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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 10:32
A propos du plan de déconfinement du gouvernement annoncé par Edouard Philippe - les principales mesures et l'explication du vote des députés communistes par Fabien Roussel

Covid-19 – Note d'actualité – Olivier Dartigolles, PCF – 29 avril 2020


Plan de déconfinement : les principales annonces d'Édouard Philippe sur l'après 11 mai

1. Sur la stratégie de déconfinement.

A deux semaines de la fin du confinement décidé mi-mars,
Edouard Philippe a présenté la stratégie de l'exécutif. Il a d’abord exprimé une inquiétude sur les
risques d’une seconde vague qui imposerait un reconfinement : « si les indicateurs ne sont pas au
rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai ». Après le 11 mai, les déplacements à plus de 100
kilomètres du domicile devront faire l’objet d’une attestation.

Le Premier ministre propose une stratégie « masques pour tous », sans rassurer sur les moyens d’atteindre les objectifs fixés. Le port du masque sera obligatoire dans les transports publics. Sur les tests, le Premier ministre fixe un objectif de 700 000 tests virologiques par semaine pour les personnes symptomatiques. Ils seront pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie.

L’exécutif fait le choix d’un déconfinement à l’échelle départementale. Les départements seront classés en vert ou rouge, chaque soir à partir du 7 mai. Les maires et les préfets pourront adapter le plan de déconfinement aux réalités du terrain. Quand une personne sera testée positive, « tous ceux, symptomatiques ou non » qui auront « eu un contact rapproché avec elle » seront recherchées. Le Premier ministre propose des brigades sanitaires pour identifier et contacter les cas-contacts. Ces derniers seront alors « invités » à s'isoler, « compte tenu des incertitudes sur la durée d'incubation ».

2. Sur les écoles, collèges et lycées.

Une réouverture « très progressive » des maternelles et primaires à partir du 11 mai, partout sur le territoire, sur la base du volontariat. Pas plus de 15 élèves par classe, application des gestes barrières, distribution de gel hydroalcoolique. Les enseignants recevront des masques qu'ils devront porter quand ils ne pourront pas respecter les règles de distanciation. Pas de masques pour les élèves de maternelle et de primaire, pour qui le masque n'est pas recommandé compte tenu des risques de mauvais usage. Ouverture des collèges « à
compter du 18 mai » dans les départements moins touchés. Seules les classes de 6e et de 5e seront
concernées dans un premier temps, et cela ne s’appliquera qu’aux départements où la circulation
du virus est très faible. Le chef du gouvernement s'engage à ce que des masques soient fournis aux
collégiens qui peuvent en porter et qui n'auraient pas réussi à s'en procurer. Les lycées resteront
fermés jusqu'au mois de juin au moins.

3. Sur déplacements inter-régionaux et inter-départementaux.

Ils seront réduits « aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux, pour des raisons évidentes de limitation de la circulation du virus ». Les personnes âgées sont invitées à limiter leurs contacts et sorties après le 11 mai.


4. Sur les rassemblements, les cinémas et autres activités.

Les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront limités à 10 personnes. Pas déconfinement immédiat des cinémas, grands musées et salles de concerts, contrairement aux médiathèques, bibliothèques et petits musées qui vont rouvrir au public. Les plages restent inaccessibles au moins jusqu’au 1er juin comme les parcs et jardins dans les départements classés en rouge ainsi que les salles des fêtes et les salles polyvalentes. Fin de la saison 2019-2020 des sports professionnels, notamment de football. Les grandes manifestations sportives, culturelles, notamment les festivals, les grands
salons professionnels, tous les événements qui regroupent plus de 5 000 participants ne pourront
se tenir avant le mois de septembre.

5. Sur le traçage numérique.

Alors qu'il devait être voté aujourd'hui, en même temps que le plan de déconfinement, le projet StopCovid fera finalement l'objet d'un débat distinct. Pour le Premier ministre, cette application doit permettre « aux personnes qui ont croisé une personne testée positive d'intégrer un parcours sanitaire », tout en reconnaissant un débat sur la question des libertés publiques.

6. Sur la reprise du travail.

Demande aux entreprises de maintenir le télétravail. Pour les personnes qui ne pourront pas télétravailler, « la pratique des horaires décalés dans l'entreprise doit être encouragée ». Les mesures de chômage partiel sont maintenues jusqu'au 1er juin pour « l’adapter progressivement, afin d'accompagner la reprise d'activité si l'épidémie est maîtrisée », tout en assurant vouloir « protéger les personnes vulnérables et les secteurs professionnels qui demeureraient fermés ».

7. Sur les commerces.

Ils rouvriront le 11 mai, sauf les cafés et les restaurants (décision fin mai pour une réouverture le 2 juin). Le nombre de personnes présentes en même temps dans le magasin, devra être limité, et les flux « organisés ».

8. Sur les transports publics.

Le Premier ministre a indiqué que la capacité des transports publics allait être drastiquement réduite pendant au moins les trois semaines suivant la fin du confinement le 11 mai, afin de respecter la distanciation sociale. « Il faudra (...) condamner un siège sur deux, favoriser, par des marquages au sol, la bonne répartition sur les quais, se préparer à limiter les flux en cas d'affluence ».


9. Sur les marchés alimentaires.

Ils pourront rouvrir après le 11 mai s'ils sont en mesure de faire respecter les distances de sécurité entre les consommateurs

A propos du plan de déconfinement du gouvernement annoncé par Edouard Philippe - les principales mesures et l'explication du vote des députés communistes par Fabien Roussel

Le Député du Nord et secrétaire national du PCF est intervenu à l’Assemblée Nationale sur le plan de déconfinement. Extrait :

« Nous avons le sentiment que cette reprise est précipitée et qu’elle est plus soumise à des injonctions économiques, aux besoin de la machine économique plutôt qu’une réponse pour nos enfants, pour la continuité pédagogique, plutôt que de créer les conditions de la sécurité pour tous. »

En voir plus 

Zoom sur… l’explication de vote de Fabien Roussel

Nous ne voterons pas votre plan car il laisse trop de places aux approximations et face à un tel virus,
c’est dangereux.

De plus, il renvoie aux élus locaux, aux associations, aux chefs d’entreprise, aux enseignants, aux organisateurs des transports et même à des brigades locales, le soin d’organiser le déconfinement, la campagne de test et d’isolement. Alors qu’une deuxième vague menace.

Vous n’annoncez aucun moyens humains et financiers supplémentaires pour mettre en place cette stratégie, pour l’Éducation nationale, pour le dépistage, pour rendre gratuit un minimum de masques pour chaque citoyen. Pire, vous renvoyez même aux Français le soin de les faire eux-mêmes.
Il y aura le masque LVMH Haute couture que portera Bernard Arnault et celui confectionné avec beaucoup d’amour et quelques bouts de tissus.

Et à la fin, vous annoncez même que la réussite de cette stratégie repose sur le civisme des Français !!

Mais les français font preuve de beaucoup de civisme et de responsabilité. Mais où est le rôle et la responsabilité de l’Etat dans votre plan ?

Comme beaucoup ici, nous regrettons la précipitation, le manque de moyens qui vous conduisent à proposer un plan imparfait, incomplet, qui sème toujours le doute.

Nous ne partageons pas votre manière de vous décharger sur les maires, sur les entreprises pour mettre en place ce plan. Vous « invitez », « incitez », « encouragez » alors qu’il faut « édicter » des règles, « organiser », « contrôler ». Comme vous, nous avons le souci d’écouter les élus locaux, les partenaires sociaux. Sont- ils rassurés ce soir ? Non.
La progressivité du déconfinement dans le temps, dans le pays, tout cela nous le partageons mais cela ne s’improvise pas. Vous avez dû tenir compte de la colère des gens, de leurs craintes sur l’école et nous nous félicitons que les lycées ne rouvrent pas tout de suite. Mais nous ne partageons pas votre choix d’ouvrir les écoles le 11 mai comme vous le proposez, sur la base du volontariat et sans moyens supplémentaires. Ceux qui sont au chômage partiel avec un salaire partiel n’auront pas le choix, ni ceux qui perdent leur emploi et qui sont prêts à tout pour le retrouver.

Et celles et ceux qui ne veulent pas mettre leurs enfants à l’école : pourront-ils les garder chez eux, sans risquer une sanction ou un licenciement ?

Nous vous demandons de mettre en place toutes les conditions de sécurité sanitaire avec les moyens
humains en face, avant de décider d’une date d’ouverture des écoles, dans toute la France et pour tout le monde.

La République doit garantir les mêmes droits pour tous, dans toutes les campagnes, dans toutes les
villes, ici et en Outre-mer, et pour tous les citoyens. C’est l’égalité de tous, même face à un virus.

Nous demandons un minimum de masques, gratuits et aux normes, pour chaque citoyen-ne.

Nous voulons des prix encadrés. Vous ne pouvez pas continuer à protéger les plus riches et renvoyer les Français, les plus fragiles, les plus démunis, dans les pharmacies pour s’acheter un masque, face à un virus potentiellement mortel.

Nous voulons un pilotage de l’Etat sur toutes ces questions, celle de la production du matériel, celle du pilotage des tests comme pour celle des brigades de dépistages que nous souhaitons également. Mais à la différence de vous, elles ne peuvent pas dépendre du bon vouloir des mairies ou des associations locales.
Sinon, c’est du bricolage.

De même, comment laisser aux entreprises le soin d’organiser le travail, sans donner plus de droits aux salariés, aux syndicats ?

Les conditions de travail, les déplacements, les horaires : tout doit être revu pour faire face aux risques épidémiques.

L’objectif de la reprise du travail aujourd’hui ne doit plus être la rentabilité, mais plutôt de s’adapter aux risques épidémiques et être l’occasion de repenser complètement notre modèle économique.

Tout le monde est prêt à travailler et à trouver des solutions. Tout le monde aspire à ce que les enfants retrouvent le chemin de l’école au plus vite.

Mais pas à n’importe quel prix, pas pour faire comme avant.

Nous voulons donner un sens nouveau au travail, à l’effort collectif, à la production de richesses.

Nous voulons que le déconfinement soit synonyme de sécurité, de confiance mais aussi d’espoir.
L’espoir de bâtir un nouveau modèle économique, protégeant l’être humain du virus, préservant nos
ressources naturelles, garantissant notre souveraineté et les valeurs de notre République, si fragilisées au cours de ces dernières années.

C’est dans cet esprit que nous avons formulé des propositions, en tenant compte de la réalité de notre pays, ici comme dans les Outre-mer où les inquiétudes sont encore plus fortes.

Pour toutes ces raisons, les députés communistes et ultramarins du groupe GDR voterons contre ce
plan.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
Paris, le 28 avril 2020

 

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