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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 06:38

 

A la hausse ou à la baisse, on ne cesse de spéculer sur le blé et les autres céréales dans les salles marché. Comme la récolte mondiale de 2019 confirme celles des quatre années précédentes, permettant depuis cinq ans de répondre à la demande solvable, on spécule tantôt à la baisse et tantôt en légère hausse dans les salles de marché. Mais, dans un monde où très peu de pays disposent de stocks de sécurité, une récolte mondiale réduite par des aléas climatiques pourrait vite déboucher sur des pénuries et des émeutes de la faim comme en 2007-2008.

Sommes nous condamnés à dépendre en permanence d’un marché mondialisé et toujours spéculatif quand il s’agit, entre autre chose, de notre pain quotidien ? La question se pose quand on analyse, chiffres à l’appui, le point de presse mensuel de FranceAgriMer concernant les cours du blé du maïs et de l’orge. Ainsi, le blé français serait «compétitif» cet automne sur les marchés internationaux. Néanmoins, rendu au port de Rouen pour l’exportation, son prix était en recul de 21,9% en septembre dernier par rapport à celui de septembre 2018, en dépit d’une meilleure qualité. Si cela peut consoler les producteurs français, les prix des blés russes et ukrainiens exportés depuis les ports de la mer Noire sont en recul de 22,5% sur ceux de 2018, ceux de l’Argentine sont en baisse de 26,1% et ceux qu’exporte l’Australie ont chuté de 27,8%.

L’explication de cette chute des cours en début de campagne est simple. En 2019, on a produit dans le monde 762 millions de tonnes de blé tendre pour une demande solvable estimée à 524 millions de tonnes. Comme le stock de report promet d’être conséquent, on a spéculé à la baisse dans les salles de marchés dès le début de l’été et jusqu’au début du mois de septembre. Surtout que des pays importateurs de gros volumes comme l’Arabie saoudite et l’Algérie ne se sont pas pressés pour faire connaître leurs appels d’offres. Parallèlement, la Russie a fait un peu de rétention, ce qui a contribué à faire remonter les cours de 7% en octobre par rapport à septembre en moyenne concernant les ventes au jour le jour.

 

Moins 11% pour un blé livrable en mars 2020

 

S’agissant du «marché à terme», le producteur français de blé tendre qui s’engage à livrer sa marchandise en mars 2020 se voit proposer un prix de 180,75 € la tonne au moment de la livraison, contre 202 euros l’an dernier à la même époque, pour le même type de contrat. La baisse du prix est de 11% pour un blé de meilleure qualité que celui de l’an dernier. La note de conjoncture de FranceAgriMer nous donne l’explication suivante : « Suite aux bonnes récoltes de blé tendre estimées avant l’été, puis confirmées ensuite chez la plupart des pays producteurs, les prix du blé sur Euronext se sont affichés en nette baisse durant tout l’été. L’inversement de la tendance au cours du mois de septembre s’est poursuivi par une hausse en octobre également, soutenu par une forte demande (notamment de l’Egypte) et les inquiétudes par rapport aux récoltes de l’hémisphère sud». On sait que la production de l’Australie est annoncée en baisse de plus de 20%  du fait de la sécheresse et que celle de l’Argentine baisserait de 5%.

A l’inverse du blé tendre utilisé pour faire du pain et des biscuits, le blé dur que l’on transforme en pâtes alimentaires et en semoule à couscous a vu sa récolte baisser sensiblement en France du fait de la sécheresse. Du coup, son prix est de 250 euros la tonne une hausse sensible par rapport à l’an dernier. Les cours risquent encore de fluctuer du fait de la baisse de volumes disponibles en France mais aussi au Canada. Dans ce pays, la quantité n’est pas à la hauteur des attentes tandis que la qualité médiocre de certains blés durs va les rendre invendables pour la consommation humaine du fait des aléas climatiques de la fin de l’été. 

 

Prix en baisse et coûts de production en hausse pour le maïs

  

S’agissant des céréales fourragères comme le maïs et l’orge, les prix  2019 sont en repli sur ceux de 2018. Le recul de la production porcine en Chine suite aux dégâts causés par la peste porcine africaine a conduit à réduire le cheptel de 40%. Cette baisse du cheptel porcin chinois réduira les débouchés de deux céréales durant encore quelques mois. Pour des livraisons à échéance de janvier 2020, le prix de la tonne de maïs se négociait dernièrement à 165,5  euros  contre 172 euros l’an dernier à pareille époque. Or, du fait de conséquences de la sécheresse, le rendement du mais grain français est en baisse en 2019 par rapport à 2018. Le prix est en baisse alors que les coûts de production sont en hausse. S’agissant de l’orge fourragère, le prix de la tonne rendue au port de Rouen pour l’exportation était de 158 euros la semaine dernière contre 200 euros l’en dernier à la même époque. 

 

La France gagnerait à produire davantage de protéines végétales 

 

On sait que la France exporte bon an mal an 50% du blé tendre qu’elle produit. La moitié de ce blé exporté est acheté par des pays non membres de l’Union européenne. Ces pays font jouer la concurrence sur les prix et privilégient aussi les achats de blés avec un taux de protéines élevé que les blés français ont souvent du ma à atteindre, bien que ce ne soit pas le cas cette année. La France gagnerait donc à cultiver moins de blé. Surtout que sa culture en rotations courtes demande de gros apports d’engrais azotés tout en appauvrissant les sols en matière organique.

 Comme d’autres pays membres de l’Union européenne, la France gagnerait à cultiver davantage de protéines végétales comme le soja, la féverole, le lupin pour le bétail ; le pois chiche, le haricot sec, la lentille pour l’alimentation humaine. Cela suppose aussi une nouvelle orientation des aides européennes en faveur de ces productions. Ce serait enfin la meilleure façon de ne plus contribuer à la déforestation de l’Amazonie en réduisant progressivement les importations de soja qui dépassent chaque année les 40 millions de tonnes dans les pays membres de l’Union européenne. 

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