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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 16:16
Fabien Roussel et Julien Lauprêtre

Fabien Roussel et Julien Lauprêtre

Cheminot, Résistant, communiste, infatigable militant du bonheur des Hommes, Julien Lauprêtre nous a quittés. Je pense aujourd’hui aux centaines de milliers de familles, d’enfants qui ont retrouvé le sourire et une part de dignité grâce au Secours populaire sous sa présidence.

Déclaration de Fabien ROUSSEL

Secrétaire national du Parti communiste français

 

Avec Julien Lauprêtre, disparaît une grande figure du combat pour la justice et la dignité.

Parce qu’il avait chevillé au corps, depuis son plus jeune âge, le principe de fraternité proclamé par notre République, Julien Lauprêtre aura consacré l’essentiel de sa vie à l’animation du Secours populaire, dont il sera devenu la figure centrale depuis 60 ans.

C’est sous son impulsion que l’association sera devenue l’un des principaux recours des oubliés et des victimes d’un système capitaliste qui reproduit en permanence ses insupportables privilèges et inégalités. C’est aussi grâce à lui qu’elle sera devenue, en 1985, un « Établissement d’utilité publique ». Et c’est encore grâce à son inépuisable énergie qu’elle se sera toujours placée en première ligne des actions de solidarité avec celles et ceux qui affrontent les humiliations du quotidien comme les grandes tragédies humaines, des résistants espagnols à la dictature de Franco aux opposants chiliens au général Pinochet, du peuple vietnamien écrasé par la plus puissante armée du monde aux populations de Palestine sous les bombes, des enfants victimes du SIDA aux rescapés des grandes catastrophes naturelles.

Avec Julien Lauprêtre, le Secours Populaire aura inscrit tous ses engagements sous le mot d’ordre : « Nos vies s’appellent solidarité. » Il avait coutume d’invoquer les « nouvelles résistances » qu’il convenait d’organiser, et les plaçait dans la continuité du programme du Conseil national de la Résistance. À l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, en 1989, il avait même lancé une campagne autour de « nouveaux cahiers de doléances », initiative quoi prend de nos jours une singulière résonance.

Aujourd’hui, dans un monde en convulsions, la précarité et la misère saccagent d’innombrables vies, l’accès aux droits fondamentaux comme à la culture n’est plus garanti pour des dizaines de millions d’êtres humains, les libertés fondamentales sont remises en questions dans de très nombreux pays, l’humanité se voit mise en péril p,ar le dérèglement climatique. Jamais nous n’aurons eu autant besoin de cette vision plaçant l’Humain au cœur des politiques publiques. Les familles qui, chaque année dans notre pays, auront connu pour un court moment le bonheur des vacances, peuvent en témoigner.

Les communistes ne sauraient, au demeurant, oublier que Julien Lauprêtre aura fait ses premiers pas militants dans les rangs du PCF. Fils de cheminot communiste et syndicaliste CGT, lui-même tailleur de glace, il rejoindra la Résistance aux heures les plus noires de l’Occupation. Il intégrera alors le réseau clandestin de la Jeunesse communiste, sera arrêté en 1943, et partagera la cellule de Missak Manouchian, figure emblématique de l’Affiche rouge et de la Main-d’œuvre immigrée. Cela le marquera pour le reste de son existence et l’amènera, après la Libération, à devenir l’un des responsables nationaux de la JC puis du Parti communiste français. Il sera ainsi, trente ans durant, membre de son comité central. Bien qu’ayant décidé de se consacrer exclusivement aux activités du Secours populaire, après 2000, il se retrouvera encore très souvent à nos côtés dans le combat sans cesse renouvelé en faveur d’un autre avenir pour l’humanité. Il était ainsi venu faire partager aux membres du conseil national sa grande inquiétude devant la gravité de la situation des droits humains fondamentaux en France et dans le monde.

Aujourd’hui, tous les humanistes, tous les progressistes se sentent orphelins. Julien Lauprêtre restera pour chacun et chacune un exemple de courage, d’humanité et de détermination. Il va terriblement manquer à l’action contre l’ordre absurde de notre société.

Au nom du Parti communiste français, j’adresse mes condoléances émues à ses quatre enfants et à sa famille. Et je veux assurer ses proches, ses amis du Secours populaire, de toute notre affection et de notre solidarité.

FABIEN ROUSSEL, secrétaire national du PCF

 

Julien Lauprêtre vient de nous quitter.
Président du Secours Populaire, il était la générosité faite homme.

Merci Julien, pour ce que tu étais, pour tout ce que tu as fait, et qui nous donne envie de poursuivre le combat.

Ian Brossat, porte-parole du PCF, candidat aux Européennes de la liste l'Europe des gens contre l'Europe de l'argent

 

Hommage de Jean Dréan, militant du PCF Morlaix, en maison de retraite à Quimper

Un sacre bonhomme. Depuis 3 on 4 ans, on tentait d'obtenir la légion d'honneur pour François Paugam Homme des luttes sociales.. Responsable du secours populaire de morlaix. Un dossier en béton établi par le commissaire Le Borgne. Ca ne passait pas. A la fete de l'huma le passage de Julien: une idée de génie, je lui en parle..... 15 jours plus tard un coup de fil du commissaire....Francois Paugam officier de la légion d'honneur. Une première a Morlaix.....une céremonie grandiose à la mairie.... Alain David l'acteur actif d'une céremonie digne d un empereur.... La fédé des cheminots au premier rang. Le camarade Andouard  que j'ai rencontré plus tard en gare de Saigon- Ho-chi-minh ville.. .en mission de formation des cheminotes viets au syndicalisme. De quoi écrire un vrai roman......on ne va pas continuer à se laisser berner par le président des riches... A la lutte camarades..... " Jean Dréan

 

Hommage de Pierre Outteryck

Depuis 1995, Julien Lauprêtre m'a accompagné au sein du Secours populaire français.
Grâce à lui j'ai acquis la certitude que personne ne pourra briser ma force et ma volonté de participer à la transformation du monde et en même temps d'aider chaque jour tous ceux qui souffrent.

Le président Julien Lauprêtre répétait : "ce que nous faisons au Secours populaire ne règle rien et en même temps c'est tellement important, tellement essentiel pour toutes celles et tous ceux que chaque jour nous aidons."
Handicapé, je partage pleinement cette philosophie profondément humaniste.

Je suis acteur de cette belle campagne Ouvrir le Panthéon au monde ouvrier, Martha Desrumaux, pour une ouvrière au Panthéon !
Le président Julien Lauprêtre s'était engagé dans cette campagne d'autant plus que depuis les années 30 Martha était une grande amie du Secours populaire.
Oui, Martha a toute sa place au Panthéon, Julien Lauprêtre l'a lui aussi !
Et avec lui d'autres grandes figures défendant la Solidarité, la Justice et la Paix comme l'Abbé Pierre, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Soeur Emmanuelle et Joseph Wresinski.

Pierre Outteryck

 

Julien Lauprêtre, le président du Secours populaire est décédé - L'Humanité

Vendredi, 26 Avril, 2019

Le Secrétariat national du Secours populaire et la famille ont annoncé ce vendredi matin le décès de Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, à 93 ans.

Communiqué du Secours Populaire Français.
Le Secrétariat national du Secours populaire et la famille ont l’immense tristesse d’annoncer le décès de Julien Lauprêtre, Président du Secours populaire français, survenu à 93 ans, dans un hôpital parisien des suites d’une chute pour laquelle il avait été hospitalisé.
Plus qu’un Président, c’est un ami que tous les membres du Secours populaire ont perdu aujourd’hui. Julien se présentait toujours comme « bénévole à Paris ». C’est vrai qu’il n’était pas un Président ordinaire. Sa porte et son écoute étaient ouvertes à tous, sans distinction, à n’importe quel moment de la journée. Une humanité, une simplicité et une sincérité qui allaient droit au coeur des 80 000 bénévoles de l’Association.
Julien aimait répéter : « La solidarité ne règle pas tout, mais pour celles et ceux qui la reçoivent, elle est irremplaçable. » Et il ajoutait aussitôt cette phrase d’Henri Barbusse : « La solidarité, ce ne sont pas des mots, mais des actes. » Toute sa vie, Julien a refusé l’inacceptable, la pauvreté, l’injustice. Toute sa vie a été orientée vers les autres. Il a fait de la solidarité son combat quotidien, et du Secours populaire, un grand mouvement de solidarité populaire.
Dès son arrivée en 1954, Julien et un petit groupe d’hommes et de femmes vont faire du Secours populaire, l’une des plus importantes associations de solidarité de notre pays. Très vite, il a compris que l’association avait tout à gagner à se recentrer sur son rôle d’association de solidarité plutôt que d’intervenir sur le champ politique. Il en a fait une association rassemblant toutes les bonnes volontés pour que se développe une solidarité populaire indépendante des pouvoirs établis, qu’ils soient publics ou privés, philosophiques, confessionnels, politiques ou syndicaux.
Au Secours populaire, nous sommes quotidiennement les témoins de ceux qui vivent un véritable parcours du combattant pour régler leurs factures, faire trois repas décents par jour, se soigner… Nous sommes aussi les témoins, avec nos partenaires dans le Monde, des situations des enfants, des femmes, des hommes qui luttent pour survivre. La pauvreté est là. Elle ne recule pas. Elle s’aggrave.
Avec une ténacité incroyable, Julien a fait front pour ne pas laisser la désespérance prospérer. Il a sillonné le monde, fait le tour de notre pays pour mobiliser les bénévoles à agir sans relâche pour les personnes dans la précarité, et sensibilisé les dirigeants à la lutte contre la pauvreté en France, en Europe et dans le Monde.
Il avait aussi à coeur d’offrir aux enfants l’opportunité de prendre la parole, d’agir, de s’organiser. C’est ainsi qu’est né en 1992 le mouvement d’enfants bénévoles au Secours populaire, les « copains du Monde ».
Il a consacré sa vie pour que celles et ceux qui n’ont rien, ou si peu, relèvent la tête et soient plus forts pour s’en sortir grâce à la solidarité, dans une démarche d’égal à égal entre celui et donne et celui qui reçoit.
Aujourd’hui, les membres du Secours populaire sont plus que résolus à continuer son combat pour faire triompher l’entraide et la solidarité et faire reculer la pauvreté et l’exclusion.

 

 

JULIEN LAUPRÊTRE, TITI PARISIEN DES BARRICADES ET MIRACULÉ DE LA PLACE DU COMBAT

Le président du Secours populaire français a lancé un groupe de résistance dès l’âge de seize ans. Un exemple emblématique de l’audace de ces jeunes qui ont su défier l’occupant et joué un rôle majeur, avec la Jeunesse communiste clandestine, dans la libération de Paris.
Il est si jeune, et c’est déjà un homme. Julien Lauprêtre affiche dix-huit ans à peine lorsqu’il pose à côté de la barricade édifiée en bas de chez lui, fin août 1944, rue Érard, dans le 12e arrondissement de Paris. Sur cette photographie, le visage juvénile contraste avec la posture bien campée de celui qui en a beaucoup vu. Il a déjà passé cinq mois en prison pour propagande anti-hitlérienne, appris le métier d’ouvrier spécialisé dans le taillage de miroirs, parti pour l’exil, devenu l’un des responsables parisiens de la Jeunesse communiste clandestine. Il n’a encore que dix-sept ans quand il rencontre, dans les geôles de la préfecture de police, Manouchian et des hommes de l’Affiche rouge. Une rencontre qui marquera pour toujours la vie de celui qui deviendra le président du Secours populaire français (SPF). Mais, avant même d’être ballotté par les soubresauts de la grande histoire, le jeune Julien a été l’un de ces jeunes titis parisiens anonymes qui, dans leur quartier, dans leur rue, ont fait montre d’une incroyable audace face à l’occupant. Et il incarne l’irréductible esprit de liberté des militants de la Jeunesse communiste clandestine, qui ont joué un rôle majeur dans la libération de Paris.
Comme son père, Julien est rapidement 
fiché, traqué et recherché
Dès 1942, échauffé par les tracts que lui donne son père, syndicaliste cheminot passé dans la clandestinité dès 1941, Julien Lauprêtre monte un groupe avec deux copains d’école du 12e arrondissement. « Nous n’étions pas très organisés mais nous avons commis quelques faits d’armes… Le plus important, ce fut d’enlever la barrière qui empêchait le passage des Parisiens devant la caserne de Reuilly, occupée par les Allemands. Nous sommes allés la briser dans les escaliers du métro Faidherbe-Chaligny. » Les trois compères ne s’arrêtent pas en si bon chemin. « Nous changions l’orientation de tous les panneaux de signalisation en allemand, et passions consigne aux enfants du quartier d’envoyer en sens inverse les soldats qui demandent leur chemin. » Julien entre ensuite en contact avec la Jeunesse communiste clandestine. Leurs actions prennent alors une tout autre dimension. Les « Mort aux boches » écrits à la craie deviennent des énormes graffitis à la peinture Minium. « Nous balançions les tracts en vélo au marché d’Aligre ou ailleurs et nous organisions des prises de parole dans les cinémas, par groupes de trois. Si le premier se dégonflait, le deuxième prenait le relais, et pareil pour le troisième… » Opération réussie : les salles ont dû rallumer la lumière pendant les actualités allemandes. Parallèlement, Julien Lauprêtre devient apprenti dans une miroiterie pour aider sa mère. Comme son père, Julien est rapidement fiché, traqué et recherché. Jusqu’au jour où son « contact 01 », responsable de plusieurs groupes de jeunes, se fait pincer. Affreusement torturé, le camarade parle et les brigades spéciales envoient Julien à la préfecture de police. Il y partagera, huit jours durant, la même cellule que des FTP-MOI du groupe Manouchian. À quelques jours de son exécution, le chef de l’Affiche rouge lui dira alors : « Toi, tu vas t’en sortir. Alors promets-moi d’être utile aux autres, de continuer le combat tant que règne l’injustice sur cette terre. » « Je m’en souviens comme si c’était hier », confie l’octogénaire qui préfère évoquer ses batailles futures avec le SPF que l’anniversaire de ses dix-huit ans, célébrés derrière les hauts murs de la prison de la Santé. Après cinq mois d’enfermement, il parvient à sortir avec une promesse d’embauche. Mais le service du travail obligatoire le rattrape. Julien se réfugie chez des parents, à Oullins, en banlieue lyonnaise. Il n’y restera que quelques semaines. Dès qu’il apprend le débarquement allié en Normandie, il prend le train « pour libérer Paris ». Il retrouve enfin son père, qui organise l’insurrection décisive des cheminots. Lui se charge de lancer la première barricade dans le 12e arrondissement, au pied de l’immeuble familial. Il se démultiplie. Un peu trop même. Quelques jours après la libération de la capitale, il distribue un tract avec le titre « Vengeons Pimpaud », qu’il croit fusillé. Marcel Pimpaud, devenu entre-temps le lieutenant-colonel Dax, était un ex-secrétaire de la JC du 12e arrondissement parti avec les Brigades internationales. « Tandis que je continuais ma distribution, un gaillard me met la main sur l’épaule, et me dit : “Pimpaud, c’est moi ! Maintenant tu poses tes tracts et je vais t’apprendre à faire des cocktails Molotov.”. » Finalement, il ne sera pas de la lutte armée. Ce qui ne l’empêche pas de passer à deux doigts de la mort, sur la – bien nommée – place du Combat (ancien nom de la place du Colonel-Fabien). « Nous avons été chargés d’aller chercher des armes avec un camion à gazogène, rue de Flandre. Nous sommes tombés sur des nazis. Mon responsable s’est enfui et s’est fait tirer dessus. Je suis descendu avec le chauffeur, les mains à l’air, des Luger pointés sur ma nuque. Les Allemands m’ont fait traverser la place. Des corps jonchaient le sol, le long de la rue. Je pensais que j’allais mourir. Quand soudain, un traction avant FFI arriva et déclencha une fusillade. J’ai filé à l’anglaise. » Un véritable miracle. Avant même la fin des combats, Julien Lauprêtre sera chargé, par le Conseil national de la Résistance, de réquisitionner des locaux pour installer des organisations démocratiques. Boulevard Diderot, il débarque avec son revolver au QG des collabos du RNP pour en faire le siège du Parti communiste. Rue Érard, il installe le local de la Jeunesse communiste. « Les jeunes y ont afflué de manière impressionnante. On pouvait revivre. C’était une nouvelle vie. » Une nouvelle vie de combat.

Julien Lauprêtre

Julien Lauprêtre

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