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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 06:35

 

La cour d’appel de Rennes a cassé les deux mandats d’arrêt européens émis par l’Italie à l’encontre de l’ex-manifestant contre le G8 de Gênes.

Un seul être manquait, et tout était dépeuplé à Rochefort-en-Terre (Morbihan)… Interpellé début juillet sur la base de deux mandats d’arrêt européens émis par l’Italie et incarcéré depuis, Vincenzo Vecchi, condamné à douze ans de prison pour « saccage et pillage » lors du contre-G8 de Gênes en 2001 et d’une manifestation antifasciste à Milan en 2006, a été remis en liberté vendredi. Et dans son bourg d’élection, au café associatif de La Pente, où le comité de soutien rassemblant ses amis et ses voisins a ses habitudes, la fête a, entre vivats et embrassades, duré jusqu’à l’aube, samedi matin.

La cour d’appel de Rennes a jugé dénué d’objet le premier mandat d’arrêt à l’encontre du militant italien : sa défense avait produit plusieurs pièces établissant qu’il avait déjà purgé la peine visée. Sur le second, pour des faits imputés à Vincenzo Vecchi lors des manifestations de Gênes en 2001, la justice française a constaté « l’irrégularité de la procédure d’exécution ». « C’est une décision juste, se félicite Me Catherine Glon, une des avocates de Vincenzo Vecchi. Cette procédure, depuis le début, était irrégulière ; elle était aussi inexacte : les autorités italiennes avaient menti à l’État en évoquant des décisions de justice qui n’existaient pas ou n’étaient plus exécutoires. » Pour l’écrivain Éric Vuillard, très engagé dans le comité de soutien (lire l’Humanité du 21 octobre), la remise en liberté de Vincenzo Vecchi est une « victoire » qui « s’inscrit dans un paysage plutôt sinistre en Europe. Il y a une dégradation progressive des libertés publiques, une atteinte progressive aux droits fondamentaux et, finalement, on s’en accommode, dénonce-t-il. Là au moins, voilà une décision positive. La liberté, ce n’est pas qu’un mot, il y a toujours quelqu’un derrière la liberté. Le sort de cette personne irradie sur tous ». Également membre du comité de soutien, Pierre Laurent salue lui aussi la décision : « L’extradition demandée par l’Italie n’aura pas lieu, se réjouit le sénateur PCF. Après la Grèce, un tribunal français indique que les militants politiques ne sont ni des criminels ni des terroristes. Nous ne pouvons qu’être heureux que Vincenzo retrouve les siens. »

Après que l’avocat général s’était déclaré favorable à l’extradition lors des audiences, le procureur général de Rennes ne lâche pas l’affaire, avertissant dans un communiqué qu’il étudie l’éventualité d’un pourvoi en Cassation. Selon le parquet, la décision n’affecte pas la validité et la régularité du mandat d’arrêt européen délivré par les autorités italiennes, mais uniquement la procédure de notification en France.

Thomas Lemahieu

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