Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 14:12

 

Si les transports en commun ne peuvent pas remplacer la voiture, surtout en milieu rural, seul leur développement peut en faire vraiment reculer l’usage.

Quand le prix des cigarettes monte, le nombre de fumeurs diminue : c’est ce principe que le gouvernement prétend reproduire avec les prix des carburants, affirmant qu’il faut maintenir leur augmentation pour réduire les émissions de CO2 dues aux transports. Sauf que ça ne peut pas marcher, car si fumer est un vrai choix, prendre sa voiture pour se déplacer résulte le plus souvent d’une contrainte. D’ailleurs, une grande partie de la politique de ce gouvernement – comme de ceux qui l’ont précédé – consiste, sans le dire, à contraindre les Français à prendre de plus en plus leur voiture. Ceux-ci le savent bien, et ce double langage n’est pas pour rien dans la colère qui se manifeste avec le mouvement des « gilets jaunes ».

Rouvrir des petites lignes

Permettre aux Français de réduire leur dépendance à la voiture passe forcément par leur proposer des alternatives valables et économes en carbone, à commencer par les transports en commun. Or, on est loin du compte. Si à Paris et dans une poignée de très grandes villes, on peut assez aisément se passer de voiture, dès qu’on s’éloigne un tant soit peu – que ce soit vers les zones périurbaines ou rurales –, ce n’est plus du tout le cas. Au contraire. Dernier exemple en date, et non des moindres : la « réforme » de la SNCF. L’un de ses objectifs les plus connus n’est-il pas la fermeture, à plus ou moins brève échéance, des « petites » lignes ? Celles, précisément, qui joignent entre elles petites et moyennes villes de province, irriguent au passage nombre de bourgs et évitent autant de trajets en voiture. Depuis de nombreuses années, le mouvement de réduction des dessertes et des fréquences (qui permet à la SNCF de tirer argument des baisses de fréquentation) est à l’œuvre. Mais les fermetures de lignes, fermetures de gares, fermetures de guichets promettent de se multiplier. L’enjeu est majeur, au point que l’économiste Jean Gadrey proposait la semaine dernière de « bloquer immédiatement non pas les routes mais… les projets actuels de fermetures de lignes, de gares ou de guichets de la SNCF ».

Le financement de ces alternatives est un enjeu majeur. Et les idées ne manquent pas : mettre fin à la détaxation du kérosène utilisé dans les avions et du fioul lourd utilisé dans le transport maritime ; baisser, comme le propose le PCF, la TVA sur les transports publics à 5,5 % (au lieu de 10 %) ; élargir l’assiette du versement transport des entreprises… Une écologie « non punitive », qui permettrait d’investir dans les transports non polluants et de les mettre à la disposition de tous – y compris gratuitement, comme un certain nombre de villes moyennes l’ont déjà fait. Car c’est bien une affaire de volonté politique.

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011