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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 06:50

 

Sur les 15 derniers jours,  nous avons examiné au Sénat  le projet de loi Croissance et transformation des entreprises, dit Pacte.

Au sein de ce véritable mastodonte de près de deux cent articles, nous avons eu notamment à examiner plusieurs projets de privatisation : Engie, la Française des Jeux et ADP. Les discussions furent ani­mées sur le projet de privatisation Aéro­ports de Paris.

Tout d’abord, parce que nous parlons d’un groupe qui gère les 13 aéroports franci­liens et détient des participations dans 26 aéroports de 30 pays différents, avec des revenus en augmentation. Quelque 102 millions de passagers ont utilisé les aéro­ports franciliens en 2017 et Roissy-CDG devrait avoir à gérer un flux de 120 millions de passagers annuels d’ici à 2023, date de mise en service du terminal 4, ce qui en ferait le premier aéroport européen.

Ensuite, les aéroports sont des biens communs, au même titre que des autoroutes, les ports, les monuments, etc. Le précédent de 2006, à savoir la privatisation des autoroutes, pour lesquelles les actionnaires ont réussi à rentrer dans leur argent en dix ans et augmentent sans scrupules leurs profits, devrait inciter le gouvernement à davantage de prudence, de même que la privatisation de l’aéroport de Toulouse en 2014, véritable échec du ministre de l’Économie de l’époque… Emmanuel Macron. Le désengagement de l’État de secteurs stratégiques auquel nous assistons pose des problématiques de souveraineté et de sécurité. ADP constitue notre princi­pale porte d’entrée sur le territoire.

Enfin, n’oublions pas également les enjeux en termes d’emploi, alors que depuis l’ouverture du capital, deux mille emplois ont déjà été supprimés, et les enjeux en termes de maîtrise du foncier et donc, d’aménagement du territoire, poin­tés par les élus locaux. Pourquoi cette volonté de privatisation d’ADP ? Pour alimenter un fonds pour l’innovation, qui pourrait tout aussi bien être alimenté par les dividendes que génère ADP en restant public.

Pour terminer, il se murmure que Vinci, déjà actionnaire minoritaire, pourrait être intéressé… Donc, avec une précédente indemnisation pour l’abandon de Notre-Dame-des-Landes et son indemnisation en tant qu’actionnaire minoritaire suite à la privatisation d’ADP, si elle avait lieu, il se pourrait bien que Vinci tente d’acquérir un quarante-septième aéroport, avec l’argent des contribuables ! Si la privatisation avait lieu, cela pourrait donner dans quelques années un nouveau scandale politico-financier.

Avec notre groupe CRCE et le groupe socialiste, nous étions unanimes pour mettre en échec cette privatisation. La surprise est venue de la majorité sénatoriale et notamment du groupe Les Républicains qui ont très majoritairement voté contre également. Les raisons sont diverses, mais le fait de brader un monopole naturel, même chez les libéraux les plus convaincus est une aberration économique et sociale.

Il faut mettre cette question d’intérêts général sur la place publique, avec les salariés et les citoyens, pour ne pas que le gouvernement, avec l’aide de la majorité à l’Assemblée nationale, privatise Aéroports de Paris. 

 

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