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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 06:54

 

Des marinas, des terres côtières, les entreprises de gaz et d’électricité, l’aéroport d’Athènes… Le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis entend vendre les fleurons publics pour mener sa politique libérale.

Le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a beau être issu de l’aile la plus droitière de la droite, cela ne l’empêche pas de brader le patrimoine national au profit de compagnies étrangères. La semaine dernière, le fonds de privatisation grec (HRADF) a annoncé que dix groupes se sont portés candidats pour acquérir 30 % des parts de l’Aéroport international d’Athènes (AIA). Cette entreprise est une manne. Avec ses 24 millions de passagers annuels, AIA génère un demi-milliard d’euros par an. Toute ressemblance avec une situation existante en France n’est pas que pure coïncidence. Sur les rangs pour s’en emparer, on trouve les français Vinci Airports et… Aéroports de Paris, dont le gouvernement d’Édouard Philippe entend se défausser ! La vente de ces parts entraînera une perte de contrôle par la puissance publique au profit d’une entité allemande, AviAlliance Gmbh, qui détient déjà 40 % des parts de l’aéroport et qui est elle-même propriété d’un fonds de pension canadien.

Le gouvernement semble prêt à vendre toutes les infrastructures pourtant importantes dans un pays dont une partie des ressources provient de la manne touristique. La semaine dernière encore, s’est tenu le quatrième sommet euro-arabe. À cette occasion, le ministre du Tourisme, Harry Theoharis, a courtisé les détenteurs de pétrodollars. « Les infrastructures touristiques existantes décrites dans le plan du fonds de privatisation grec, telles que les marinas, forment un portefeuille riche qui peut attirer les intérêts d’investisseurs du monde arabe », a-t-il exposé. Nombre de ces lieux où peuvent accoster les bateaux, souvent des yachts de luxe, sont en vente. Le 21 octobre, a été lancée la mise en concession pour trente-cinq années d’un port de plaisance à Itea, en Grèce centrale, dans le but d’accroître l’activité portuaire. Des terres côtières sont également mises à l’encan.

Le processus de dénationalisation ne s’arrête pas au seul secteur touristique. Un projet inquiète une partie de la gauche : la vente d’Hellinikon, près d’Athènes, un lieu qui a, par le passé, servi d’aéroport et aux JO d’Athènes. Un super-complexe immobilier d’une valeur de 8 milliards d’euros doit y voir le jour. Les services de base sont également touchés. Le 24 octobre, les fonctionnaires d’Athènes étaient en grève contre un projet de loi, en examen à la Vouli (le Parlement), qui permet de privatiser la maintenance des parcs, le nettoyage des rues et l’éclairage public. À Athènes, les habitants se mobilisent contre la vente de l’eau au privé. L’électricité est également dans le viseur, tout comme le gaz. Ainsi, le gouvernement actuel entend vendre 65 % de ses parts dans l’opérateur Depa, quand l’exécutif précédent souhaitait conserver une prééminence du public.

L’argent des privatisations, une goutte d’eau dans un océan de dettes

C’est là une différence notable entre le gouvernement de Tsipras (2015-2019), à qui la troïka a tordu le bras en 2015 afin qu’il vende les entreprises publiques, et celui de Mitsotakis, qui est, lui, très fier d’appliquer un tel programme. Preuve que le choix du privé est érigé en politique, le premier ministre avait promis avant son élection que le projet d’« Hellinikon se débloquera dès la première semaine de gouvernement ». Jusqu’à présent, il était bloqué en raison d’un recours. Le champion de la droite nationaliste grecque escompte récupérer 1,5 milliard d’euros cette année en privatisant à tout-va. Cette politique est pleinement en accord avec ce que demandent les autres États européens à Athènes depuis 2011 : 50 milliards d’euros de ventes… qui bénéficieront en premier lieu aux capitalistes de leurs frontières. Elle sera en revanche sans effet sur la dette, qu’elle est censée réduire. Depuis cette date, seuls 6 milliards d’euros de fonds ont été levés grâce aux diverses dénationalisations. Or, la dette grecque s’établissait à 334 milliards d’euros à la mi-2018. Les privatisations, si elles aboutissaient, représenteraient une goutte d’eau dans un océan de dettes. Même Christine Lagarde, alors présidente du Fonds monétaire international, estimait à la mi-2018 que la dette grecque était insoutenable à long terme et qu’il fallait se préparer, si nécessaire, à l’alléger.

Gaël De Santis

 

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