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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 16:11

 

Pour le retrait, tapez 1. C’est notre revendication, celle du mouvement social, des organisations syndicales mobilisées... Elle demeure d’actualité.

Face à ce rejet massif de son projet, le gouvernement a décidé d’accélérer et de passer en force au Parlement. Le texte contient 29 ordonnances par lesquelles le gouvernement s’arroge le pouvoir législatif. La majorité a fait le dos rond, espérant voir passer l’orage. Elle fait mine de ne pas comprendre ce qui se passe dans le pays (ou ne le voit pas)

PCF - Le retrait ou le référendum

En commission spéciale, nous avons entendu des députés nier que leur projet n’ait pas de soutien populaire, affirmant trouver sur le terrain les marques d’un « soutien discret ». Le pari est de faire rentrer la rivière dans son lit en affichant une détermination sans faille et en enserrant le débat dans une procédure parlementaire au rabais.

Nous connaissons le rapport des forces au sein de l’Assemblée nationale. Pour autant, cela ne rend pas légitime une réforme qui suscite un tel rejet. C’est pourquoi, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine et les députés communistes ont proposé le dépôt d’une motion référendaire pour rendre la parole au peuple sur cette question si cruciale.

Nous ajoutons donc une touche tapez 2 : « Si vous ne retirez pas ce projet, et puisque vous pensez qu’il répond aux aspirations majoritaires, ayez donc le courage de le mettre en débat dans le pays. » Mais le mieux serait de taper 1. Évidemment. Y compris pour Emmanuel Macron, sans doute. Il devrait donc y réfléchir sérieusement et renoncer à taper 3 : Passage en force. Les conséquences pour nos retraites seraient d’une extrême gravité, mais le traumatisme démocratique profond, venant s’ajouter à une crise déjà considérable.

Ce d’autant que le gouvernement, déjà engagé dans une impasse politique est désormais aussi dans une impasse institutionnelle. Le Conseil d’État a rendu un avis cinglant et les débats actuels nourrissent la matière pour le Conseil constitutionnel. L’imprécision, l’impréparation, l’étendue des ordonnances, l’absence de réponses précises, la publicité mensongère contenue dans les principes généraux... Au bout du compte, j’accuse le gouvernement de ne vouloir discuter ni avec les syndicats, ni avec le Parlement. Ni avec les citoyennes et citoyens.

Deux réponses nous sont faites face à cette demande de référendum. D’abord, on nous demande quelle sera la question. Et d’égrainer : voulez-vous un système plus juste, voulez-vous un système plus lisible... Toutes sortes de vertus dont se pare le projet gouvernemental et qui ne seront pas au rendez-vous. La question est simple : Un projet est sur la table, en voulez-vous ? Ensuite, on nous objecte que le sujet est trop complexe pour être soumis à une procédure référendaire. Ainsi, il nécessiterait beaucoup de concertations et de discussions pour en maîtriser tous les tenants et aboutissants. On connaît la qualité du dialogue avec les organisations syndicales... Plus, c’est une manière d’expliquer que les citoyennes et citoyens de notre pays ne seraient pas assez intelligents pour comprendre et se prononcer. Cet argument est irrecevable et scandaleux. Les citoyennes et citoyens de ce pays, le monde du travail et de la création ne demande qu’une seule chose : s’en mêler.

La démocratie ne consiste pas en l’exercice d’une domination, fut-elle temporaire. C’est cette pratique antidémocratique, ajoutée à un projet antisocial, qui provoque une telle réaction populaire. Une pétition vient d’être lancée par l’Humanité pour exiger ce référendum. Elle a déjà été signée par de nombreux acteurs de la vie sociale, politique et culturelle. Cette pétition va contribuer à placer le pouvoir face à ses responsabilités, face à sa pratique, face à sa véritable nature. Elle va manifester ce désir profond de décider ensemble. Notre motion référendaire aura ainsi plus de poids encore, qui pourra elle aussi faire grandir cette exigence dans le débat public. Mesdames et messieurs les députés, si vous ne voulez pas taper 2, il n’y a qu’une seule solution : tapez 1 !

Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône, membre du CEN.

 

 

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