Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 18:09
La morlaisienne Pauline Seigland, productrice de film, césarisée pour un court-métrage social:  On s’est battus pour ça toute notre vie ! (Le Télégramme, 24 février 2019)
 

La 44cérémonie des César a récompensé, vendredi, le film « Les Petites mains », un court-métrage à la tonalité sociale. Originaire de Morlaix (29), sa productrice, Pauline Seigland, confie son émotion.


Le film que vous avez produit, « Les Petites Mains », a reçu le César du meilleur court-métrage. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ?

J’étais très émue, extrêmement émue. Je suis contente de ne pas trop avoir pleuré et d’avoir pu dire mon discours ! Mais c’était quelque chose d’incroyable, je n’ai pas dormi de la nuit, et j’ai dû prendre le train dès le matin, à 7 h… C’était fou ! On a fait tout un parcours, et ils ont gravé le nom du réalisateur, on est allés manger au Fouquet’s, on a fait la fête toute la nuit, on a rencontré des gens qu’on admirait… On a eu des mots émouvants de Xavier Legrand - qui a reçu le César du meilleur film pour « Jusqu’à la garde » NDLR -, c’était super. Pour nous, ce qui arrive, c’est hyper important. C’est l’espoir d’arriver à faire des longs-métrages, on s’est battus pour ça toute notre vie ! Et les gens qu’on a rencontrés ce soir-là se souviendront de nous ensuite.

Petite, vous alliez souvent au cinéma La Salamandre, à Morlaix. C’est ce qui vous a donné envie d’y consacrer votre carrière ?

J’ai été y voir beaucoup de films en grand écran, c’est vrai. Mais j’ai aussi des parents cinéphiles, et notamment ma mère, qui est comédienne.


Vous pensiez alors que vous réussiriez à travailler dans ce milieu ?

Je ne me suis jamais dit que ce n’était pas possible. J’ai toujours fait des études en lien avec le cinéma, d’abord au lycée, puis en BTS, et enfin à l’école des Gobelins. Très tôt, je savais que ce que je voulais faire, c’était de la production. C’est un métier où on est indépendant et où on a un libre arbitre, ça me correspondait ! Je suis une fille un peu frondeuse, battante, j’ai de l’énergie, et il faut toutes ces qualités. En vrai, mon rôle, c’est juste de savoir lire et compter : je lis des scénarios, je fais des retours et je recherche de l’argent pour rendre le film possible…

« Aujourd’hui, il est difficile de financer un film qui ne soit pas une comédie potache à plus de 4 millions d’euros » 

Au moment de recevoir le prix, vous avez tenu à défendre le cinéma indépendant. Quelle vision du cinéma voulez-vous porter ?

Pendant la cérémonie, le chef décorateur Michel Barthélemy (récompensé pour les décors des « Frères Sisters » NDLR ) a fait un discours très engagé et militant : ça coûte peut-être cher de faire des films, mais ça apporte aussi une richesse. Il faut garder ce travail en France. Moi, je voulais dire que c’est à nous, jeunes producteurs, de faire le cinéma de demain. Il faut préserver les films d’auteur, notamment pour ceux qui débutent. Aujourd’hui, il est difficile de financer un film qui ne soit pas une comédie potache à plus de 4 millions d’euros, il faut donc défendre les dérogations au code du travail qui nous permettent de les réaliser.

« C’est une marque de confiance, les gens vont croire en nous et vont soutenir nos projets » 

Quelles nouvelles portes va vous ouvrir ce César ?

Ça va surtout nous permettre d’avancer sur les projets déjà existants. C’est une marque de confiance, les gens vont croire en nous et vont soutenir nos projets. Avec Films grand huit, on produit des films de recherche, des films d’auteur, des visions d’un réalisateur sur le monde. Ce ne sont pas du tout des films formatés. Une reconnaissance comme un César, ça permet aussi de dire que ces gens-là sont intéressants, qu’il faut les suivre.

Votre court-métrage raconte l’histoire d’un ouvrier qui enlève l’enfant de son patron pour empêcher la fermeture de son usine, il parle de violence sociale. Quand vous avez choisi de le produire, vous imaginiez qu’il pouvait faire autant écho à l’actualité ?

C’était déjà beaucoup d’actualité. On l’a commencé au moment de la lutte de l’usine Fralib ( qui a lutté contre sa fermeture de septembre 2010 à mai 2014 NDLR). C’est quelque chose qui ne s’arrête jamais d’être d’actualité. C’est la réalité du monde capitaliste dans lequel on vit.


Est-ce que vous reviendrez à Morlaix présenter votre film ?

Oui, bien sûr ! La cinémathèque me l’avait proposé, alors on va le faire. Je suis en tournage encore quelques semaines, mais on va pouvoir organiser ça après. On va faire une soirée, ça va être super !

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011