du genre facile. Il ne fallait pas tomber sur ses colères souvent volontairement exagérées comme des incitations à la confrontation des idées se terminant toujours par un signe d’amitié et de complicité. Cet homme était un personnage rempli de générosité, de fidélité à ses engagements avec toujours la malice au rendez-vous. Avec Georges Cukierman, c’est un chapitre de la militance communiste qui disparaît. Juif défenseur de la laïcité, internationaliste et acteur du mouvement pour la paix, mobilisé face au martyr imposé au peuple palestinien par les gouvernements d’ultra-droite israéliens, Juif rappelant dans les écoles de sa ville la tragédie de la Shoah. Georges était aussi un passeur de mémoire. C’est à Fontenay-sous-Bois (94) qu’il était, avec sa femme Raymonde-Rebecca, ancienne adjointe au maire de cette ville, à l’initiative d’une journée d'initiatives sur le thème «Mémoire et laïcité » à la mémoire des enfants juifs déportés qui a connu un franc succès dans les écoles et les quartiers.  Jojo aimait la Corse. On l’y retrouvait chaque été avec sa femme, sa famille et ses amis le temps d’un repas, d’un moment d’échange. Il va nous manquer.

Georges Cukierman, président d'honneur du CMEJD, le comité pour la mémoire des enfants déportés parce que nés Juifs, réalisé par Elaine Kibaro en 2017.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF,  a fait part de son émotion, "Georges, écrit-il (communiqué à retrouver en intégralité ci-dessous) c’était aussi un camarade soucieux de favoriser l’engagement des Jeunes Communistes, avec lesquels il ne manquait jamais d’échanger dans les couloirs de Colonel Fabien ou dans les allées de la Fête de l’Humanité, qu’il prenait tant de plaisir à sillonner toujours en quête de dialogues fraternels et de confrontations d’idées. Je tiens à assurer Raymonde-Rebecca, son épouse, ses enfants et petits-enfants, Cécile Cukierman, porte-parole du parti communiste français, de la profonde sympathie de tous les adhérents du parti communiste français et de leur fidélité aux engagements profondément humanistes de Georges". 

Lire aussi:

L’ancien résistant et militant communiste Georges Cukierman est mort

La mort du résistant Georges Cukierman, grand-père de la sénatrice de la Loire Cécile Cukierman

-
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Il était une des figures incontournables de la mémoire de la résistance : Georges Cukierman s'est éteint à l'âge de 94 ans. Sa petite-fille et porte-parole du parti Communiste, Cécile Cukierman lui rend hommage.

Il était une mémoire de la résistance et du Parti Communiste : Georges Cukierman c'est donc éteint à l'âge de 94 ans. Un nom porté haut aujourd’hui sur la scène politique par sa petite-fille qui aura repris le flambeau des convictions familiales. C'est d’ailleurs Cécile Cukierman, aujourd’hui sénatrice de la Loire et porte-parole nationale du Parti Communiste qui lui rend un hommage appuyé sur Facebook : "Tous ceux qui t'ont croisé gardent cette bonhomie mais aussi je n'en doute pas certains coups de gueule, mais surtout une exigence militante qui ne supportait ni la médiocrité, ni l'hypocrisie. Papi, tu es parti, sans faire de bruits, après une vie bien remplie". Fabien Roussel, le premier secrétaire du PCF a lui aussi réagi en rendant hommage à "un combattant inlassable de la passation de mémoire". Georges Cukierman était membre fondateur et président du « Comité pour  la Mémoire des Enfants Déportés parce que nés Juifs », créé en 2001 par  son épouse Raymonde-Rebecca. Depuis la fin des années 1970, ils avaient  multiplié les rencontres avec des jeunes scolaires

Fontenay, hier. Raymonde-Rebecca et Georges Cukierman dans leur appartement où ils ont emménagé en 1976.  (LP/Laure Parny.)

Fontenay, hier. Raymonde-Rebecca et Georges Cukierman dans leur appartement où ils ont emménagé en 1976. (LP/Laure Parny.)

Article Le Parisien -

http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/nous-avons-parle-resistance-et-deportation-a-13-000-eleves-23-03-2016-5651663.php?fbclid=IwAR3E6gD7jS5mIjtwAA-apvot33YVbAuWGIegNkUfSEwZkeQ6lYJrHyI8UkM

« Nous avons parlé Résistance et déportation à 13 000 élèves »

Raymonde-Rebecca et Georges Cukierman, honorés par la Ville ce soir

Elle ne peut évoquer le prénom de ses camarades juifs déportés le jour de la rafle du Vél d'Hiv sans revoir leurs visages le jour du départ vers les camps de la mort. Lui doit retenir ses larmes quand il évoque les riches échanges avec tous les écoliers du Val-de-Marne sur son rôle pendant la Résistance. C'est un couple extraordinaire qui se verra décerner ce soir la médaille de la ville de Fontenay pour avoir créé et animé le Comité pour la mémoire des enfants déportés parce que nés Juifs (CMEDJ). A 88 et 89 ans, Raymonde-Rebecca et Georges Cukierman ont mené une vie au service du souvenir.

Comment avez-vous vécu de 1939 à 1945 ?
RAYMONDE- REBECCA CUKIERMAN. J'ai quitté Paris seulement en 39, puis je suis revenue et j'y suis restée. Ma mère est morte pendant la guerre, mon père a été interné sur dénonciation, mes frères et soeurs étaient résistants. J'ai caché du monde chez moi. J'ai porté l'étoile jaune. J'ai surtout vu partir mes camarades d'école, le jour de la rafle du Vél d'Hiv, sans réaliser qu'ils ne reviendraient pas.
GEORGES. Dès 39, mon père nous a conduits dans la Creuse pour nous mettre à l'abri. Protégé par un proviseur de lycée, je l'ai suivi dans le Lot, où j'ai rejoint la Jeunesse communiste clandestine et combattu dès le 1er mai 1942. Je n'avais que 18 ans à la Libération.

Vous créez le premier comité pour la mémoire des enfants déportés...
R-R. C'était en 1976, on venait juste d'arriver à Fontenay. Avec mes camarades d'école de Paris, nous avons voulu rendre hommage à nos copains. L'action a pris de l'ampleur. Avec l'aide financière des maires, nous avons pu installer des plaques sur toutes les écoles parisiennes avec le nom de ceux qui avaient été raflés , organiser des rencontres sur ce thème.
G. Raymonde a été la première présidente du premier comité en mémoire des enfants. Elle est aussi officier des Palmes académiques. Ça ne se dit pas, mais c'est une grande dame !

Votre vie était pourtant déjà bien remplie...
G. Ça, c'est sûr (rires). Nous avions deux enfants chacun d'un premier mariage puis deux ensemble. Raymonde dirigeait un hôtel à Paris, j'étais ingénieur en construction de bâtiment. J'ai toujours été militant communiste, j'ai été le secrétaire de Joliot Curie à Antony (Hauts-de-Seine), j'ai travaillé avec Jacques Duclos à Montreuil et j'ai aidé Louis Bayeurte à devenir maire de Fontenay... Raymonde a même été conseillère municipale pendant dix-huit ans.

Pourquoi formez-vous un nouveau comité à Fontenay en 2001 ?
R-R. Celui de Paris tournait sans nous et nous voulions continuer cette action en faveur de la mémoire. Nous avons organisé des moments inoubliables avec tous les élèves de Fontenay réunis au stade pour un hommage, un concours de sculptures à la mémoire des enfants...

Vous êtes intervenus dans les collèges et lycées de 1977 à 2015...
G. Nous avons été à la rencontre, ensemble, de plus de 13 000 élèves de tout le Val-de-Marne ! Raymonde leur parlait des enfants déportés, moi de la Résistance et des raisons qui nous ont conduits à cette guerre. La fin de 39-45 ne signifie pas la fin du racisme. Nous avons fait tout ça pour ne pas oublier, mais aussi pour ne pas que ça recommence.

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