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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 07:09
 
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Lettre de circonscription
Le front des luttes grandit
Samedi 8 décembre 2018
 
 
 
 
J’ai vécu dix jours sans trêve, au diapason de l’actualité. Mini-plénière à Bruxelles, visite des prisonniers politiques catalans à Lledoners près de Barcelone, fête de l’Humanité Bretagne sur fond de mobilisation des gilets jaunes, de nouveau Bruxelles pour le paquet mobilité puis Munich et enfin Sète.

Ne pas passer à côté de l’essentiel...

L’essentiel est depuis trois semaines juste sous nos yeux, sur les ronds-points ou les péages des autoroutes. On peut s’interroger sur l’hétérogénéité des revendications, le jusqu’au-boutiste voire la violence du mouvement des gilets jaunes.

Ces interrogations, elles ont été miennes - et le sont encore - car nous voyons bien que nous sommes sur une ligne de crête où toutes les bascules sont possibles. L’état de division de la gauche de transformation est, à mes yeux, l'un des problèmes de fond car sans cette unité-là, il n’y aura pas de perspective de victoire pérenne.

Mais la peur n’empêche pas le danger. La colère exprimée par les gilets jaunes est au diapason de la violence et du mépris social du pouvoir et des puissances de l’argent envers les plus démunis. Il y a déjà plusieurs décennies que les gouvernements successifs font les mêmes choix dévastateurs.
 
Aujourd’hui, on atteint en France un point de rupture : nous sommes dans un pays dans lequel certains comme Bernard Arnaud gagnent presque 3 millions d’euros toutes les heures tandis que le plus grand nombre n’arrive pas à joindre les deux bouts et survivent ; nous sommes dans un pays dans lequel le Président, le Premier Ministre et l'ensemble des troupes LREM mènent une politique en faveur de ces nantis.
 
« Notre cap est le bon. Quand vous voulez atteindre le sommet d’une montagne il faut garder votre objectif. Mais si le chemin est trop difficile à grimper pour les plus fragiles, les premiers de cordées doivent ajuster le chemin pour ne laisser personne sur le bord de la route » expliquait encore en début de semaine la secrétaire d’Etat à l’égalité...

Nous devons rester solidaires de l’urgence sociale et démocratique car la question qui nous est collectivement posée aujourd’hui est celle de l’issue du mouvement. Ces derniers jours offrent des possibilités pour des convergences impossibles : avec les salariés en lutte, avec les jeunes, avec ceux qui manifestent pour le climat.

Ce samedi 8 décembre puis le 14 décembre pour la journée d'actions sur le SMIC et les minima de branches vont marquer deux nouvelle étapes importantes du mouvement auxquelles il faut rajouter le mouvement lycéen et étudiant qui grandit. La répression dont les jeunes font l’objet ces dernières 48 heures constitue un élément particulièrement important, parce que le gouvernement choisit sciemment l’affrontement et joue les pompiers pyromanes. Elle génère également un réaction de solidarité de nature à élargir et souder les bases de la mobilisation sociale et citoyenne.

Enfin, l’action des parlementaires PCF conjuguée à celle venant de LFI et du PS est exemplaire : on ne peut que constater que les mesures annoncées ne permettent pas une sortie de la crise... Ce que nous exigeons, c'est une revalorisation des pensions et minimas sociaux, l’augmentation du SMIC et le rétablissement de l’ISF. Je suis donc fière de la motion de censure qui sera déposée par toute la gauche le 10 décembre. C'est ensemble que nous créons la possibilité d’une alternative à la politique de Macron !

D’autres initiatives se multiplient ouvrent à des convergences : j’ai moi-même signé une tribune publiée dans Libération appelant à un changement de cap : https://www.liberation.fr/debats/2018/12/06/justice-sociale-justice-climatique-c-est-un-changement-de-cap-qu-il-faut-imposer_1696384

En Europe aussi !

Mais des manifestations massives, il n'y en a pas qu'en France : il y en a aussi en Grèce et en Catalogne, contre l’austérité et pour le climat. Lundi 3 décembre, aux portes du Parlement Européen, les syndicats de routiers de toute l’Union européenne se sont remobilisés contre le dumping social, le détachement et pour préserver leurs droits ; la colère sociale dépasse nos frontières.

À Munich, en réunion publique comme quand j’ai rencontré les élus de Die Linke au conseil municipal, nous avons évoqué la France et le mouvement des gilets jaunes. Ce regard extérieur m’a permis moi même de voir à quel point le mouvement des gilets jaunes générait de l’espoir dans les rangs militants. Et c'est tant mieux.
 
 
 
 
 
N'abandonnez pas les routiers ! 14 eurodéputés écrivent à la ministre des transports
 
Au début de l’été, le paquet mobilité a été rejeté par le Parlement européen. L’action conjuguée des syndicats de la route et des eurodéputés, dont ceux du groupe GUE, ont permis d’arracher le vote d’ une majorité d’élus pour mettre en échec les trois rapports sur le ratio travail-temps, les temps de repos/cabotage et le travail détaché, tous porteurs d’une logique de mise en concurrence et d'exploitation féroce.
 
Cela a constitué une première victoire pour les routiers et, disons le tout net, un point d’appui pour tout le secteur du transport. Une victoire sûrement insupportable aux yeux de Bruxelles qui a choisi de tout faire pour corriger le tir avant la fin du mandat... soit avant juin 2019.

Dès lors, la machine à mater les résistances s’est de nouveau mise en route : ce lundi 3 décembre s’est donc tenue un Conseil des Ministres des Transports de l’Union européenne pour décider au sommet du sort des travailleurs routiers. Elisabeth Borne était présente.

Avec 13 autres eurodéputés français, nous avons adressé à la ministre française des transports, un courrier pour lui rappeler de tenir bon sur les positions suivantes qui avaient scellé les votes français ces derniers mois :
  • la garantie que les conducteurs soient rémunérés de manière égale sur le même territoire ;
  • des conditions de travail et de repos dignes pour les conducteurs routiers ;
  • l’interdiction du repos dans le véhicule ;
  • des règles de détachement strictes et applicables au premier jour ;
  • le retour régulier des conducteurs à leur domicile et des véhicules dans leur État membre d’établissement.

Au diapason d’un gouvernement qui plie rapidement devant l’intérêt supérieur de la finance et du dumping social, la ministre française a certes aidé sur quelques bonnes préconisations mais a cédé et en a laissé filer bon nombre. Ainsi, si le fait de statuer sur l’interdiction du repos en cabine est une très bonne nouvelle pour les routiers à travers l’Europe, l’accord du Conseil est passé complètement à côté d’autres besoins.

D’abord, et c'est le plus grave, la période de référence pour le calcul des temps de conduite et de repos passe de 2 à 4 semaines. Concrètement, on passe de 2 semaines de conduite avec 3 jours de pause à 3 semaines de conduite avec 2 jours de pause. C'est un rallongement du temps de travail inacceptable tant pour les conditions de travail inhumaines qu’elles représentent que pour le réel danger en termes de sécurité routière qu’il peut introduire. De plus, le retour au centre opérationnel de l’entreprise est une véritable aberration car il conduira à des pratiques contre-productives avec des routiers qui peuvent se retrouver, en début de période de repos, à des centaines de kilomètres de leur domicile !

Enfin, l’accumulation d’exceptions au statut de travailleur détaché, comme l’exception bilatérale, l’exception en transit ou encore l’exception du transport combinés conduiront à une mise en concurrence des travailleurs entre eux à l’échelle européenne et à des rémunérations inégales.

Elisabeth Borne est passée ici à côté d’une occasion historique pour la France de peser afin d’améliorer le sort des routiers européen. Dès le 10 janvier, le débat redébutera au Parlement européen avec le vote en commission des transports et j’ai bien l’intention de reprendre la bataille. Le combat des routiers est un combat pour la dignité au travail et pour une Europe sociale qui protège les droits des travailleurs. Protéger la route et les routiers c’est ouvrir la voie d’une Europe des transports où puissent cohabiter justice sociale écologie et citoyenneté. Nous serons jusqu’au bout dans ce combat à leurs côtés.
 
 
 
 
Lycéens d'avant, nous n'avons jamais connu la répression actuelle
 
 
Nous avons manifesté lorsque nous étions lycéens. Nous avons organisé ou animé des mouvements lycéens, face à des gouvernements de droite ou de gauche.
Nous avons bloqué nos lycées, occupé les rues sous le Général De Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard D’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Hollande.
Aucun d’entre nous n’a jamais été mis en garde à vue parce que nous avions peint des slogans hostiles aux pouvoirs en place ou lancé des œufs.
Jamais nous n’avons été placés en garde à vue pour « intrusion dans un établissement scolaire » parce que nous venions participer à une Assemblée Générale.
Nous n’avons pas été gazés à bout portant devant nos lycées, nous n’avons pas reçu de tirs de grenade de désencerclement en essayant de les bloquer, nous n’avons pas été réprimés aussi systématiquement.
Une étape a été franchie.
Aujourd’hui, à leur tour, certains de nos enfants, des enfants de nos amis et leurs copains et copines se mettent en mouvement. La répression que subissent les lycéens qui manifestent ces jours-ci est disproportionnée.
Nous sommes inquiets.
 

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