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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 18:40
Arthur Hay, secrétaire général CGT du premier syndicat des coursiers à vélo, candidat sur la liste de Ian Brossat (L'Humanité, 13 mai 2019 - Marion d'Allard)

Une bataille pour la reconnaissance des salariés ubérisés

Lundi, 13 Mai, 2019

Arthur Hay, Secrétaire général CGT du premier syndicat de France des coursiers à vélo.

Arthur Hay a 30 ans et depuis plus de trois ans il arpente, à vélo et sac au dos, les rues de Bordeaux. Il est un « ubérisé » comme ont dit, coursier pour le compte de la plateforme de livraison de repas à domicile Deliveroo. « J’ai pris conscience très vite que mon contrat ne me protégeait pas, que la plupart de mes conditions de travail se résumaient en des engagements oraux, ou l’envoi de mails fixant ma tarification », se souvient Arthur. Mais c’est la fermeture du service de livraison de Take eat easy, autre mastodonte du secteur, qui va servir de détonateur. « Ça a été pour moi et pour beaucoup de coursiers, un réveil nécessaire. Nos collègues se sont retrouvés sans boulot, prévenus par mail ou par texto. C’est à ce moment-là que nous avons compris notre fragilité, notre réelle dépendance aux plateformes », poursuit Arthur Hay. Deliveroo se nourrit sur la bête et récupère coursiers et clients à son défunt concurrent. C’est à ce moment-là que la start-up créée, pour les coursiers transfuges de Take eat easy, un contrat « 100 % à la tâche », instaurant, de fait, une concurrence entre les nouveaux et les anciens coursiers, toujours payés à l’heure. Face à l’urgence, la riposte s’organise. « On a commencé à faire des réunions sur Bordeaux, pour en discuter entre nous et de collectifs informels, on a rapidement ressenti un besoin de structuration », explique Arthur. L’idée de se rassembler sous l’étiquette CGT ne fait alors guère de débat. « C’est un syndicat puissant, qui se bat réellement pour les droits des travailleurs et qui nous a très vite apporté de précieux conseils et un soutien logistique ».

Pour autant, Arthur Hay garde le sentiment amer que le syndicalisme est en train de « passer à côté d’un enjeu énorme ». « Nous sommes 100 000 travailleurs ubérisés en France, et la propagation de ces nouvelles formes d’exploitation est invraisemblable » explique le jeune coursier à vélo. Pour lui, organiser la lutte est un casse-tête. « Se syndiquer nous expose à des déconnexions arbitraires et il est extrêmement difficile de construire le rapport de force avec un turn-over de 3 ou 4 mois dans nos professions ». Le syndicaliste l’avoue, il n’a pas de « solution miracle ». Mais dans un contexte politique défavorable, avec un gouvernement plus attentif aux arguments des plateformes qu’à la défense des travailleurs, « le monde syndical devrait prendre notre situation à bras-le-corps », estime le jeune cégétiste. « Nous nous sommes structurés, nous avons réussi à gagner la bataille de l’information, mais maintenant, conclut-il, nous avons besoin de moyens pour gagner le droit d’être protégés par la loi et de vivre dignement de notre métier ». M. D’A.

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