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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 07:41
Les députés communistes et GDR (Groupe démocrate et républicaine: communistes + alliés des DOM TOM) demandant un référendum sur le projet de réforme des retraites, 17 février 2020

Les députés communistes et GDR (Groupe démocrate et républicaine: communistes + alliés des DOM TOM) demandant un référendum sur le projet de réforme des retraites, 17 février 2020

Assemblée nationale. « On ne saurait voir bafouées autant de règles démocratiques »

Mardi, 18 Février, 2020

Le projet de loi sur les retraites est arrivé hier dans l’Hémicycle. L’opposition de gauche, déterminée, a fustigé le texte et appelé l’ensemble des députés à soutenir le recours au référendum.

 

Sous les roulements de tambour, la marche déterminée de Richard Ferrand a quelque chose de martial. Beaucoup plus que d’habitude, au moment où le président de l’Assemblée nationale entre dans l’Hémicycle. À l’ordre du jour : la réforme des retraites. L’examen du texte le plus dangereux et contesté du quinquennat a démarré hier devant la représentation nationale. D’emblée, juste avant la séance, les députés communistes et membres du groupe GDR ont fait front, épaule contre épaule. Salle des Quatre-Colonnes, ils forment une ligne compacte.

Olivier Véran a osé se réclamer d’Ambroise Croizat

Le premier d’entre eux porte un tee-shirt floqué d’un immense « R ». Le dernier bombe le torse avec la lettre « M ». « Référendum » peut-on lire en passant de l’un à l’autre. « Nous avons pris l’initiative d’une bataille déterminée pour que le peuple soit consulté sur ce projet de loi qui remet en cause fondamentalement notre contrat social », tonne sans micro André Chassaigne. « Nous avons derrière nous le peuple uni dans sa majorité : 67 % des Français veulent un référendum sur la réforme des retraites », poursuit le président de groupe, qui termine ainsi : « Nous lançons un appel à l’ensemble des députés de respecter la volonté du peuple. » Et l’ensemble des élus de scander à l’unisson : « Référendum ! Référendum ! Référendum ! »

La voix du peuple est donc entrée à l’intérieur du Palais-Bourbon. Mais au pupitre, dans l’Hémicycle, c’est un ennemi résolu des conquis sociaux qui prend en premier la parole : Olivier Véran. Le ministre de la Santé a été nommé dimanche soir à ce poste, en remplacement d’Agnès Buzyn. Sûr de lui, il reprend sagement à son compte les mensonges du gouvernement. La « réforme » aurait ainsi trois objectifs : « l’universalité, la solidarité et la responsabilité », lance-t-il. Qu’importe, pour Olivier Véran, qui provoque ensuite la gauche en se réclamant d’Ambroise Croizat. Le ministre du Travail communiste, bâtisseur de la Sécurité sociale qui a généralisé le droit à la retraite, espérait certes créer une « caisse unique ». Mais il voulait par-dessus tout « libérer les travailleurs de l’obsession permanente de la misère », et leur assurer un droit inaliénable à la retraite, en tant que « nouvelle étape de la vie » plutôt que comme « antichambre de la mort ». Tout l’inverse de ce que veut faire Macron. Hué, le ministre de la Santé l’a encore été quand il s’est exclamé en souriant : « C’est beau la démocratie sociale », alors que les syndicats ont été méprisés par le gouvernement.

Mais c’est Laurent Pietraszewski qui a décroché la palme de l’abject en crachant à l’opposition : « Prenons garde que l’obstruction mécanique ne transforme certains députés en robots d’une organisation terroriste d’obstruction. » Le secrétaire d’État chargé des retraites faisait ici référence aux 41 000 amendements déposés en séance. « La lutte sera implacable, et nous ferons tout ce que nous pourrons pour dévoiler toujours plus son contenu et pour bloquer cette loi », qui constitue « un viol du droit des gens », avait peu de temps avant prévenu le député FI Jean-Luc Mélenchon.

« Vous avez le pouvoir et le devoir de mettre fin à ce cauchemar »

L’élu PCF Pierre Dharréville a ensuite défendu une motion de rejet préalable, déployant un réquisitoire implacable contre cette réforme. « Vous avez le pouvoir, et même le devoir, de mettre fin à ce cauchemar, à ce supplice, à cette lourde faute », a-t-il insisté auprès de tous les députés. Marqué par « un sentiment de profanation » devant ce texte, le député a listé l’ensemble des injures qui constituent la démarche de l’exécutif. Celle faite à des « organisations syndicales dessaisies » ; aux parlementaires avec un texte composé de 29 ordonnances ; au Conseil d’État, qui a rendu un avis cinglant devant une étude d’impact « insincère » et « lacunaire » ; mais aussi à tous les Français, dont 67 % souhaitent l’organisation d’un référendum. « On ne saurait voir bafouées autant d’institutions et de règles démocratiques. On ne saurait enfin décider contre le peuple au nom duquel nous sommes rassemblés », argumente Pierre Dharréville, qui estime que « rarement une loi aura autant mérité le rejet ».

La motion a finalement été repoussée. Les communistes devaient ensuite, avec les insoumis et les socialistes, défendre une motion référendaire. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple, ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? » interroge le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, qui voulait inviter les députés à la raison. « Le moment est venu de mettre fin à l’incompréhension et la colère de nos concitoyens. Et de la meilleure façon qui soit en démocratie : en redonnant la parole au peuple. »

Aurélien Soucheyre avec Lola Ruscio
Assemblée nationale, Retraites: On ne saurait voir bafouées autant de règles démocratiques (L'Humanité, 18 février 2020, Lola Ruscio et Aurélien Soucheyre)

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