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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 06:00
Gare de Morlaix - manif intersyndicale des Cheminots le 23 mai 2019 (photo Ismaël Dupont)

Gare de Morlaix - manif intersyndicale des Cheminots le 23 mai 2019 (photo Ismaël Dupont)

SNCF Les cheminots défilent en masse pour défendre le service public

Mercredi, 5 Juin, 2019

Hier, 15 000 cheminots (selon la CGT) ont défilé dans les rues de Paris, contre la casse du service public SNCF, en colère contre la souffrance au travail qui gagne les agents de tous les collèges et de tous les secteurs, pour dénoncer, aussi, les conséquences d’une réforme ferroviaire « mal préparée », imposée à coups d’ordonnances il y a tout juste un an. À l’appel de la CGT, de l’Unsa, de SUD et de la CFDT, ils ont réussi leur pari de mobiliser massivement. Démissions et ruptures conventionnelles en cascades, mobilités forcées, perte du sens du travail, isolement… les cheminots souffrent des réorganisations à la chaîne imposées par une direction obsédée par la réduction du « coût du travail » alors que se profile l’ouverture à la concurrence généralisée. Hier, salariés de la RATP et cheminots étrangers – belges et allemands – ont rejoint, en solidarité, la manifestation des cheminots.

Transport. Les cheminots font le bilan de la réforme dans la rue

Mardi, 4 Juin, 2019

Un an après le vote du pacte ferroviaire, les salariés de la SNCF manifestent aujourd’hui à Paris pour dénoncer ses conséquences sur leur travail et le service public ainsi que les mensonges du gouvernement.

Ils devraient à nouveau déferler en masse dans les rues de Paris. Un an après le vote de la réforme ferroviaire, les cheminots se sont donné rendez-vous, aujourd’hui, à l’appel de toutes les organisations syndicales (CGT, SUD, Unsa et CFDT). Un combat unitaire, dans la foulée d’une des plus grandes mobilisations sociales à la SNCF, au printemps 2018, contre le pacte ferroviaire porté par un exécutif coutumier du passage en force. « Cette réforme était mauvaise », expliquent les syndicats, sa mise en application est pire. « Les objectifs fixés par le gouvernement l’année dernière, en matière de développement du service public et de simplification du système n’ont tout simplement pas été suivis d’effet », explique Erik Meyer, secrétaire fédéral SUD rail. Pour le syndicaliste, le bilan est alarmant : « Aucune des garanties sociales mises sur la table pour faire passer la pilule de la réforme n’est à l’ordre du jour. Cette loi est dogmatique et a simplement servi au gouvernement à faire passer ses trois marqueurs politiques : concurrence, privatisation et casse du statut des cheminots. »

Évolutions de carrières empêchées, mobilités forcées...

Si la réforme de 2014 avait déjà scindé le système ferroviaire en trois établissements publics distincts, celle de 2018 consacre « l’atomisation du rail », accuse Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots. Ainsi, la séparation par activités et par produits, renforcée par la transformation juridique de la SNCF en différentes sociétés anonymes et filiales, isole les cheminots qui « perdent le sens de leur travail ». Évolutions de carrières empêchées, mobilités forcées, compétition entre activités, le cloisonnement à l’œuvre « menace le groupe de dislocation », insiste Laurent Brun. « L’ambition de Guillaume Pepy (président de la SNCF – NDLR), c’est que chaque société anonyme gagne en autonomie et devienne totalement indépendante l’une de l’autre, jusqu’à gérer sa propre politique salariale, son organisation du travail, etc. », poursuit Erik Meyer, qui dénonce une SNCF « gérée comme une multinationale classique ».

Ouvertes en parallèle sur trois fronts, dans l’entreprise, au niveau de la branche et au niveau national en amont de la publication des décrets d’application de la réforme, les négociations censées fixer des garanties sociales à la transformation du système, elles, patinent. « Le gouvernement n’a toujours pas pris l’ensemble des mesures prévues par cette loi », rappellent les syndicats, qui taclent les promesses de concertation non tenues et des engagements financiers non respectés. Résultat, dénoncent les organisations, « des lignes ferment par manque de moyens pour les régénérer ». « Et ce que le gouvernement n’a pas pu faire rentrer dans sa réforme, il l’a imposé dans la LOM (la loi d’orientation des mobilités actuellement en débat au Parlement – NDLR), en ouvrant, par exemple, la possibilité de confier la gestion de l’infrastructure à un opérateur privé », explique Laurent Brun.

Pour ce qui est de la branche, « aucune des promesses n’est tenue », affirme le secrétaire général de la CGT cheminots. Le patronat du rail fait blocage et la convention collective de haut niveau vantée par le gouvernement ne verra pas le jour. Preuve en est, « le gouvernement a anticipé l’échec de la négociation en préparant un décret qui lui permettra de fixer lui-même le contenu de la convention collective nationale », poursuit Laurent Brun. Sans compter que « des pans entiers de métiers, aujourd’hui cheminots, pourraient être sortis de cette convention collective pour être rattachés à celles du bâtiment, des travaux publics, de l’informatique, et même, des remontées mécaniques », note Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT cheminots.

Quant à l’accord d’entreprise, « les négociations sont au point mort », déplorent les syndicats. Le dialogue social à la SNCF est « impossible », selon la CFDT, et l’ambiance dans l’entreprise « détestable », dénonce la CGT. Les syndicats actionnent l’alarme sociale : « Le malaise est grand et profond. Le corps social est heurté et les protections disparaissent. L’inquiétude est là, palpable (…) et le mépris est pour l’instant la seule réponse de la direction. »

Marion d’Allard

Réforme ferroviaire. Les cheminots fondent l’acte II de la riposte

Mercredi, 29 Mai, 2019

Près d’un an après le vote du pacte ferroviaire, les syndicats dénoncent ses conséquences et renouent avec l’unité d’action en mobilisant les cheminots le 4 juin.

Les cheminots ont fait le bilan et il est alarmant. D’une seule voix, les syndicats appellent à nouveau leurs troupes à la mobilisation le 4 juin contre l’application d’une réforme qu’ils ont combattue, dans l’unité et pendant plus de trois mois, il y a tout juste un an. « C’est l’acte II », une « nouvelle étape », c’est « bien plus qu’un coup de semonce », ont indiqué hier face à la presse les représentants des quatre organisations représentatives à la SNCF (CGT, SUD, Unsa et CFDT). « Ce que nous suspections (…) est désormais en train de se réaliser, dans toute la violence sociale que cela représente pour les cheminots et les usagers », a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, dénonçant, à plusieurs reprises, « l’ambiance détestable » qui règne dans l’entreprise.

« Ce sont les salariés qui paient la facture »

Alors que le pacte ferroviaire imposé par l’exécutif à coups d’ordonnances consacre l’ouverture à la concurrence, la transformation juridique de l’entreprise publique en sociétés anonymes à multiples filiales et l’abandon du recrutement des cheminots au statut, « ce sont les salariés qui paient la facture. On nous avait promis un pacte social et une convention collective de haut niveau, mais rien n’a avancé. Rien », s’est indigné Erik Meyer, secrétaire fédéral SUD rail. Face à un patronat qui « fait blocage » sur la négociation de branche, face à une direction qui laisse au point mort les négociations sur l’accord d’entreprise et face à un gouvernement qui ne respecte ni ses engagements financiers, ni ses promesses de concertation sociale préalable à la publication des décrets d’application de la réforme, les cheminots tirent la sonnette d’alarme. « La manifestation du 4 juin est déjà un succès, 9 000 cheminots se sont inscrits dans le mouvement pour la seule CGT », a insisté Laurent Brun. Des cheminots « laissés pour compte et qui éprouvent un très fort sentiment de casse de leur outil de travail et de destruction programmée du service public ferroviaire », a enchaîné Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT cheminots. Et le responsable syndical va même plus loin. « Nous avons à la SNCF les mêmes ingrédients en termes de risques psychosociaux qu’à France Télécom à l’époque de la vague de suicides. » Même discours chez SUD rail, qui fait « clairement le parallèle entre la situation à la SNCF et l’actuel procès Lombard (ancien dirigeant de France Télécom mis en examen pour harcèlement moral – NDLR) ».

« Les licenciements finissent par devenir un outil de régulation »

Toute à ses obsessions de réductions des coûts de production, la direction laisse se généraliser les pressions sur les agents, dénoncent les syndicats. Ainsi, « les cheminots subissent restructuration sur restructuration, détruisant les collectifs de travail, le contenu des métiers, les compétences et le sens même de nos engagements professionnels », note Laurent Brun. Pis, poursuit le cégétiste, « les salariés dont l’employabilité n’est pas maximale, à savoir les plus anciens, ceux qui ont des inaptitudes ou des handicaps, ou encore ceux dont les compétences ne sont plus recherchées, sont de plus en plus brutalement poussés vers la sortie ». Et pour couronner le tout, rappelle Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire, « les négociations annuelles obligatoires s’orientent vers une cinquième année consécutive de gel des salaires ».

Dans ce paysage chaotique, « la séparation par activités et la segmentation des métiers détruisent le service public ferroviaire », poursuit Roger Dillenseger. Et chaque nouvelle réorganisation se traduit « sans exception par des suppressions de postes ». Fermetures de guichets, de dessertes, multiplication de la sous-traitance, c’est « l’atomisation du réseau » qui se trame, pointe Laurent Brun, qui redoute qu’à l’instar du privé, « les licenciements finissent par devenir un outil de régulation ». En somme, résument en lettres capitales les tracts appelant à la mobilisation du 4 juin, « la coupe est pleine ».

Marion d’Allard
Gare de Morlaix - manif intersyndicale des Cheminots le 23 mai 2019 (photo Ismaël Dupont)

Gare de Morlaix - manif intersyndicale des Cheminots le 23 mai 2019 (photo Ismaël Dupont)

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