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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 05:34

 

Les mesures participant au bien des peuples sont méprisées par la minorité la plus aisée.

Sur le fond de crise sociale qui s'installe, d'aucuns prétendent que la longévité du néolibéralisme s'explique par l'absence d'alternative crédible. Ne s'agirait-il pas plutôt des termes d'un rapport social dont l'abandon est impensable pour la minorité qu'elle avantage ?

Les élites préfèrent privatiser la chose publique au détriment de son utilité. À l'utilité sociale se substitue la distribution de dividendes aux actionnaires, deux fois plus importante que les nouveaux investissements réalisés par les entreprises du CAC 40. De même, en refusant de perdre 170 millions d'euros que produirait la fuite des riches, l'État a choisi de perdre 3,5 milliards en exonérant une partie de l’ISF.

 

Les théories économiques néolibérales qui font fi de la notion d'œuvre et du sens attaché au travail ont enterré l'esprit de Philadelphie. L'attention disponible se focalise sur les bas de bilan et les ratios de rentabilité, transformant rapidement l'or en plomb. Nos systèmes juridiques évoluent sous la pression de sociétés multinationales désormais émancipées de la tutelle des États. Feu des logiques industrielles paternalistes. Les sociétés de capitaux réticulaires soumettent les salariés à des donneurs d'ordres difficilement identifiables, jetant des milliers de familles dans le désarroi quand tombe le couperet des licenciements boursiers.

 

Cette logique détruit les collectivités de travail en sacrifiant ceux qui ne peuvent s*adapter ou dont on n'a pas besoin. Êtres surnuméraires ou inutiles abandonnés à leur désespoir, à qui les États récusent leur qualité de victimes, incriminant en revanche leur manque de combativité. Expliquer la dette sur des fondements spécieux est un épouvantail social. La véritable origine de la dette due au fait que les États se sont eux-mêmes contraints à emprunter à des taux importants aux banques d'affaires, alors qu'ils empruntaient auparavant auprès de leurs banques nationales à des taux minimes, est passée sous silence. En tout état de cause, comme le patrimoine public couvre les dettes de la France, l'État ne serait pas obligé de couper dans les dépenses liées au service public quand, de l'autre main, il donne 24 milliards aux entreprises les plus riches.

 

Les « élites » refusent de voir que le primat de la compétition et de la concurrence confronte les populations aux catastrophes produites par une logique fondée sur l'aveuglement néolibéral. Le libre-échange supposé est avant tout un jeu inégal de domination. Assumer les fonctions de l'État comme on administre une entreprise est un leurre dont le point aveugle consiste dans le rejet de l'incommensurable humain, qui échappe au calcul. Sauf à repenser l'organisation de la société en renonçant à la rémunération de l'argent pour se concentrer sur la production de richesses réelles et sauf à remédier aux conséquences écologiques de ses actes, l'agir humain sera de plus en plus incontrôlable. Le saccage suicidaire de la nature, l'incapacité à renoncer au trading haute fréquence et aux paradis fiscaux, l'incapacité de la science à pouvoir refroidir le climat ou à résorber les déchets nucléaires toxiques pour des centaines de milliers d'années nous donnent un petit aperçu d'une servitude engluée dans la pulsion de mort consubstantielle au capitalisme.

 

Les mesures participant au bien des peuples sont méprisées par la minorité la plus aisée. La liberté des puissants est bien réelle, quant à l'égalité et à la fraternité...

 

 

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