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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 06:49

 

ÉNERGIE. L’OUVERTURE DU MARCHÉ A DE L’EAU DANS LE GAZ (L’HUMANITE - Mercredi 6 Novembre 2019 - Pierric Marissal)

Les Français se disent peu satisfaits de la fin du monopole de l’électricité et du gaz. Le baromètre du Médiateur, publié mardi, met aussi l’accent sur la précarité énergétique.

La seule donnée en hausse depuis le dernier baromètre est que les Français sont au courant – à 87 % d’entre eux – que le marché de l’énergie est ouvert à la concurrence. Et ils en sont de plus en plus insatisfaits. Il faut dire qu’en 2019, 61 % des consommateurs ont été sollicités pour souscrire à une offre de fourniture d’électricité ou de gaz naturel. « Faut-il voir un lien entre la baisse de confiance et la hausse des démarchages ? » interroge le Médiateur. Car, la confiance dans ce marché ouvert depuis 2007 se ­dégrade bel et bien : – 5 points en un an, – 10 points depuis 2015. « Si les commerciaux qui présentent les offres de différents fournisseurs ont sans doute contribué à faire réaliser aux consommateurs qu’ils peuvent changer de fournisseur d’énergie, ceux-ci véhiculent parfois des informations inexactes ou ont des pratiques commerciales contestables, ce qui rend les consommateurs plus méfiants », poursuit le communiqué.

La faute en premier lieu à l’usine à gaz que constitue la fixation des tarifs de l’électricité, mise en place par la loi Nome en 2010. « Ce texte oblige EDF à vendre un quart de sa production nucléaire aux autres opérateurs, c’est subventionner la concurrence, explique Valérie Gonçalvès, de la FNME-CGT et secrétaire générale de l’association Droit à l’énergie SOS futur. « La loi a inscrit une nouvelle tarification par un empilement des coûts complètement opaque. Preuve que les Français n’y adhèrent pas, ils sont encore plus de 80 % au tarif réglementé de l’électricité. » Et la promesse initiale de la mise en concurrence – baisser la facture énergétique – n’est clairement pas tenue. « On ne voit d’ailleurs pas du tout comment cela aurait pu fonctionner, explique François Carlier, délégué général de l’association de défense des consommateurs Consommation Logement Cadre de vie (CLCV). L’ouverture à la concurrence a fait rentrer sur le marché des acteurs qui ne produisent quasiment rien, ce sont juste des systèmes d’information et du marketing. Et on se retrouve dans cette situation ­absurde : pour que la concurrence puisse exister, il faut augmenter les tarifs réglementés. » L’exacte raison pour laquelle ceux de l’électricité ont bondi de 5,9 % cet été. Ainsi, pour la première fois, selon le baromètre, les Français qui pensent que l’ouverture à la concurrence conduit à une hausse des prix (+ 7 % en deux ans) sont aussi nombreux que ceux qui pensent qu’elle entraîne une baisse.

Le nombre d’interventions pour impayés est en augmentation

Si le Médiateur s’inquiète des conséquences de la hausse des tarifs sur la précarité énergétique, il omet de rappeler qu’est inscrit dans la loi l’engagement de la diminuer de 15 % d’ici à 2020… « La précarité énergétique n’est pas près de baisser, d’ailleurs le nombre d’interventions pour impayés est en augmentation, rappelle Valérie Gonçalvès, qui met en garde : 10 % d’augmentation du prix de l’énergie feraient basculer plus de 400 000 ménages supplémentaires dans cette précarité. » Et de fait, 63 % des Français disent que les factures énergétiques représentent une part importante des dépenses de leur foyer, contre 56 % en 2016. Les jeunes en souffrent tout particulièrement. Ils sont 45 % à restreindre le chauffage pour ne pas avoir des factures trop élevées et 26 % ont souffert du froid l’hiver dernier.

Face à ces résultats, la FNME-CGT rappelle ses solutions, au nombre desquelles la mise en place d’un service public de l’énergie avec la nationalisation des filières industrielles, la baisse de la TVA à 5,5 %, voire à 0 % pour ce produit de première nécessité, l’interdiction des expulsions et des coupures tout au long de l’année pour les familles en situation de précarité et un plan gouvernemental à la hauteur des enjeux concernant la réhabilitation des logements privés et publics, collectifs et individuels.

Pierric Marissal

 

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