Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 06:26

"Sur les 2,6 millions de personnes qui auraient ouvert des droits avec l'ancienne convention, 9% n'entreront pas dans le régime et 41% vont voir leurs allocations baisser, leurs accès aux droits retardés ou leur durée d'indemnisation écourtée entre 2020 et 2021. 

Outre le durcissement des conditions d'accès au régime dès le 1er novembre, avec l'obligation de travailler six mois sur 24 contre quatre mois sur 28 aujourd'hui, à partir d'avril 2020, le changement de calcul de l'indemnisation va toucher en priorité les travailleurs alternant emplois et allocations. 850 000 personnes avec des périodes non travaillées entre deux contrats percevront une allocation plus faible de 22% en moyenne.

La chute sera encore plus dure pour 190 000 personnes travaillant entre un quart et un mi-temps, elles perdront 50% de leur allocation, passant de 868€ à 431 €".

 

Unédic. Les privés d’emploi en deuil de l’assurance-chômage

Jeudi, 26 Septembre, 2019 - L'Humanité

Une quarantaine de chômeurs et précaires ont organisé un sit-in devant l’Assemblée. Ils protestent contre les énormes pertes de droits qui les attendent avec la réforme du régime.

 

Des corps immobiles et des visages masqués pour dénoncer un enterrement en règle de l’assurance-chômage. Ce mercredi, une quarantaine de chômeurs et précaires, futures victimes du changement de règles d’indemnisation imposé par le gouvernement, se sont couchés devant l’Assemblée nationale à l’appel du MNCP, de l’Apeis, de la CGT chômeurs et d’AC ! La scène de crime fictive est à la hauteur de l’inquiétude provoquée par les prévisions de pertes de droits astronomiques pour les demandeurs d’emploi dévoilées mardi par l’Unédic. Sur les 2,6 millions de personnes qui auraient ouvert des droits avec l’ancienne convention, 9 % n’entreront pas dans le régime et 41 % vont voir leurs allocations baisser, leurs accès aux droits retardés ou leur durée d’indemnisation écourtée entre 2020 et 2021. « Nous sommes venus faire le deuil de l’assurance-chômage, explique Pierre-Édouard Magnan, président du MNCP, certains chômeurs vont tout perdre. On demande le retrait de cette réforme ! Ça fait plus de deux ans que le gouvernement nous ignore comme catégorie sociale, nous n’avons même pas été reçus une seule fois par la ministre du Travail. »

Les travailleurs précaires les premiers touchés

Outre le durcissement des conditions d’accès au régime dès le 1er novembre, avec l’obligation de travailler six mois sur 24 contre quatre mois sur 28 aujourd’hui, à partir d’avril 2020, le changement de calcul de l’indemnisation va toucher en priorité les travailleurs alternant emplois et allocations. 850 000 personnes avec des périodes non travaillées entre deux contrats percevront une allocation plus faible de 22 % en moyenne. La chute sera encore plus dure pour 190 000 personnes travaillant entre un quart et un mi-temps, elles perdront 50 % de leur allocation, passant de 868 à 431 euros. « Le gouvernement dit qu’il veut lutter contre la précarité, mais il tape en premier sur eux, s’agace Pierre-Édouard Magnan, et cela ne va pas inciter à prendre des petits contrats sans perspective de pouvoir compléter avec l’assurance-chômage. » Sofyen Ben Mahoud, conseiller Pôle emploi à Vincennes et élu du SNU, venu en soutien, constate que « les moins de 25 ans remplissant des missions d’intérim seront laissés sans rien ! Ils ne trouveront pas de missions de six mois pleins pour ouvrir des droits. »

Sous l’effet de la conjoncture et de ces économies gigantesques, les comptes atteindraient l’équilibre dès 2020. En 2022, 5,3 milliards d’euros d’excédents seraient même réalisés, contre 3,2 initialement prévus. Pour Philippe Villechalanne, porte-parole de l’Apeis, « on est en train de nous faire crever alors qu’on aurait pu trouver l’argent ailleurs, 51 milliards de dollars de dividendes ont été versés par les actionnaires au deuxième trimestre 2019 en France ». Quant aux droits rechargeables, il faudra travailler six mois, contre un seul précédemment, pour y prétendre. « C’est la mort du dispositif », estime Mirabelle Lemaire, conseillère Pôle emploi à Chennevières-sur-Marne et élue du SNU-FSU.

Signe de fébrilité, Pôle emploi a envoyé deux millions de courriers pour prévenir que nombre de bénéficiaires de ce système allaient perdre des plumes… « Ça va être terrible de dire aux gens à l’accueil “Vous n’avez pas assez travaillé”, redoute l’agente. On va se retrouver avec des chômeurs qui ne vont pas bien et dans des conditions encore pires pour retrouver un emploi. » Face à cette future hécatombe, les syndicats CGT, CFE-CGC, FO et Solidaires ont annoncé hier soir qu’ils lançaient un recours devant le Conseil d’État contre ce décret « régressif ».

Cécile Rousseau

 

Le gouvernement Macron- Philippe attaque sérieusement les droits des chômeurs (L'Humanité, 26 septembre 2019)

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011