Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 05:59

 

C’était hier en début d’après midi après midi au ministère de la Transition écologique et solidaire. Elisabeth Borne tenait une conférence de presse pour nous éclairer sur le rapport spécial du GIEC intitulé : « Le changement climatique, les océans et la cryosphère». Malgré une forte présence de non journalistes, beaucoup de sièges étaient inoccupés dans la salle de conférence. Il est vrai que la presse disposait déjà de l’essentiel des informations concernant ce rapport. Mais la ministre se devait de communiquer pour tenter de donner l’illusion que la France est en pointe dans se domaine.

La mise en scène de cette conférence de presse avait été réfléchie et préparée avec soin. D’emblée le présentateur fit intervenir en duplex depuis la principauté de Monaco, Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe 1 du GIEC. Elle mit l’accent sur le travail considérable des 104 auteurs de ce rapport dont 30% de femmes. Puis, dans un temps très limité pour chacun, les quatre spécialistes du climat qui entouraient la ministre soulignèrent l’urgence de la situation et l’ampleur des défis à relever, qu’il s’agisse de la montée des océans, des migrations de poissons, ou de la fonte des glaciers. Ce dont l’Humanité d’hier traitait sur trois pages.

Avant d’entendre ces témoins, les journalistes s’étaient vus remettre un dossier de presse de 23 pages rédigé par le ministère. Il y est écrit en introduction que « le gouvernement a rehaussé son ambition de réduction des gaz à effet de serre de la France en fixant dans la loi l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 à l’échelle du territoire national». On y parle ensuite de « stratégie bas carbone » sans aucune précision sur le mode opératoire pour « permettre la transition des modèles de production et de consommation ».

Une mise en cause ponctuelle du libre échange agricole

La page 17 nous vaut cependant un paragraphe qu’il convient de citer en entier : « L’élevage et la production agricole sont les principales causes de la déforestation à l’échelle mondiale : élevage bovin et production de soja en Amérique latine, plantation de palmiers à huile en Asie du Sud-Est, cacao en Afrique. Une étude d’impact de la Commission européenne de 2013 montre que le soja représente 60% des importations de produits à risques ; l’huile de palme 12% et le cacao 8% (entre 1990 et 2008). Ces matières premières constituent à elles trois 80% des importations pouvant générer de la déforestation au niveau des pays producteurs. La consommation européenne a un impact important sur la déforestation : les pays européens sont responsables de plus d’un tiers de la déforestation liée au commerce international des produits agricoles ».

Voilà qui est clair et juste pour le coup. Mais on se demande alors pourquoi la France continue de donner son accord à la Commission européenne pour aggraver sans cesse la situation en négociant avec des pays tiers comme ceux du Mercosur, le Canada, l’Australie et d’autres cette multiplication les accords de libre échange qui aboutissent à ce résultat tout en ruinant nos paysans par une concurrence déloyale! Faute de répondre à cette question , le document du ministère de la Transition écologique et solidaire nous dit ceci : « Avec le One Planet Summit et l’appel « Make Our Planet Great Again» (deux discours prononcés en anglais par le président Macron ,ndlr) ,initié par la France et rejoint par l’Allemagne , la France incite les chercheurs et enseignants du monde entier, mais aussi les ONG et les citoyens, à s’impliquer directement dans le combat contre le dérèglement climatique et pour la protection de l’environnement ».

Quand la ministre des transports occulte son bilan

Dans le discours prononcé hier et envoyé aussitôt après aux rédactions par mail, Elisabeth Borne a notamment déclaré : « Notre cap, c’est donc la neutralité carbone, au milieu du siècle. Il faut des actes pour y parvenir. C’est pour cela que le gouvernement a décidé par exemple de fermer les centrales à charbon d’ici 2022, d’innover pour développer les énergies renouvelables, en mer, sur terre, sous la terre aussi, de transformer en profondeur notre mobilité, de rénover nos logements, d’engager la transition écologique de notre agriculture».

On notera ici que le charbon ne produits plus que 1% de notre électricité en moyenne annuelle et que l’énergie électrique en France n’est responsable que de 9% des émissions de CO2 du pays grâce au nucléaire à l’hydraulique en premier lieu. C’est dire le peu d’impact qu’aura la fermeture des dernières centrales au charbon sur la réduction globale du CO2. On sait aussi que la rénovation énergétique des logements avance trop lentement, tandis que les aides de l’Etat sont en recul. Pour ce qui est de « transformer en profondeur notre mobilité » , il convient de rappeler qu’Elisabeth Borne est la ministre en charge des transports depuis près de 30 mois et que le CO2 émis par ce seul secteur est de 31% du total aujourd’hui contre 29% au moment de la Cop 21 en 2015. On continue en France de privilégier la route au détriment du rail. Le dernier exemple en date est la suspension depuis cet été du train quotidien de fruits et légumes entre de Perpignan et le marché de Rungis. La ministre s’est bien gardée d’évoquer ce sujet dans son discours d’hier. Par ailleurs, même les primes attribuées pour retirer les vieilles voitures du marché font augmenter les émissions de CO2 du secteur des transports dans la mesure où les nouveaux véhicules s sont souvent plus lourds, plus puissants et plus gourmands en carburant que les anciens!

Le coup de l’invité surprise prénommé Vipulan

 Suite à cette intervention, il n’y eu que trois petites questions posées par des journalistes et portant sur des demandes de précisions sur tel ou tel sujet. Le porte micro du ministère était pressé d’en finir au point qu’il faillit ne pas donner la parole au dernier intervenant. Prénommé Vipulan, c’était un gamin d’environ 11 ans, un de ces enfants ayant participé aux manifestations de ces derniers jours. Il était officiellement invité à ce point de presse, puisque badgé à cet effet. Il a lu un court texte manuscrit rédigé dans le style de ceux de Greta Thumberg , osant même déclarer en conclusion qu’il fallait être « révolutionnaire sur les enjeux climatiques » et que l’on n’avait « pas besoin d’être communiste pour cela !».

Ces derniers mots lui valurent une salve d’applaudissements, puis les remerciements chaleureux de la ministre avec la promesse de faire avancer les choses !

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011