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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 07:23
Assemblée nationale. Incapable de défendre sa réforme, LaREM perd son calme (L'Humanité, Aurélien Soucheyre, 25 février 2020)

Assemblée nationale. Incapable de défendre sa réforme, LaREM perd son calme

Mardi, 25 Février, 2020

Mis face à leurs responsabilités, à la dangerosité de la réforme des retraites et aux mensonges du gouvernement, les députés de la majorité préfèrent multiplier les invectives contre l’opposition, à défaut de répondre sur le fond.

 

Il ne se passe pas un jour, à l’Assemblée, sans que les députés d’opposition ne tendent un miroir à ceux de la majorité. Mais les élus LaREM supportent de moins en moins le reflet qu’ils y découvrent à l’occasion des débats sur la réforme des retraites. À tel point qu’ils en perdent leur sang-froid. C’est ce qui est arrivé à Julien Borowczyk, très agacé par les démonstrations des élus PCF. D’abord, Pierre Dharréville s’inquiète de la « violence symbolique et réelle qu’il y a à repousser l’âge de départ à la retraite au-delà de l’âge d’espérance de vie en bonne santé ». Ensuite, Stéphane Peu propose de légiférer en conséquence, en intégrant la « notion de décence de l’âge de départ ». Que répond alors l’élu LaREM ? D’abord que « la notion assez subjective d’espérance de vie en bonne santé n’est pas aussi scientifique » que cela à ses yeux. Puis il bifurque brutalement de son argumentaire : « Depuis le début de nos débats, vous faites un mauvais calcul, celui de l’obstruction parlementaire permanente. Nous sommes dimanche, mais je ne suis pas chien, je vais vous offrir une consultation médicale gratuite. Avec votre mauvais calcul, vous nous faites une colique néphrétique démocratique. »

« On m’a dit : “Si tu veux t’expliquer, tu sors !”»

À gauche comme à droite, les députés protestent contre l’attaque. Fabien Roussel s’en émeut, lors d’un rappel au règlement, en accusant le député Mounir Mahjoubi d’avoir lui aussi lancé que les élus PCF sont « sans limite morale », et qu’ « à ce niveau-là cela mérite une intervention médicale ». « Qui a un problème aujourd’hui de débat dans cet hémicycle ? Qui est un ennemi de la démocratie ? Nous avons proposé un référendum sur ce texte de loi, vous n’en avez pas voulu ! » s’indigne le secrétaire national du PCF. Ce n’était cependant pas la première fois que les députés LaREM déportaient le débat sur le terrain de l’injure et de la menace.

En fin de semaine dernière, Emmanuel Macron confirme qu’il abandonne sa promesse de revaloriser les pensions de retraite à 85 % du Smic pour les agriculteurs. Les députés d’opposition s’étouffent. « Les décisions sont renvoyées à une nouvelle mission parlementaire. C’est affligeant ! » dénonce l’élu LR Marc Le Fur. « C’est une immense honte ! On entend le président dire on n’a pas les moyens ! Mais on a trouvé les moyens de rendre 4 milliards d’euros au 1 % de Français les plus riches ! » tonne le socialiste Boris Vallaud. « C’est une trahison sans nom », observe également le communiste Sébastien Jumel, qui parle alors de « foutage de gueule ». « J’assume de dire que, lorsque la majorité ne respecte pas sa parole devant les agriculteurs, cela relève du foutage de gueule. J’assume de dire qu’après avoir en plus bloqué la proposition de loi Chassaigne pour revaloriser les pensions agricoles en 2018, en renvoyant la question à la réforme des retraites alors à venir, oui, cela relève d’autant plus du foutage de gueule », explique l’élu.

Mais sa formule ne passe pas aux yeux de la Macronie, qui ne supporte pas que l’attitude du président soit qualifiée pour ce qu’elle est. Elle soulève par conséquent une bronca immense. Les invectives fusent, sans être inscrites dans les comptes rendus de débat, sans doute à cause du brouhaha. Le silence retombe, et la députée PS Sylvie Tolmont s’indigne. « Il n’est pas admissible de s’entendre dire : “Si tu viens me chercher, tu vas me trouver !” », scande-t-elle. « On m’a dit : “Si tu veux t’expliquer, tu sors !” », prévient Sébastien Jumel, qui dépose un rappel au règlement. « C’est une atteinte personnelle à mon intégrité politique et physique. Je demande que la présidence de l’Assemblée garantisse la liberté d’expression des parlementaires de l’opposition et que les menaces physiques se stoppent », insiste-t-il.

Autant de dérapages affligeants pour la Macronie, qui ne doivent pas masquer le fond du débat et de la démonstration en cours à l’Assemblée : ni le gouvernement, ni la majorité ne parviennent à défendre le projet de réforme et à formuler des garanties sur l’âge de départ à la retraite et le montant des pensions. Ils se noient dans des promesses non tenues et une étude d’impact mensongère. « Vous n’attendez que ça ! » ​​​​​​​crient enfin les députés LaREM quand la gauche s’inquiète d’un recours au 49-3. Ceux qui ont le plus à perdre avec la poursuite du débat se trouvent pourtant du côté de Macron.

Aurélien Soucheyre

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