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20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 05:37

 

Le leader historique du FN n’a jamais reculé devant un moyen d’acquérir, de préserver ou d’accroître sa fortune. Même par personne interposée, la Suisse ou la mer des Caraïbes est moins une question de tourisme que d’affaires.

«Je ne suis pas du tout dans l’affaire des Panama machin ! » En avril 2016, la révélation par la presse internationale de centaines de fraudeurs fiscaux dans ce qu’on appellera les Panamas Papers atteint par ricochet Jean-Marie Le Pen, le leader historique du Front national (il rebaptisera l’affaire « Panama Pampers »). Il aurait confié à son homme de confiance – et trésorier de son microparti, Cotelec –, Gérald Gérin, la dissimulation d’une partie de sa fortune sur un compte HSBC à Guernesey, puis à la Compagnie bancaire helvétique (CBH) aux îles Vierges britanniques, via la firme panaméenne au cœur du scandale, Mossack Fonseca. Lui se dit « victime collatérale » de l’affaire, et sa fille Marine Le Pen, bien qu’en froid avec lui, prend son parti en défendant ses proches (également prestataires principaux du FN), eux aussi visés par les révélations, et en dénonçant « le pouvoir de nuisance de la finance mondialisée qui joue contre l’intérêt général ».

Une partie de l’affaire avait été dévoilée par Mediapart un an plus tôt. Le site évoquait un signalement de Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy, qui ciblait Balerton, un trust immatriculé aux îles Vierges donc, mais géré depuis Genève, dont l’ayant droit serait depuis 2008 l’assistant de Jean-Marie Le Pen. Selon ce signalement, le trust comprendrait un compte abondé à hauteur de 2,2 millions d’euros, dont 1,7 sous forme de lingots et de pièces d’or. Le plus vieux des Le Pen, son épouse et Gérald Gérin, donc, étaient tous trois visés par une plainte du fisc pour « fraude fiscale aggravée ». En novembre, la demeure familiale des Le Pen de Montretout, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), et les maisons de Rueil-Malmaison et La Celle-Saint-Cloud étaient perquisitionnées.

Jean-Marie Le Pen n’est pas un novice en matière de dissimulation. Le leader d’extrême droite, qui a grandi dans une famille très modeste, a su mettre sa famille à l’abri du besoin. Lui qui confiait à Henry Chapier, sur son Divan, le 9 décembre 1989, n’avoir « aucun problème avec l’argent » doit sa bonne fortune… à celle des autres. En 1976, il hérite de son « camarade » nationaliste Hubert Lambert, des ciments du même nom, après tractations avec la famille qui s’estimait lésée. Entre 30 et « 40 millions de francs lourds », selon son ex-femme Pierrette, interrogée par Genève Home Informations après son divorce, en décembre 1987, plus l’hôtel particulier de Montretout (estimé à plus de 6 millions d’euros), un immeuble rue du Cirque, dans le 8e arrondissement de Paris… La somme équivaut « au salaire qu’un ouvrier de Lambert aurait pu espérer toucher en l’espace de… dix siècles », relevaient Jean Chatain et Maryse Lelarge dans l’Humanité du 23 septembre 1987.

Dans un manuscrit jamais publié mais dont le site Internet Bakchich livrait des extraits en juin 2010, l’ex-épouse du patriarche Le Pen, 90 ans aux cerises, décrit comment il a « nargué le fisc », « reprochant à l’administration de l’avoir dépouillé (…) alors que l’essentiel de cet héritage se trouve en Suisse », à la fondation Saint-Julien, ce que confirmaient des enquêtes de l’Événement du jeudi et du Canard enchaîné. Pierrette Le Pen brosse le portrait du pourfendeur du « capitalisme apatride » en porteur de valises dans Genève Home Informations : « Jean-Marie a demandé que cette fondation soit réalisée, en liquide, et l’argent a été déposé à l’UBS et nous avons mis de l’argent à la banque Darier. » De temps à autre, Pierrette Le Pen sera chargée par son mari de retirer de ce compte des « petits nègres », code correspondant à 10 000 francs de l’époque. La Suisse, les îles Vierges britanniques… Et Le Pen qui est toujours contre la binationalité !

Grégory Marin

 

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