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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 13:41
Dans le Pas-de-Calais, Ian Brossat face à un concentré de défis européens (Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 28 janvier 2019)

Dans le Pas-de-Calais, Ian Brossat face à un concentré de défis européens

Lundi, 28 Janvier, 2019

Le chef de file du PCF pour les européennes a sillonné vendredi le Pas-de-Calais. Sur fond de Brexit, de mise en concurrence des salariés et de destruction des services publics, il appelle à reprendre le pouvoir sur l’argent.

Le manteau de neige qui recouvre le Pas-de-Calais s’efface sous la pluie. Mais c’est un autre maillage menacé qu’est venu voir Ian Brossat : celui de l’emploi et des services publics. À Boulogne-sur-Mer, 5 000 personnes travaillent dans la zone de Capécure. Le premier port de pêche de France a peur. « Avec le Brexit, il y a un risque que l’on ne puisse plus pêcher au large de l’Écosse », s’alarme-t-on. Boulogne, c’est aussi la première plateforme de transformation du poisson d’Europe. « Mais c’est facile à délocaliser. En cas de Brexit dur, les Hollandais tenteront tout pour capter les flux maritimes », préviennent André et les syndiqués de la CGT marée. « Quand on pense que Marine Le Pen a applaudi le Brexit des deux mains, alors qu’un tiers des emplois ouvriers sont désormais menacés ici… », souffle Ian Brossat. Loin de tout débat abstrait, le chef de file du PCF pour les Européennes souligne que la vie quotidienne sera bel et bien au cœur du scrutin du 26 mai prochain.

Le candidat veut interdire les délocalisations dans l’UE

« Je ne vois pas d’une part la colère sociale et de l’autre ces élections, d’autant qu’il y a aujourd’hui la même logique à Paris et en Europe », insiste-t-il devant salariés et élus rassemblés à Béthune. David, de Bridgestone, dénonce le chantage à l’emploi organisé dans son entreprise : « On nous demande de travailler 39 heures payées 37, sans quoi il n’y aura pas d’investissement. Mais on a aucune garantie sur le maintien de l’emploi pour les 1 100 salariés. » Le groupe a beau faire 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 2 milliards de bénéfices, il ne se gêne pas pour opposer les gars du coin à ceux des sites en Pologne, Espagne, Italie et Slovaquie. « Il faut interdire les délocalisations internes à l’Union européenne, soit la moitié de celles qui frappent la France », propose Ian Brossat. Défenseur d’une Europe de la coopération qui abandonnerait le dogme de la concurrence, il invite aussi à ce que les travailleurs détachés aient un contrat et un salaire identiques à ceux des Français.

Les communistes souhaitent de plus en finir avec l’austérité, qui va de pair avec la marchandisation des services publics. « On a perdu 75 postes en 2014, et on vient d’apprendre que 80 suppressions de plus sont prévues. C’est simple : ils sont en train de tuer l’hôpital public. Dans notre bilan, il n’y a plus rien sur l’humain, que du financier et du déficit provoqué », s’indigne Pascal Fovet, secrétaire CGT du centre hospitalier Béthune-Beuvry. Sur place, le service de cardiologie est en train de fermer pour se concentrer à Lens, où l’hôpital local a déjà perdu 140 lits (160 de plus sont menacés). Et tant pis si le taux de mortalité dans le bassin lensois dépasse de 38 % la moyenne nationale… « Les personnels donnent tout ce qu’ils peuvent. Ils se battent pour garantir la qualité des soins et rentrent écœurés chez eux », pointe Pascal. « La pneumologie, c’est fermé partout. Il n’y en a plus que dans le privé à Bois-Bernard », s’indigne dans la foulée la sénatrice PCF Cathy Apourceau-Poly. Quant au parking de l’hôpital public d’Arras, il est devenu payant…

Aucune fatalité pourtant. Comme l’a rappelé Ian Brossat lors de son meeting à Calais, les richesses créées chaque année continuent d’augmenter en Europe. « Elles sont passées de 15 000 milliards d’euros il y a dix ans à 17 000 milliards aujourd’hui. Mais en même temps, le nombre de travailleurs pauvres européens est passé de 7 % à 10 %. » C’est dire l’ampleur du vol. Et le candidat d’attaquer frontalement la fraude et l’évasion fiscales, qui coûtent chaque année 1 000 milliards d’euros aux Européens. « Les bénéfices réalisés en France doivent être imposés en France », martèle enfin celui qui propose de s’organiser à l’échelle du continent pour mettre fin au dumping fiscal et social.

Aurélien Soucheyre
Dans le Pas-de-Calais, Ian Brossat face à un concentré de défis européens (Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 28 janvier 2019)

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