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10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 08:03

 

En dépit des 100 milliards versés à fonds perdus sur les comptes bancaires des entreprises en six ans, le niveau du chômage est plus haut en 2018 qu’en 2012. Parallèlement, le déficit de notre commerce extérieur continue de se creuser tandis que le budget prévu pour l’an prochain risque de faire croître la pauvreté en France avec des effets récessifs pour l’économie du pays.

 

Dans l’Humanité du 4 octobre, un article de Marion d’Allard rappelait quelques chiffres qu’il convient de garder en tête, cinq ans après la mise en place « Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE). L’article faisait état du récent rapport du «comité de suivi », lequel révélait que sur les trois premières années du CICE de 2013 à 2015 inclus, ce dispositif avait coûté 47,8 milliards d’euros aux finances publiques. D’après les calculs de ce même comité, cette somme aurait permis de créer ou de maintenir un total de 100.000 emplois environ sur la même période. Ainsi le prix de revient de la création ou du maintien de chaque emploi ainsi préservé sur le sol français via le versement du CICE a coûté la coquette somme de 478.000€. Cela fait 13.300 euros d’aide par mois de perçu par un patron pour chaque emploi créé ou maintenu, quand le smicard qui occupe cet emploi doit se contenter d’un salaire net mensuel 11 fois plus bas !

Un cadeau de 100 milliards d’euros sans création d’emploi

Il faut ici se souvenir que le CICE prend la forme d’une aide directe versée aux entreprises au terme de chaque exercice annuel pour tous les salaires ne dépassant pas  2,5 fois le SMIC, quelle que soit l’entreprise et quels que soient les profits qu’elle réalise ; quelques que soient aussi les dividendes versés aux actionnaires chaque année, fut-ce au détriment des salaires accordés aux travailleurs et des investissements qui n’ont pas été faits pour améliorer la productivité et la qualité des produits. Depuis près de six ans, l’argent de nos impôts versé au patronat au titre du CICE s’élève à environ 100 milliards d’euros. Pour autant, la situation de l’emploi n’est pas meilleure qu’en 2013.  Néanmoins, Emmanuel Macron et le gouvernement ont décidé qu’à partir de 2019 l’argent donné à tous les patrons au titre du CICE sera transformé « en baisse pérenne de cotisations sociales pour les entreprises ».

Pas plus qu’il  n’a amélioré la situation de l’emploi en France, le « pognon de dingue » englouti dans la CICE n’a pas permis de réduire le déficit  annuel de notre balance commerciale. Selon les chiffres donnés le 5 octobre par les douanes, le déficit commercial de la France s’est élevé à 5,6 milliards d’euros pour le seul mois d’août 2018 après un trou de 4,3 milliards d’euros en juillet. Sur les 12 derniers mois il atteint la somme de 61,9 milliards d’euros. Les douanes nous disent que « les approvisionnements en pétrole raffiné rebondissent après le recul de juillet et ceux en hydrocarbures naturels se maintiennent à très haut niveau, comme les deux mois précédents». Quoi d’étonnant quand la réforme de la SNCF sert réduire le fret ferroviaire tandis que l’éloignement du lieu de résidence du lieu de travail du fait de la spéculation immobilière entraîne un recours accru à la voiture individuelle pour aller au travail comme pour faire ses courses ?

Le déficit de la balance commerciale continue d’augmenter

Du côté des exportations, les choses de vont pas mieux. En témoigne ce résumé d’une dépêche de l’Agence France Presse (AFP) dans laquelle on peu lire : «  les excédents se sont réduits pour les produits pharmaceutiques et les produits agricoles, en raison d’un rebond des achats. Par région, le solde commercial s’est détérioré par rapport à l’Union européenne « en raison d’une hausse des importations plus prononcée que celle des exportations», a expliqué Bercy, nous dit l’AFP. A sa manière, Bercy doit donc constater que les 100 milliards versés en six ans au patronat français n’ont pas réduit le déficit de notre balance commerciale, bien au contraire. D’ailleurs même  « l’excédent des services a reculé de 6,4 à 6,2 milliards en août, par rapport à juillet.

Nous savons que l’agriculture est l’un des rares secteurs économiques dont les exportations sont supérieures aux importations. Les vins et spiritueux, les céréales, le lait de vache et les bovins vivants ou de boucherie sont les principaux secteurs excédentaires. Mais notre excédent agricole risque aussi de baisser pour plusieurs raisons. Les vins vinifiés en 2017 sont en vente désormais et la récolte de l’an dernier fut très inférieure à la moyenne des cinq années précédentes. En 2018, du fait de la sécheresse, la récolte céréalière a aussi sensiblement diminué et il n’est pas prouvé que la hausse des prix puisse compenser la baisse des volumes durant la campagne en cours. Du fait des conséquences de la sécheresse qui perdure depuis le mois de juillet, la production laitière est aussi en train de baisser  tandis que son prix de revient ne cesse d’augmenter. Du coup,  le prix du lait au départ de la ferme ne couvre pas les coûts de production. Il en  va de même pour la viande bovine dont les volumes de vente à l’export pourraient augmenter dans les prochains mois du fait d’une « décapitalisation » forcée imputable du manque de nourriture du bétail dans les fermes. Mais dans ce cas, les prix de vente, qui ont déjà commencé à baisser, pourrait encore chuter davantage en raison d’une offre supérieure à la demande. Et tout indique déjà que la loi sur l’alimentation votée par la majorité LaREM au Parlement ne permettra pas de partir des coûts de production pour fixer les prix de vente. Ce qu’Emmanuel Macron avait promis le 11 octobre 2017 dans son discours de Rungis.

Attention aux effets récessifs en 2019 et 2020

Par ailleurs, d’autres choix  budgétaire annoncés pour 2019 et 2020 risquent d’avoir un effet  récessif sur l’économie du pays en raison de la baisse du pouvoir de plusieurs dizaines de millions de Français. Le pouvoir d’achat de l’immense majorité des retraités a reculé de 1,83% en raison de l’augmentation de 1,7%  de la CSG sur les pensions brutes décidée par le gouvernement afin qu’une petite augmentation des salaires de leurs salariés ne coûte pas un seul centime aux patrons. Le gouvernement a également décidé de réduire à nouveau pouvoir d’achat de tous les retraités en 2019 et en 2020 en  limitant à 0,3%  l’augmentation des pensions deux années de suite. Cela pourrait se traduire par une nouvelle perte de pouvoir d’achat de 3% sur deux ans. La même punition doit être infligée aux bénéficiaires de l’Aide Personnalisée au Logement  (APL) et aux parents de deux enfants et plus. En effet, l’APL et les allocations familiales ne doivent augmenter que de 0,3% par an en 2019 et en 1020. Les effets cumulés de ces trois mesures seront douloureux pour plus du tiers de la population française et les plus grands perdants seront les ménages modestes qui n’avaient déjà pas la possibilité d’épargner et qui devront encore se priver davantage au quotidien.

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