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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 05:00

Extrême droite. Marion Maréchal promet le pouvoir à son camp

Lundi, 30 Septembre, 2019

La prétendue « convention de la droite », réunie samedi à Paris par les amis de Marion Maréchal, a servi de tribune aux propos les plus nauséabonds. Au-delà des provocations iniques d’Éric Zemmour, l’offensive est à prendre au sérieux.

 

Les proches de Marion Maréchal l’assuraient : le rendez-vous de samedi, à Paris, consistait en une respectable « convention de la droite ». Sans surprise, elle s’est avérée une grand-messe appelant à la guerre des civilisations, une apologie de la haine raciste avec pignon sur rue. Car la chaîne LCI n’a pas hésité à retransmettre en direct les éructations d’Éric Zemmour, qui devraient lui valoir de nouvelles poursuites judiciaires. Aussi nous ne reproduirons pas ses propos ici. D’autant que le plus inquiétant est sans doute ailleurs, loin du fonds de commerce de celui qu’une partie de la presse continue d’appeler « polémiste ». Un visage beaucoup plus présentable de l’extrême droite s’est remis en selle, samedi. Car, Marion Maréchal a beau s’en défendre à longueur de temps, son discours devant les siens, appelant à « briser les barrières partisanes » et avançant cinq « défis » prioritaires, ressemble à s’y méprendre à un véritable programme politique pour 2022. Alors que le programme officiel de la journée consistait à travailler sur des « alternatives au progressisme », c’est Robert Ménard qui a rapidement mis les pieds dans le plat. « J’en ai assez des excuses des uns et des autres pour ne pas se présenter à la prochaine présidentielle ! Trop jeune, trop intello ? Je m’en fous. On a besoin d’un visage qui incarne ce qu’on dit là. Un chef, quelqu’un qui parle aux gens ! » a lâché le maire de Béziers à l’adresse de l’ex-députée FN du Vaucluse. « La seule chose qui compte, c’est de se donner rendez-vous dans trois ans, mais à l’Élysée », avance-t-il.

Le Rassemblement national n’est « pas suffisant pour gagner »

Dans une salle chauffée à blanc, celle qui est officiellement retraitée de la politique prend la parole et attaque sans détour le cœur de son sujet : la présidentielle de 2022. Son parti (elle est toujours encartée au Rassemblement national) n’est « pas suffisant pour gagner », alors que l’effondrement de LR représente « une opportunité  historique ». « Il faut rompre avec la droite des experts-comptables », avance-t-elle, avant de développer les cinq « piliers » de son projet politique : « Le grand remplacement, le grand déclassement, le grand épuisement écologique, le grand basculement anthropologique et le grand affrontement des puissances étrangères. » Le premier fait référence à la thèse du négationniste Renaud Camus, le deuxième fait mine de s’intéresser aux classes populaires. Celui sur l’écologie, qui est, selon elle, « un conservatisme » et « un combat identitaire », s’appuie sur le localisme à la sauce RN, les deux derniers recyclant les vieux fantasmes de l’extrême droite sur la guerre des civilisations.

« J’entends les impatiences et les frustrations. Mais qui peut penser que nos idées arriveront au pouvoir sans avoir brisé les barrières partisanes d’hier ? » avance la petite-fille de Jean Marie Le Pen, alors que les élus issus de LR ou du RN sont aux abonnés absents. Seul l’eurodéputé RN Gilbert Collard a fait le déplacement. Mais Marion Maréchal en est persuadée : la droite extrême, recomposée par le bas et non par des accords d’appareil, peut accéder au pouvoir, comme chez certains de nos voisins européens. Pourtant, elle ne se place pas sur le terrain du populisme, récusant même le terme, et préfère incarner une droite conservatrice ripolinée, avec une ligne économique ultralibérale assumée, comme en atteste sa tribune publiée à la veille de l’université du Medef. « On ne peut pas gagner seulement avec les électeurs FN, il faut faire venir à nous les électeurs de la droite traditionnelle », abonde Robert Ménard. Une stratégie développée longuement par l’ex-députée du Vaucluse dans les colonnes du Figaro Magazine, dans lequel elle appelait, début septembre, à « ancrer dans un avenir commun des Français issus de courants variés : des souverainistes, des libéraux-conservateurs, des populistes, la droite nationale ». Samedi, Marion Maréchal, qui a opportunément abandonné le nom Le Pen, a lancé devant les siens, confiante : « Demain, nous serons au pouvoir, j’en suis convaincue ! » Science-fiction ? « Sous des formes disparates et encore embryonnaires, c’est le fascisme qui fait son retour, analyse le sociologue Hugo Palheta (1). Il ne s’annonce plus comme une hypothèse abstraite, mais comme une possibilité concrète. »

(1) Lire, de l’auteur, la Possibilité du fascisme. France, la trajectoire du désastre. La Découverte, 265 pages.
Maud Vergnol
Extrême-droite: Marion Maréchal promet le pouvoir à son camp (Maud Vergnol, L'Humanité, 30 septembre 2019)

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