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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 16:11

 

En dépit du vote de la loi Egalim promise par le président  de la République le 11 octobre 2017 à Rungis et votée par le Parlement le 2 octobre 2018, les négociations annuelles, qui viennent de se terminer entre les distributeurs et leurs fournisseurs, ont été aussi difficiles que les années précédentes. Résultat : les prix agricoles demeurent anormalement bas en ce début d’année 2019 dans la plupart des secteurs.

Le Salon de l’agriculture a fermé ses portes hier soir. Durant neuf jours, les bêtes de concours et les produits transformés dans les stands des régions de France comme dans ceux de l’outre mer ont donné une belle image du savoir faire paysan. Mais ces hommes et ces femmes exercent un métier dans lequel le travail n’est pas payé à la hauteur des efforts fournis par la profession. Plusieurs statistiques publiées ces derniers jours nous montrent une situation complexe, dans laquelle une vache aurait du mal à retrouver son veau, comme on dit à la campagne.

L’INSEE nous apprenait la semaine dernière que l’augmentation moyenne des prix sur un an a été de 1,3%. L’augmentation moyenne des prix alimentaires serait de 2,7% sur la même période, tirée par les « produits frais » dont les prix seraient en hausse de 8,3% sur douze mois. Dans une autre étude, l’INSEE indique que de novembre 2018 à janvier 2019 inclus, « le chiffre d’affaire réalisé par les grandes surfaces alimentaires augmente de 1% par rapport à  la même période un an plus tôt. Toujours sur ces trois mois, les clients des grandes surfaces ont consacré 0,5% d’argent de plus que durant la même période un an plut tôt aux achats de nourriture, ce qui veut dire qu’ils ont acheté moins en volume compte tenu de la hausse moyenne des prix alimentaires de 2,7% sur cette période par rapport aux mêmes mois un an plus tôt. Ils ont dépensé 1,1% de moins pour l’achat de produits non alimentaires. Mais c’est sans doute parce qu’ils ont dépensé 7,8% de plus durant ces trois mois que durant les mêmes mois un an plus tôt pour l’achat de carburants. Voilà des chiffres qui expliquent aussi le départ de l’action revendicative des « gilets jaunes » en novembre 2018.

Les prix payés aux paysans ne suivent pas ceux payés en magasin

S’agissant des prix payés aux paysans, ceux du porc charcutiers n’étaient que de 1,17€ le kilo de carcasse le 25 février dernier contre 1,40€ en Allemagne. Celui des veaux de boucherie était inférieur de 2,8% au prix de l’an dernier à la même époque. Le prix de la tonne de blé tendre après voir tenu le cap des 195€ durant les mois d’automne est tombé à 189€ depuis deux semaines. Celui du blé dur, qui sert à fabriquer des pâtes, est tombé à 215€ la tonne alors qu’il se vendait 244€ en 2016. Le prix de la betterave à sucre est en chute libre depuis la sortie des quotas de production, victime des conséquences de la surproduction mondiale. L’Union européenne a contribué à ce désastre qui débouche sur des fermetures de sucreries en France. Elle n’a tenu aucun compte du précédent stupide que fut la sortie des quotas laitiers en avril 2015. Depuis cette date, le prix des 1.000 litres de lait au départ de la ferme - qui était tombé à 270€ en 2016-  est encore entre 330 et 350€ selon les laiteries contre 370€ de moyenne en 2014 alors que les coûts de production ont sensiblement augmenté depuis.

Emmanuel Macron a voulu une loi inefficace

En 2017, le président Macron avait promis une loi qui devait, selon lui, aboutir à mieux rémunérer le travail des paysans. Cette loi a été votée le 2 octobre 2018. Elle devait se traduire en mars 2019  par une remontée des cours au départ de la ferme suite aux négociations commerciales entre les distributeurs et leurs fournisseurs qui se sont terminées le 28 février dernier. Mais, au dernier jour de cette négociation qui a duré trois mois, l’Association nationale  des industries alimentaires (ANIA) déclarait que « les dernières remontées des box de négociations ne sont pas à la hauteur des espoirs soulevés. Selon l’ANIA les négociateurs des centrales d’achat de la grande distribution pratiquaient toujours « un chantage pour le prix le plus bas avec des menaces de déréférencement effectifs pour la majorité des entreprises. Les PME sont la variable d’ajustement au cours de ces négociations commerciales », déplorait l’ANIA le 28 février.

En effet, les grandes entreprises comme Lactalis pour les produit laitiers et Bigard pour la viande, peuvent tenir tête aux grandes enseignes qui ont besoins de leurs gros volumes de produits siglés « Président » ou « Lactel » par Lactalis, mais aussi Charal » par Bigard. Mais les PME n’ont pas cette puissance, surtout quand elles travaillent à façon pour des marques de distributeurs. D’où cette conclusion de Richard Girardot, président de l’ANIA : «pour la grande majorité des 18.000 entreprise, la déception est grande», au terme de cette négociation annuelle.

Invité hier matin sur la chaîne d’information en continu CNEWS, Didier Guillaume, ministre de l’agriculture, a concédé que le prix du lait en ce début d’année est loin du « prix d’objectif » de 39 centimes permettant couvrir les coûts  de production et de rémunérer le travail des producteurs. Il a fait la mêle remarque concernant le prix d’objectif de la viande bovine qui est de 4,90€ le kilo de carcasse alors que le prix moyen payé actuellement n’est que de 3,50€. «Une marche a été franchie, mais nous ne sommes pas monté à l’étage» a commenté le ministre.

 

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