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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 05:42

Après une audition à l'Assemblée nationale, Gérard Collomb devait répondre le 24 juillet aux questions de la commission d'enquête du Sénat. Parmi ses interlocuteurs, le sénateur communiste Pierre Laurent a posé trois questions restées sans réponse.

Ce 24 juillet, la séance de questions/réponses n'était pas terminée pour Gérard Collomb : après son passage devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale réunie commission d'enquête, il a dû répéter l'exercice devant les sénateurs.

Les interrogations du sénateur communiste Pierre Laurent, qui est revenu sur des questions déjà posées la veille, illustrent les frustrations parlementaires quant au manque de précision et de communication des membres du gouvernement dans l'affaire Benalla.

Un proche de Collomb a-t-il embauché Benalla ?

L'élu PCF a questionné Gérard Collomb sur sa connaissance ou non d'Alexandre Benalla avant la révélation de l'affaire dans Le Monde, le 18 juillet : «Ma question porte sur les incohérences de vos déclarations, monsieur le ministre d'Etat : votre principal collaborateur depuis des années à Lyon [...] et qui est aujourd'hui votre chef de cabinet, Jean-Marie Girier, a été directeur de campagne d'Emmanuel Macron. C'est lui qui a recruté monsieur Benalla, fin 2016, dans l'équipe de campagne de Macron. Comment pouvez-vous prétendre, vu votre proximité personnelle avec monsieur Girier, ne pas connaître monsieur Benalla ?»

«Le système de copinage va-t-il perdurer ?»

Pierre Laurent s'est également demandé si certains protagonistes mis en cause dans l'affaire allaient éventuellement bénéficier d'un traitement de faveur et si le «système» mis en place par la présidence allait perdurer à l'Elysée : «Concernant le fonctionnaire de police de la DOPC (Direction de l'ordre public et de la circulation) appartenant à l'Etat major, monsieur Philippe Mizerski, qui a déjà été évoqué dans certaines auditions, qui est, semble-t-il, le tuteur de monsieur Benalla et qui lui aurait remis les attributs de police, n'a pas été mis en examen alors que trois autres policiers ont été mis en examen. Qu'est-ce qui nous garantit que ce système de copinage qui a protégé monsieur Benalla et dont a parlé monsieur Delpuech, ne va pas perdurer dans le système de sanctions qui est en train de se mettre en place ?»

Les policiers unanimes contre Benalla... Collomb n'en-a-t-il jamais eu vent ?

Enfin, Pierre Laurent a souligné l'étrangeté de la situation qu'ont décrit les syndicats policiers auditionnés au Sénat avant le ministre de l'Intérieur : en tant que premier policier de France et représentant de premier plan des forces de sécurité, comment Gérard Collomb n'a-t-il jamais été mis au courant des relations exécrables qu'entretenait ce collaborateur très présent auprès d'Emmanuel Macron avec les forces de l'ordre légitimes ? : «Maintenez-vous, envers et contre tout, malgré ce que nous avons entendu de la part des syndicats de police ce matin, que rien ne vous est remonté sur les "relations exécrables", je reprends les mots d'un des syndicats de police, et sur les incidents récurrents qui existaient entre monsieur Benalla et les services de police ? Même si les langues se délient tardivement, on a du mal à croire que dans la hiérarchie policière, personne n'entendait parler de ces incidents, vu le nombre, visiblement, d'incidents qu'il y a eu et qui nous ont été rapportés ce matin par les syndicats de policiers. Et visiblement, on ne sait pas tout. Donc, comment est-ce possible qu'aucune de ces informations ne vous soit parvenue, ne vous soit jamais remontée ?»

Le ministre de l'Intérieur répond à peine

Soumis à ces questions précises, Gérard Collomb s'est contenté de répondre, lapidaire : «J'ai déjà répondu à toutes les questions que vous me posez. Je vous rappelle que monsieur Mizerski était tuteur de monsieur Benalla. Qui l'a désigné comme tuteur ? C'est ce que dira effectivement l'enquête judiciaire qui est en cours.»

Sur monsieur Girier, je ne pense pas qu'il ait jamais recruté monsieur Benalla. S'il devait en être ainsi, il y aurait des questions de confiance

Pierre Laurent a repris la parole : «Sur monsieur Girier, vous n'avez rien à dire ?» Et le ministre de l'Intérieur de répondre, de façon énigmatique : «Sur monsieur Girier, je ne pense pas qu'il ait jamais recruté monsieur Benalla. S'il devait en être ainsi, il y aurait des questions de confiance.»

Ces questions devraient notamment être au centre des enquêtes qui ont été lancées depuis la révélation de l'affaire Benalla. Le ministre de l'Intérieur, peu loquace devant la représentation nationale, pourrait être entendu par la justice.

 

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