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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 05:46

 

Un rapport du Pentagone alerte sur la résurgence de Daech dans le Nord-Est syrien, à la suite de l’invasion turque. Les djihadistes pourraient reprendre des villes en Syrie et en Irak. Un danger qui menace l’Europe.

L’Agence France Presse appelle cela un « un organisme indépendant chargé des enquêtes internes » alors que ce n’est rien d’autre que l’Inspection générale du Pentagone, le ministère américain de la Défense. Cet organisme, en réalité, pire qu’un drone, survole et évalue tout ce qui se passe dans le cadre des opérations militaires états-uniennes. Ce qui se passe au nord-est de la Syrie ne pouvait échapper à son attention. D’autant plus que Donald Trump a annoncé, le 6 octobre, le retrait des 1 000 soldats américains déployés dans cette région, ouvrant la voie à une offensive militaire turque visant les forces kurdes, alliées de la coalition internationale dans la lutte contre les djihadistes de l’organisation dite de l’« État islamique » (EI).

L’EI a exploité l’incursion turque et le retrait des forces américaines

Fortement critiqué, y compris dans son propre camp, le président américain a changé de cap à plusieurs reprises, finissant par annoncer, après avoir affirmé que tous les soldats yankees rentreraient, le maintien d’une « force résiduelle » en Syrie pour « protéger » des champs de pétrole. On imagine bien que les États-Unis ne comptent pas sur le pétrole syrien pour leurs besoins (d’autant qu’avec l’exploitation du pétrole de schiste, ils deviennent le premier producteur d’or noir sur la planète), mais entendent garder un pied en Syrie pour peser, voire surtout influer sur les développements politiques ultérieurs.

Cette inspection générale vient de publier un rapport, citant des informations fournies par l’agence de renseignement militaire du ministère de la Défense, la Defense Intelligence Agency (DIA). Elle se rend compte que « l’EI a exploité l’incursion turque et le retrait des forces américaines qui s’en est suivi pour reconstituer des capacités et des ressources en Syrie ». L’inspecteur général qui signe le texte ajoute que l’EI  « va vraisemblablement utiliser le vide sécuritaire dans le nord-est de la Syrie pour prendre l’Occident pour cible parce qu’il aura sans doute plus de temps et d’espace pour préparer des attentats et soutenir ses 19 branches dans le monde ». À long terme, l’EI  « cherchera probablement à reprendre le contrôle de certaines localités syriennes et à étendre sa sphère d’influence dans le monde », ajoute l’inspecteur, citant des réponses écrites de la DIA à ses questions. Cela montre également que l’utilisation politico-médiatique de l’annonce de la mort d’Abou Bakr Al Baghdadi lors d’une opération militaire américaine, le 26 octobre, ne devrait pas empêcher l’EI  de se reconstituer. Selon la DIA, l’EI  s’était préparé à résister à la mort d’Al Baghdadi et devrait pouvoir « poursuivre ses opérations, maintenir sa cohésion mondiale et conserver sa posture actuelle ». Pire, toujours selon le rapport, l’EI  « a activé des cellules dormantes pour multiplier les attentats contre les Forces démocratiques syriennes » (FDS), la coalition arabo-kurde sur laquelle les alliés se sont appuyés pour chasser au printemps l’organisation djihadiste du « califat » territorial qu’elle avait instauré en 2014, entre la Syrie et l’Irak.

La Turquie a formé, financé et armé des milices djihadistes

Précision ultime, le rapport précise que les forces américaines en Syrie continuent d’armer les combattants des FDS, mais qu’elles ont cessé de les former ! La réalité de ce rapport apparaît dans les chiffres publiés par le Centre d’information du Rojava, qui estime que le nombre d’attaques revendiquées par Daech depuis l’invasion turque a augmenté de 300 %. Ce qui signifie une capacité pour les cellules dormantes d’empêcher la sécurisation des transports entre les différentes villes du nord-est de la Syrie.

Il s’agit aussi et surtout de la duplicité de la Turquie. Celle-ci a formé, financé et armé des milices djihadistes dont les membres sont déjà passés par Daech ou le Front al-Nosra (ex-al Qaida en Syrie), alors que certains groupes évoluaient dans la province d’Idleb, au nord-ouest de la Syrie, et sont maintenant projetés dans les zones à majorité kurde pour procéder à un nettoyage ethnique, soit en tuant, soit en déplaçant des dizaines de milliers de civils. Reste la question récurrente : pourquoi aucun État n’empêche la Turquie d’imposer sa loi sanglante dans cette région ?

Pierre Barbancey

 

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