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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 07:35
Agnès Varda a marqué les esprits par ses choix esthétiques et idéologiques (Pierre Dharréville et Fabien Roussel - PCF)

Agnès Varda a marqué les esprits par ses choix esthétiques et idéologiques (Pierre Dharréville et Fabien Roussel - PCF)

Elle a été la femme de la Nouvelle vague, auteure d’une cinquantaine d’œuvres. Son travail a encore été récemment célébré en février où elle a reçu la caméra de la Berlinade 2019. Expérimentatrice de génie, créatrice audacieuse, sa vie et son œuvre échappent à toute définition. Elle a travaillé tous les genres du cinéma, de la fiction au documentaire… Sans être militant son cinéma était en prise avec la réalité du monde, porté par un questionnement progressiste. Elle compagnonnait entres autres avec le mouvement féministe, comme en témoigne par exemple « L’une chante, l’autre pas ».

« Beaucoup de mes films sont aimés, disait-elle, et ça c’est une récompense extraordinaire ». En parlant de son documentaire « Varda par Agnes », elle expliquait : « c’est une façon de dire au revoir, parce que je ne veux plus parler de mes films ».

Les communistes lui disent au revoir et s’inclinent devant cette femme de convictions ayant bâti une œuvre précieuse et originale.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Pierre Dharréville, Responsable de la commission Culture au PCF, député des Bouches-du-Rhône,

Le 29 mars 2019.

Clap de fin pour Agnès Varda

Vendredi, 29 Mars, 2019

La cinéaste, une des rares réalisatrices de la « Nouvelle vague » est décédée dans la nuit de jeudi à vendredi. Elle avait 90 ans.

 

Infatigable, Agnès Varda devait ce week-end inaugurer une exposition à Chaumont-sur-Loire. Mais dans la nuit de jeudi à vendredi ses forces l’ont définitivement abandonnée et elle est morte à l’âge de 90 ans. Depuis des mois elle luttait contre un cancer.

Née en Belgique en 1928, elle fut cinéaste, mais aussi photographe et plasticienne. Réalisatrice de documentaires elle signa aussi des films de fiction et fut une des rares femmes réalisatrices de la Nouvelle vague conduite par Truffaut, Godard, etc. Elle a été la compagne du cinéaste Jacques Demy.

La cinéaste reçoit un César d'honneur en 2017

On lui doit notamment Cléo de 5 à 7 réalisé en 1962 ; Ulysse en 1984, récompensé du César du meilleur court-métrage documentaire ; Sans toit ni loi,  Lion d’Or à la Mostra de Venise en 1985 ; Les glaneurs et la glaneuse en 2000 ; ou encore Les plages d’Agnès en 2009, César du meilleur film documentaire. Au chapitre des récompenses, signalons encore un César d’honneur en 2001 pour l’ensemble de son œuvre ; le prix René Clair de l’Académie Française en 2002 ; une Palme d’honneur à Cannes en 2015 ; un Oscar d’honneur en 2017 ; la Caméra de la Berlinade en 2019.

Dans son dernier documentaire Varda par Agnès diffusé le 18 mars dernier sur Arte, et que l’on peut voir en replay jusqu’au 17 mai, la cinéaste se livrait à une longue confession/introspection. Elle y expliquait notamment son attrait pour filmer la vie autour d’elle : « J’aime les documentaires, et je sais qu’il y en a de très beaux, qui ont été faits loin dans le monde. Moi j’ai envie de filmer ce que je connais. ‘’Daguerréotypes’’ a été fait dans la rue où j’habite ».

Gérald Rossi avec l'AFP

Agnès Varda ou le bonheur de glaner en famille

Vendredi, 29 Mars, 2019

Par Michèle Levieux.

Agnès a toujours fait partie de ma vie et de la nôtre bien sûr. Adolescente rebelle, j’ai découvert le Bonheur (1965) qui m’a conforté dans le fait que nous n’étions nullement obligés de vivre selon la bien « pensance » environnante. Puis j’ai vu la Pointe courte (1955), c’était l’époque où mes Universités se tenaient entre deux palais, celui des papes à Avignon où régnait le théâtre et Jean Vilar et celui de Chaillot où régnait un autre « pape », du cinéma cette fois, Henri Langlois L’ombre d’Agnès n’était jamais loin. Elle photographiait alors autour de Gérard Philipe, Jeanne Moreau et Philippe Noiret toute la troupe du Théâtre National Populaire avant qu’à la Cinémathèque française nous puissions y découvrir ses premiers films. Et je n’oublierai jamais que le son strident des trompettes annonçant le début imminent des représentations du TNP qui nous faisait courir dans les couloirs du théâtre de Chaillot était celui des joutes de Sète, la ville de Jean Vilar où Agnès, la petite grecque née à Bruxelles, en 1928, avait passé la première partie de sa vie. D’où la Pointe courte, du nom du quartier des pêcheurs sétois, avec Philippe Noiret, qui a fait d’Agnès Varda la grande sœur de la Nouvelle vague. 
 
Très vite, c’est la famille Varda-Demy qui fera partie de notre vie puis de notre patrimoine national. Avec Rosalie, la fille aînée puis Mathieu, le petit. La famille s’agrandit en musique avec Michel Legrand, qui dans Cléo de 5 à 7 (1962) contribue en personne à l’œuvre, puis avec une kyrielle d’acteurs, Catherine Deneuve et Michel Piccoli en tête, en inoubliable couple des Créatures (1966), Sandrine Bonnaire, toute jeune en Mona dans Sans toit ni loi (1985), film qui valut à Agnès un Lion d’or à Venise. Mais surtout en évoquant Agnès, il me revient une foule de souvenirs. Le premier est sûrement lié à sa défense de la photographie en 1983, lorsqu’elle initie à la demande de FR3, une émission qui se nommait « Une minute pour une image » avec Ulysse, une photo prise en 1954 et représentant une chèvre morte, un enfant et un homme nu au bord de la mer. « En fouillant le sable de la mémoire, on tombe sur des os… » disait Agnès à ce propos, elle qui s’était faite des plages sa demeure de prédilection ne cessera de fouiller le sable et de se battre pour la mémoire. A travers celle de la rue Daguerre à Paris, qu’elle habitait, elle évoquera dans Ulysse, un film court autour de la fameuse photo, César du meilleur court métrage en 1982, « la maladie d’un enfant, cette chère rue Daguerre alors populaire, l’intégration des Républicains espagnols, le Théâtre national populaire, l’amour familial et le temps qui n’est plus le même quand on regarde le bord de l’eau ». 
Jacques Demy disparu, Agnès lui a « fait » un film sur son enfance et son immédiat amour du cinéma, Jacquot de Nantes (1991). Nous l’avons présenté au festival de Moscou dans un joyeux désordre perestroïkien, le son étant trop fort, Agnès voulait absolument aller dans la cabine et lorsqu’enfin par un petit escalier en colimaçon nous sommes arrivées là, la vodka coulait à flot parmi les projectionnistes. Ignorant qui nous étions, ils nous ont tout de suite invités à boire avec eux. Dans ces rares cas, Agnès pouvait être désarmée… Lorsqu’au cours d’un dîner avec Aleksandr Sakourov à Paris, Agnès m’a fait part de son projet de fêter non pas les vingt ans de la disparition de Jacques (1990) comme le proposait la ville de Nantes en 2010 mais plus joyeusement les cinquante ans du tournage de Lola (1960) - toujours un anniversaire mais vivant ! -, j’ai vraiment été très heureuse de faire partie de la sortie en « famille » en compagnie d’Anouk Aimée, Michel Piccoli, et tous les Varda-Demy. Je me souviens à cette occasion de ma rencontre lors d’un dîner à la Cigale où le fantôme de Lola, en présence d’Anouk, planait plus que jamais, avec l’ami de Los Angeles, Alain C. Ronay, qui intime de Jim Morrison, me contait en compagnon de route, les aventures américaines de Jacques et Agnès. A l’époque de Lions Love (1968), alors que Robert Kennedy était assassiné et qu’un coup de feu avait été tiré sur Andy Warhol.
 
Après son film les Glaneurs et la Glaneuse (2000) et la découverte d’une petite caméra, Agnès se fait elle-même glaneuse en toute légalité. Je me souviens des pommes de terre en forme de cœur qu’elle avait incorporées dans une installation exposée à La Rochelle. Les dernières fois que j’ai rencontrées Agnès, elle était toujours joyeuse : il y a un an, elle exposait des cabanes, petites et grandes, dans une galerie du Marais. De bon matin, tout de rose vêtue, avec un sac à main de couleur rose fluo en plastique - Agnès aimait le côté fluo du plastique - elle m’a fait visiter ses cabanes. J’étais particulièrement touchée par les tournesols dans « la serre du bonheur », recouverte de la pellicule du film, le Bonheur, en entier. Puis j’ai revu Agnès en février dernier à Berlin, lors d’une cérémonie qui ressemblait à des adieux : elle recevait la Caméra de la Berlinale, avec panache comme toujours et s’adressait à nous - nous faisant revivre notre propre vie - en revisitant avec humanité et humour son immense voyage dans le cinéma, présentant son ultime œuvre, Varda par Agnès (2019). « Voilà, tout est simple », disait encore hier Agnès Varda, « on part d’une petite rêverie et ça devient une œuvre. » 

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