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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 06:17

 

Après le « grand débat » et face aux critiques soulevées par le mouvement des « gilets jaunes », Emmanuel Macron promettait de rapprocher les services publics des citoyens, notamment par l’installation dans chaque canton d’une maison France Services. À Saint-Paul-de-Fenouillet, petite commune rurale des Pyrénées-Orientales, ces promesses semblent bien éloignées de la réalité.

Saint-Paul-de-Fenouillet (Pyrénées-Orientales), de notre envoyée spéciale.– Sur la porte du bureau de poste de Saint-Paul-de-Fenouillet, commune de moins de deux mille habitants dans les hauts cantons des Pyrénées-Orientales, plusieurs autres logos s’accolent à l’oiseau bleu sur fond jaune. Celui de Pôle emploi, de la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), de la Mutualité sociale agricole (MSA), celui de l’Assurance-maladie et de la Caisse des allocations familiales (CAF). Depuis un an, l’exigu bureau de poste de la commune s’est transformé en « maison de services au public », dite MSAP. 

Sur leur site internet, les MSAP, créées sous le gouvernement Valls en 2014, se présentent comme « une offre de proximité et de qualité à l'attention de tous les publics »« un lieu unique » où les usagers seraient accompagnés par des agents dans leurs démarches de la vie quotidienne. Les maisons de services au public promettent également d’articuler « présence humaine et outils numériques ».

Il suffit pourtant de pousser la porte de la poste du bourg, entre 9 heures et 12 heures le matin et 14 heures et 16 heures l’après-midi, pour déchanter. La « maison de services » offre plus une vaste collection de sigles qu'un réel accès aux différents services publics essentiels. Pourtant, dans ce département, les besoins sont nombreux. Les Pyrénées-Orientales sont le département français qui compte le plus fort taux de chômage, au-delà de 14 %. Alors qu’au niveau national, on enregistrait une baisse de 0,7 % du nombre d’inscrits à Pôle emploi au premier trimestre, les chiffres concernant le département sont en hausse de 1,7 %. C’est la plus forte augmentation de tout le pays. Bien que toutes les catégories soient touchées, les femmes payent le prix le plus fort, avec une hausse du nombre de demandeurs d'emploi de 2,18 % cette année.

A l'intérieur, la postière est seule pour gérer le bureau de poste et la MSAP. photo KZ

À Saint-Paul-de-Fenouillet, dans le bureau de quelques mètres carrés d’un blanc immaculé, les affiches de La Poste chevauchent celles de Western Union, de Colissimo, des feuilles blanches avec des inscriptions au feutre indiquant que les mandats en cash ne sont plus acceptés ou encore une grande affiche de la MSAP où est inscrit que « le service public s’engage pour améliorer la qualité de service ».

À côté des trois uniques chaises, dans un coin, un ordinateur est installé. L’écran, positionné en hauteur, est visible de tous. Une fois allumé et quand la connexion fonctionne correctement, ce qui n'est pas toujours le cas selon Caroline, habitante de la commune, l’ordinateur donne accès à Internet. « On peut aussi imprimer gratuitement », ajoute la mère de famille. Sur le bureau de l’ordinateur, l’accès est direct aux sites des organismes de service public cités ci-dessus.

« La poste n’est pas ouverte assez régulièrement et assez souvent pour accéder aux services. Il faut se mettre à la place de la population qui vieillit. Pour la MSAP, personne n’est au courant. J’habite ici depuis vingt ans et je ne connais personne qui s’y rend et qui en est content », souffle Bruno, patron du bureau de tabac et maison de la presse du village.

Pendant que Caroline remplit son dossier de la MSA, visible des trois habitants qui attendent sur une chaise de poster une lettre ou de récupérer un colis, la postière, coincée derrière son guichet, enchaîne les petites tâches et les envois à un rythme soutenu. Elle n’accordera pas un instant à Caroline. « J’aide quand je peux, mais c’est très compliqué », indique t-elle. La postière préfère ne pas donner son nom et balaye rapidement les questions sur ses conditions de travail : « C’est plus de travail pour moi, mais si ça peut nous permettre de garder le bureau et de ne pas fermer, ça me va. » Elle explique avoir demandé, pour assurer un meilleur service, à disposer des créneaux de rendez-vous pour ses missions liées à la MSAP. On ne lui a pas répondu.

Selon une des affiches: «Le service public s’engage pour améliorer la qualité de service» © KZ

Dans la commune, le désengagement de l’État s’est fait progressivement. Les permanences qui se tenaient auparavant en mairie ont été supprimées les unes après les autres. Le contrôleur des impôts, la CAF, la Carsat ne passent plus, une fois par mois, dans le bureau que le maire leur prêtait pour entendre et aider les habitants de la commune.

Interrogé sur les raisons de ces suppressions, le maire, Jacques Bayona, tente une explication : « Le personnel qui venait part à la retraite et puis les nouveaux, ils ne veulent pas forcément venir jusqu’à Saint-Paul. Et puis, ils ont d’autres missions ailleurs. Les services publics ont de moins en moins d’agents, ils dématérialisent de plus en plus, les permanences physiques se font moins, d’où la création des MSAP et demain, des maisons France Services. »

Promesse formulée par Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse, censées apporter des réponses au « grand débat » pour tenter de calmer les « gilets jaunes », les MFS à venir ressemblent à s’y méprendre aux MSAP, en service depuis 2014. Pensées par le gouvernement Valls comme des solutions aux fermetures répétées des services publics, les MSAP se sont rapidement multipliées, jusqu’à atteindre les 1 300 points de contact, dont 500 au sein du réseau de La Poste.

Mais le modèle est à bout de souffle, et mal financé. Ce qui avait poussé le ministère de la cohésion des territoires à geler pendant plusieurs mois toute nouvelle création de MSAP. Quelques mois plus tard, le chef de l’État annonçait pourtant la création, d’ici « la fin du quinquennat » et « dans chaque canton », d’« un endroit où l’on puisse trouver une solution aux problèmes », avec un nouveau logo et surtout un nouveau nom : les maisons France Services. 

Dans un entretien donné au Parisien en juin dernier, Jacqueline Gourault, la ministre de la cohésion des territoires, donnait les détails sur ces guichets uniques : « Vous avez déjà sur le territoire 1 340 maisons de services au public, mais elles sont de niveaux très différents. L’idée est d’élever leur niveau général avec un panier commun de services et d’en créer au moins cinq cents supplémentaires d’ici trois ans, de façon à mailler tout le territoire. »

Dans le village de Saint-Paul-de-Fenouillet, une nouvelle fermeture de service public est au cœur des discussions. Il s'agit de celle de la trésorerie publique. La fermeture programmée s’inscrit dans un projet de réorganisation de la Direction générale des finances publiques dans le département et toute la région. Dans une lettre adressée au directeur régional des finances publiques datée du 20 septembre 2019, la présidente socialiste de la Région, Carole Delga, exprime ses inquiétudes :

« De ce projet de réorganisation, je ne retiens que deux éléments essentiels. Le premier, c’est que le nombre de suppressions de trésoreries envisagées approche les 135 sur la Région Occitanie. Le second, et, sans aucun doute, le plus inquiétant, c’est la mise à l’index des populations les plus fragiles. Il existe sur nos territoire des personnes qui ont besoin d’un contact humain pour rétablir leurs droits et leurs permettre d’échanger sur des situations sociales et fiscales compliquées. Internet n’est pas la solution à tout. »

En milieu rural, le service public minimum se fait désirer  (MEDIAPART - 1 NOVEMBRE 2019 PAR KHEDIDJA ZEROUALI)

« La ruralité profonde ne fait pas la mendicité »

Pour l’instant, la commune possède toujours une trésorerie où les habitants du canton peuvent se rendre, tous les matins du lundi au vendredi. Sur les documents de travail de la DGFIP, que nous avons pu consulter, cette trésorerie se transformera en « accueil de proximité » dont Carole Delga, la présidente de la Région, estime que les « contours sont mal définis ». Elle craint que cela « n’abouti[sse] qu’à une augmentation des dépenses de fonctionnement pour les collectivités locales ».

Contactée, la DGFIP estime qu'il est « impossible aujourd'hui de dire ce que seront exactement ces points de contact tant que la concertation n'est pas close », avant de préciser que « d'un département à l'autre, cela pourrait revêtir plusieurs formes différentes ». Dans les communes où la trésorerie sera remplacée par un « accueil de proximité », plusieurs scénarios sont envisageables : la trésorerie pourrait fermer et la compétence pourrait être transférée à une MSAP ou à une nouvelle MFS – la trésorerie pourrait elle-même se transformer en MFS, ce qui obligerait les agents de la DGFIP à répondre à des questions relatives à d'autres organismes de service public. Les finances publiques pourraient aussi s'installer en mairie pour des permanences dont on ne connaît pour l'heure pas la fréquence. En somme, « personne ne sait pour l'instant ce qui va se passer exactement, on discute encore », assure la DGFIP.

« Nous avons choisi d'agir plutôt que de réagir », écrit Guy Lary à la fin d’un courrier de l'association des maires, des adjoints et de l'intercommunalité des Pyrénées-Orientales dont il est le président. Les habitants et les élus se mobilisent contre la suppression annoncée de 13 trésoreries sur 17 dans le département à l’horizon 2022, et les agents des finances publiques du département ont mené une grève tournante pendant plusieurs jours. La DGFIP assure pourtant qu’« aucune trésorerie ne sera fermée, du moins pas sans l'accord des élus locaux ». Elle affirme enfin que le « nouveau réseau de proximité » est toujours en cours de négociation.  

À Saint-Paul-de-Fenouillet, le 10 octobre 2019, habitants, agents des finances publiques et plusieurs élus de la communauté de communes se sont eux aussi mobilisés devant la trésorerie de leur commune. Parmi eux, Vincent Paumard, secrétaire adjoint du syndicat Solidaires des finances publiques dans les Pyrénées-Orientales. Il estime que ces suppressions seront d’abord préjudiciables aux territoires ruraux : « Ils veulent faire croire aux habitants et aux élus locaux que les finances publiques seront plus présentes sur le territoire, mais on est très loin du compte. » Pour le syndicaliste, les maisons France Services comme les « points de contact » ne sont ni plus ni moins que des « coquilles vides ».

Vincent Paumard craint également que les quelques agents dédiés ne soient pas suffisamment formés pour répondre à des questions portant à la fois sur les retraites du régime général, les retraites du monde agricole, les allocations familiales, les impôts, etc. « Les habitants seront obligés pour avoir des informations précises de faire de longs trajets vers Perpignan, Prades ou Céret », trois villes qui se situent au minimum à une heure de voiture.

La communication de l’exécutif va pourtant à rebours de ce qu’il se passe sur le terrain. Le 17 octobre 2019, le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin lançait un appel à candidatures, « destiné aux communes souhaitant accueillir des services des finances publiques actuellement localisés dans les métropoles » : « Pendant longtemps, l’État a trop eu tendance à concentrer tous les services administratifs dans les grandes métropoles. Nous voulons revenir sur cette politique pour renforcer notre présence dans les territoires. Cette démarche s'inscrit dans l'objectif fixé par le président de la République et le premier ministre de rapprocher les administrations de nos concitoyens. »

Dans la communauté de communes de l’Agly Fenouillèdes, pour garder des services publics, les maires se doivent de maîtriser l’art de la négociation. L’association des maires, des adjoints et de l’intercommunalité des Pyrénées-Orientales s’en est fait une spécialité. Depuis plus de cinq mois, son président Guy Ilary bataille pour conserver un accès aux finances publiques sur le territoire, même a minima. Il assure avoir obtenu le maintien d'au moins deux agents pour la communauté de communes de l'Agly Fenouillèdes pour la trésorerie basée à Saint-Paul-de-Fenouillet.

Le maire, Jacques Bayona, est néanmoins bien en peine de s’exprimer sur ce sujet : « On essaye d’éviter la fermeture de la trésorerie. On y garderait l’équivalent de deux temps-pleins mais pour l’instant, rien n’est signé. Nous sommes encore en négociation mais l’idée serait que ces agents des finances publiques soient aussi en capacité de répondre aux questions relatives aux autres organismes comme la CAF ou la MSA, par exemple. »

La crainte première de l’édile est que, par l’installation d’un nouveau lieu dédié aux services publics, La Poste ferme son guichet, « et je ne veux pas être le maire qui a fait fermer la poste », explique celui qui se représentera en mars 2020. « On veut travailler avec eux et pas contre eux, insiste-t-il, mais pour l’instant, c’est vrai que ce que propose la MSAP n’est pas suffisant, l’ordinateur est mal placé, l’accompagnement n’est pas optimal. Du coup, beaucoup des habitants vont jusqu’à Estagel [soit un trajet de 18 kilomètres – ndlr] pour avoir accès aux services. »

D’autres maires de communes rurales sont moins dans la retenue. Le 24 octobre 2019, dans les colonnes du journal local, L’Indépendant, le maire d’Arles-sur-Tech, René Bantoure, s’exprimait après un échange avec Didier Bonnel, directeur départemental des finances publiques : « La ruralité profonde ne fait pas la mendicité. L’association des maires, des adjoints et de l’intercommunalité départementale m’a aussi annoncé des avancées. Mais je le redis : le compte n’y est pas. » Pour l'élu, la dématérialisation des services publics ne peut pas constituer la seule réponse dans un monde rural et vieillissant : « L’hyperruralité n’est pas prête, notamment les anciens qui vivent une paupérisation plus élevée que la moyenne départementale du fait des loyers moins chers. Il faut laisser du temps à la ruralité. »

Une analyse que partage Charles Chivilo, maire de la commune de Maury, voisine de Saint-Paul-de-Fenouillet, et président de la communauté de communes Agly Fenouillèdes. Dans son village aussi, il a fallu se battre ces dernières années pour garder un guichet postal ou obtenir un distributeur de billets. Il estime aujourd’hui qu’il ne peut pas lutter contre le désengagement de l’État, alors, il trouve des petites solutions, comme une MSAP itinérante :

"Est-ce que les services de l'Etat doivent être rentables ?"

Une heure de bus jusqu'au « centre du monde »

De son côté, Caroline ne croit pas que l’installation d’une MFS changera grand-chose. Mère de trois enfants, de 6, 10 et 15 ans, elle explique avoir du mal à boucler ses fins de mois. Si elle se rend à la poste pour ses démarches administratives, c’est parce qu’elle n’a pas d’ordinateur chez elle, ça coûterait trop cher, « et puis, c’est parfois difficile de tout remplir depuis son portable », ajoute-t-elle. Elle raconte ses demandes de rendez-vous avec une assistante sociale qui, depuis un an, sont restées sans réponse.

Elle estime que sa commune et celles des alentours sont « très mal desservies en services publics ». Alors, quand ça devient trop urgent, elle va à Perpignan, et peut ainsi discuter avec des agents en chair et en os. Mais cela lui prend la journée : « Quand je dois aller à Perpignan pour accéder à la MSA ou à la CAF, je passe une heure dans le bus, puis je dois prendre un autre bus de la gare à la MSA, pour y rester une demi-heure. En tout, aller-retour, ça fait trois heures. Mais en vrai, c’est beaucoup plus long, puisqu’il n’y a pas beaucoup de bus et que les horaires ne conviennent jamais. »

Depuis la petite commune des Fenouillèdes, seuls quatre bus roulent le matin, et trois l’après-midi, le plus tard à 16 h 50. Beaucoup d’habitants se retrouvent alors coincés.

« Ici, si t’as pas le permis, t’es dans la merde », résume Zahid, 25 ans, à la terrasse d’un café-restaurant sur la place centrale du village. « Je ramasse les poubelles pour la communauté de communes, explique le jeune homme. Je suis en CDD, mais j’aimerais bien avoir un CDI. Je gagne 1 200 euros par mois mais, comme dirait le rappeur SCH, “Se lever pour 1 200, c’est insultant » Rien que pour se déplacer, le jeune homme dit dépenser 150 euros par mois, surtout en essence.

« J’ai dû vite passer le permis parce que sinon, c’est la galère. Par exemple, là, je demande la CMU [couverture médicale universelle – ndlr]. Si je veux que mon dossier avance, je vais devoir descendre à Perpignan, ça va me prendre la journée si j’y vais en bus, détaille Zahid. L’ancienne assistance sociale qui venait à Saint-Paul avait fait les démarches pour ma demande mais je n’ai plus aucune nouvelles. Tant que je suis en bonne santé, ça va. Mais dès que je vais tomber malade, ça va être plus compliqué. »

Les longs trajets de bus pour aller en ville pénalisent aussi les lycéens. Pour Bruno, du bureau de tabac-presse, la plus grosse problématique pour les jeunes de la commune reste le manque de transport : « Quand ils sont lycéens, ils se lèvent à 6 heures du matin et rentre à 19 heures le soir. Parce que leur lycée de proximité est à Perpignan. On est la dernière roue du carrosse, aussi sur l’éducation. Pourquoi ils ont construit un lycée à Argelès et rien sur la zone des Fenouillèdes ? Et après, ce jeune grandit et il n’y a pas beaucoup de travail ici. S’il veut travailler à Perpignan en bus, ce n’est pas possible : s’il finit à 19 heures, il ne pourra pas rentrer. C’est quand même à l’État d’y pallier. »

Pendant que Zahid raconte ses « galères » de transport, Jeannine, serveuse au Pouss Café, virevolte entre les tables de ses habitués. Née en 1943, elle a toujours habité à Saint-Paul-de-Fenouillet. À bientôt 76 ans, elle continue de travailler pour son fils qui tient le restaurant. Elle mange sur place le midi et son salaire l’aide à compléter sa maigre retraite. « Je crois que je travaillerai jusqu’à ma mort », rapporte-t-elle.

Pourtant, elle a travaillé dès ses 14 ans dans une usine de tournerie sur bois, pour préparer des commandes. D’abord comme apprentie, puis comme salariée. Elle y restera jusqu’à ses 22 ans. Puis elle se marie, donne naissance à son premier fils et devient poissonnière, rue Arago, à quelques mètres de son café actuel. « Je n’étais pas vraiment salariée. La poissonnerie était à mon mari et moi je l’aidais, c’était naturel », raconte-t-elle entre deux cafés. Sa poissonnerie a fermé, aucun de ses enfants n’a voulu la reprendre. « On n’est pas les seuls à avoir fermé. C’est vrai qu’il y a vraiment moins de commerces et de services qu’à l’époque. On a l’impression qu’on nous laisse de côté, déplore la serveuse. Mais j’aime mon village et j’espère bien y rester jusqu’à la fin. »

Le sentiment d'abandon de Jeannine est partagé par de nombreux habitants du village, rapporte le maire. « Et c'est sur ce terreau que le Front national [aujourd'hui Rassemblement national, RN – ndlr] prospère », souffle-t-il. L'élu a longtemps ferraillé avec le député de la circonscription, Louis Aliot. Ce dernier lui reproche de refuser de le recevoir. « Je ne reçois pas l'extrême droite », tranche Jacques Bayona.  

Charles Chivilo, maire de Maury, s'était présenté contre le député RN lors des précédentes législatives. Sur la deuxième circonscription des Pyrénées-Orientales et sous l'étiquette du Parti radical de gauche en tant que suppléant de Christine Espert, pour En Marche!, ils avaient perdu de peu : 49,44 % contre le RN qui avait récolté 50,56 % des voix. « Les idées d'extrême droite rongent la pensée des gens ici, se désole Charles Chivilo. Ce sentiment d'abandon dans le milieu rural les sert beaucoup. Le Rassemblement national se sert de la haine. Les gens sont tellement excédés qu'ils sont prêts à tout et n'importe quoi. En plus, en face, on a une classe politique complètement déconnectée, avec des lois et des directives très éloignées de ce qu'on vit vraiment. Ça me fait très peur ce climat. »

Après deux défaites en 2008 et 2014, Louis Aliot se représentera de nouveau à la mairie de Perpignan. Avec plus de 122 000 habitants, la capitale des Pyrénées-Orientales est la plus grande ville ciblée par le Rassemblement national.

 

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