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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 05:59
Glenn Le Saoût, Catherine Grall, Michel-Thierry Atangana, Ismaël Dupont, René Grall - Saint-Pol-de-Léon, 13 juillet 2019

Glenn Le Saoût, Catherine Grall, Michel-Thierry Atangana, Ismaël Dupont, René Grall - Saint-Pol-de-Léon, 13 juillet 2019

Abandonné par la France dans une cellule de 7 m2 sans fenêtre au Cameroun pendant 17 ans, Michel-Thierry Atangana réclame que la France le réhabilite en s'appuyant sur l'avis du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU et de la justice camerounaise, et qu'elle défende mieux ses ressortissants à l'étranger
Abandonné par la France dans une cellule de 7 m2 sans fenêtre au Cameroun pendant 17 ans, Michel-Thierry Atangana réclame que la France le réhabilite en s'appuyant sur l'avis du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU et de la justice camerounaise, et qu'elle défende mieux ses ressortissants à l'étranger
Abandonné par la France dans une cellule de 7 m2 sans fenêtre au Cameroun pendant 17 ans, Michel-Thierry Atangana réclame que la France le réhabilite en s'appuyant sur l'avis du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU et de la justice camerounaise, et qu'elle défende mieux ses ressortissants à l'étranger
Abandonné par la France dans une cellule de 7 m2 sans fenêtre au Cameroun pendant 17 ans, Michel-Thierry Atangana réclame que la France le réhabilite en s'appuyant sur l'avis du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU et de la justice camerounaise, et qu'elle défende mieux ses ressortissants à l'étranger
Abandonné par la France dans une cellule de 7 m2 sans fenêtre au Cameroun pendant 17 ans, Michel-Thierry Atangana réclame que la France le réhabilite en s'appuyant sur l'avis du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU et de la justice camerounaise, et qu'elle défende mieux ses ressortissants à l'étranger
Nous avons vécu une rencontre marquante et émouvante avec Michel Thierry Atangana, né en 1964 à Yaoundé au Cameroun, français depuis 1988, ce samedi 13 juillet à Saint-Pol-de-Léon, ville dont Michel Atangana est devenu le citoyen d'honneur. Il était accueilli au départ ado à Perharidy où il se faisait soigner au centre héliomarin pour des problèmes de dos et chez la famille Grall qui hébergeait des enfants en soins éloignés de leur famille pour leur apporter de la chaleur humaine. Catherine Grall travaillait à ce moment-là justement avec les enfants à Perharidy.
 
Glenn Le Saoût avait participé à l'émouvante cérémonie organisée par le maire de Saint-Pol-de-Léon Nicolas Floch durant laquelle Michel-Thierry Atangana a été fait citoyen d'honneur de la ville de Saint-Pol-de-Léon le samedi 29 juin dernier. Le chroniqueur Afrique du journal "Le Monde", Daniel Le Bigot, en a tiré un article très documenté au titre sans ambiguïté:
"La France doit se racheter d'avoir abandonné Michel-Thierry Atangana durant 17 ans" (Le Monde, 2 juillet).
 
RFI qui avait défendu Michel pendant son emprisonnement a aussi soutenu la demande de réhabilitation, comme d'autres grands médias africains comme "Jeune Afrique".
Glenn Le Saoût et moi avions rencontré déjà dans la semaine au local du PCF à Morlaix René et Catherine Grall. Ce sont les très courageux animateurs du comité de soutien de cet économiste et financier français travaillant pour des investisseurs internationaux emprisonné de manière arbitraire et inhumaine sous de faux prétexte et par cupidité par des ministres du président Biya, avec le soutien du dictateur, et laissé pendant 17 ans dans une cellule de 7m2 sans fenêtre, de 1997 à 2014, sans guère de soutien des politiques français malgré une condamnation du Cameroun par la commission d'enquête internationale de l'ONU dans cette affaire et le soutien d'ONG comme Amnesty international.
Catherine et René n'ont eu de cesse pendant des années, quand ils ont appris l'apprisonnement de Michel Thierry Atangana, d'interpeller l’État, les médias, l'opinion publique, pour que pression soit faite sur les autorités camerounaises, puis, à la libération de Michel, pour qu'il soit pleinement réhabilité. Il faut dire que jusqu'en 2013, Hollande, qui rencontrera plus tard Michel Thierry Atangana et sera impressionné par la valeur de cette homme et sa résolution, maintient encore officiellement sa croyance au "crime" de corruption et d'abus de bien public prétendument commis par l'économiste.
Manière de ne pas contrarier l'ami Paul Biya, chez lequel des groupes français, et en particulier Bolloré, ont tant d'intérêts?
Pourtant l'avis n°38 du groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l'homme de l'Assemblée Générale de l'ONU (avis arrêté après aller-retour avec l’État concerné, à vrai dire sans réponse du Cameroun) est formel: 
"Le 12 mai 1997, M. Atangana a été interpellé, sans mandat d'arrêt, par des éléments des forces spéciales du Groupement spécial d'opération puis détenu par la police judiciaire à Yaoundé. M. Atangana est détenu depuis le jour de son arrestation... dans une cave du secrétariat d'Etat à la défense, en isolement total, sans accès aux soins et sans communication avec le monde extérieur et en particulier avec sa famille, mettant gravement en danger sa santé physique et mentale..." .
L'avis laisse entendre que le lien fait par le pouvoir entre l'administrateur financier chargé de piloter un gros projet d'investissement dans les routes camerounaises et un candidat d'opposition (lien toujours nié par Michel Atangana) n'est pas sans rapport avec son arrestation et que les procédures juridiques normales n'ont pas été respectées. En réalité, des ministres du président Biya ont saisi le prétexte d'un lien supposé avec un challenger politique pour faire main basse sur l'argent des sociétés dont Michel Thierry Atangana était le mandataire pour un gros projet d'investissement en travaux publics, et sur l'argent de Michel-Thierry Atangana, tout en l'accusant lui-même de corruption alors qu'il gérait des fonds privés, et non publics. 
Il a été condamné après plusieurs semaines de détention administrative après un procès expédié de nuit, sans avocat ni possibilité de se défendre, à 15 ans de prison. Malgré une ordonnance de non-lieu en 2008, il est resté en détention et a été à nouveau condamné pour les mêmes faits à 20 ans de prison en 2012.  Du côté des autorités françaises, il faudra attendre l'implication de Bruno Gain, ambassadeur de France au Cameroun (2009-2013) pour que Michel-Therry Atangana bénéficie enfin de la protection consulaire à laquelle tout citoyen français détenu à l'étranger a droit mais qu'aucun prédécesseur n'avait jugé utile de faire appliquer. Et c'est le président Hollande qui va obtenir sa libération, après des mois de silence et de tergiversations, le 24 février 2014. 
René et Catherine Grall, et Michel Thierry Atangana nous ont remis les dossiers d'une grande partie des démarches effectuées par le comité de soutien, des correspondances avec l'ex président Hollande, le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le rapport de l'ONU sur cette affaire, les preuves du caractère extrêmement tardif de la prise en compte par la France de l'innocence et de l'enfermement arbitraire de son ressortissant, Michel, français depuis 1988.
Michel Atangana réclame aujourd'hui un décret de réhabilitation, une indemnisation par l'état camerounais (aujourd'hui, ses biens ont été confisqués, ses comptes bancaires français bloqués suite à une commission rogatoire camerounaise) et une loi qui protège mieux les ressortissants français a l'étranger en créant notamment une possibilité d'alerte et de démarche auprès de la commission Droits de l'Homme de l'ONU pour leurs municipalités de résidence, afin que la protection diplomatique ne soit pas à géométrie variable et dépendant essentiellement des intérêts financiers et stratégiques de la France et de la seule realpolitik.
Nous allons travailler a ce que cette juste cause soit entendue et puisse aboutir.
Trois députés communistes de Seine Maritime s'associent déjà à un appel (pas encore publié) "pour que la France n'abandonne plus jamais les siens", comme Michel Atangana: Sébastien Jumel, Jean-Paul Lecoq, et Hubert Wulfranc.
Avec d'autres parlementaires de droite, du centre et de gauche... Une quarantaine en tout à ce stade.
Cet appel des parlementaires est le suivant:
"Pour que la France n'abandonne jamais plus les siens!
Il y a cinq ans, Michel-Thierry Atangana était libéré de sa geôle camerounaise. (...)
Malgré la décision prise à son profit par les Nations-Unies, Michel-Thierry Atangana a certes retrouvé sa liberté mais pas sa vie.
Sa réputation est entachée par une condamnation inique entravant sa carrière de financier de haut vol. Ses comptes bancaires français sont bloqués parce que notre pays n'applique pas les décisions de l'ONU et répond favorablement aux commissions rogatoires camerounaises visant à geler les avoirs de M. Atangana en France.
(...)
Le cas emblématique de Michel-Thierry Atangana doit servir de point de départ à une réflexion collégiale sur un renforcement de la protection juridique des Français à l'étranger.
(...)
Désormais, nous devons aller plus loin, plus vite.
- Prendre en commission des lois cet avis déclaratif qui consacrerait en droit interne l'Avis rendu par les Nations-Unies préconisant la réhabilitation et l'indemnisation intégrales de Michel-Thierry Atangana.
- Faire adopter la proposition de loi en cours de rédaction qui renforcerait la protection des Français à l'étranger contre l'arbitraire. Nous prémunissant de violation des droits de nos concitoyens par instrumentalisation judiciaire.
..."
 
Cette sombre affaire éclaire aussi certains aspects peu reluisants de la françafrique et des intérêts français qui y font bon ménage avec les dictatures.
Pour Michel-Thierry Atangana, il n'y a pas de pire ennemi pour l'homme et notre époque que l'indifférence qui nous fait tout accepter. "L'indifférence est un cancer qui tue la vie".
Lui aurait pu accepter un poste pépère "de dédommagement modique pour se taire", de la part du Cameroun (on lui a proposé un poste de ministre à sa libération!!!) ou de la France, mais Michel n'a qu'un souhait: que justice et réparation soient enfin effectuées, que les mêmes injustices contre des ressortissants français abandonnés par leur État ne puissent se reproduire aussi facilement.
 
Ismaël Dupont, le 14 juillet 2019
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