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25 avril 2018 3 25 /04 /avril /2018 06:16
Le pays de Morlaix sinistré: Tilly, Global Seafood, 76 nouveaux licenciements (Gwendal Hameury, Le Télégramme, 24 avril 2018)

Tilly-Sabco International liquidé. Et Global Seafood qui poursuit son activité avec des effectifs amputés de moitié. En l’espace de quelques jours, le pays de Morlaix vient de subir une nouvelle saignée en perdant 76 emplois. Dramatique.

« La liquidation est prononcée. C’est terminé ». Il est midi, ce mardi 24 avril, et devant le tribunal de commerce de Brest, Nadine Le Guen, déléguée CGT du personnel de Tilly-Sabco International, annonce la nouvelle tant redoutée : les 63 salariés de l’entreprise emblématique de Guerlesquin, en redressement judiciaire depuis un mois, sont désormais sur le carreau. 62 ans d’histoire agroalimentaire viennent d’être rayés d’un trait de plume en moins de trois quarts d’heure, sur un coin de table. Et dans un quasi-anonymat. Sur le port de Brest, la délégation de cinq représentants syndicaux CGT et FO semble en effet bien seule. Pas une manifestation de soutien. Aucune écharpe tricolore. Aucun salarié. Même Brian Wegdam, le patron du groupe néerlandais éponyme, qui avait repris Tilly-Sabco en janvier 2017, est absent

 

Jusqu’à 800 salariés

 

Cette annonce est tout sauf une surprise puisque personne ne s’était manifesté pour reprendre l’activité de saucisses de volaille. « Honnêtement, nous n’avions plus d’espoir. Mais on avait beau s’y attendre, ça fait mal au cœur », murmure Nadine Le Guen, qui a tout le mal du monde à ne pas fondre en larmes lorsqu’on lui demande comment on en est arrivé là.

À sa grande époque, dans les années 80, l’abattoir de volailles construit en 1956 par Jacques Tilly a en effet employé jusqu’à 800 personnes. Puis l’usine a dû faire face à plusieurs liquidations successives. La faute à une concurrence extrêmement rude de la part de pays comme le Brésil, la Pologne, la Lituanie ou encore la Turquie, qui produisent à bas coûts. « Un plan social en décembre 2014, un autre en décembre 2016. Ces dernières années, il y a eu beaucoup de souffrances », reprend celle qui est aussi secrétaire du CE de Tilly-Sabco. Et de se remémorer cette usine pleine de vie, quand elle a commencé sa carrière, il y a 38 ans.

 

 

Le minimum d’indemnités

 

Désormais, comme ses 62 collègues, Nadine Le Guen va devoir préparer l’avenir. Il ne s’annonce pas des plus faciles. « Certains vont pouvoir prendre leur retraite mais ils sont peu nombreux. Les autres vont devoir faire avec les indemnités de licenciement : le minimum légal car les caisses de l’entreprise sont vides ».

Des reclassements sont-ils possibles au sein du groupe LDC ? « Son usine la plus proche est à Guingamp (22). Mais on n’a aucune précision là-dessus. Nous n’avons pas encore eu le temps d’éplucher le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi, NDLR) ». Et la délégation d’espérer que l’accompagnement des salariés sera à la hauteur en termes de formation, afin qu’ils retrouvent un emploi.

Le comité d’entreprise du 30 avril devrait permettre d’y voir plus clair. Après quoi, la procédure suivra son cours et les lettres de licenciements seront expédiées. Restera alors à connaître l’avenir du site. « Un outil au véritable potentiel industriel qui pourrait être reconverti », selon Gildas Juiff, maire de Guerlesquin.

 

Treize licenciements au Diben

 

Pierre-Yves Bizien, cofondateur de la société plougasniste Global Seafood, en redressement judiciaire depuis fin janvier, n’en est pas là. Son activité va bel et bien se poursuivre au Diben. Ce mardi, un peu avant qu’il ne referme définitivement le dossier Tilly, le tribunal de commerce de Brest a en effet prolongé la période d’observation jusqu’au 26 juin. Date à laquelle la société présentera un « plan de continuation déjà très élaboré ». Il prévoit un redimensionnement de Global Seafood sur son périmètre historique : le négoce à l’international de poissons, mollusques et crustacés. Plus de marché français, donc. Mais ce plan comprend aussi le licenciement de 13 des 23 salariés - c’était leur dernier jour de travail ce mardi -, ainsi que le passage à temps partiel de trois autres. Et ce, moins d’un an et demi après le rachat des Viviers de la Méloine à Capitaine Houat.

« Cette reprise avait pour but de préserver l’emploi. Mais la mayonnaise n’a pas pris. Un embargo chinois, un partenaire qui retire ses billes, un autre qui ne fait pas le chiffre d’affaires convenu avec nous… On a eu un effet domino. C’était voué à la fermeture », explique Pierre-Yves Bizien. Un dirigeant combatif et confiant dans l’avenir. Qui s’annonce bien plus sombre pour les 13 licenciés.

 


 Gwendal Hameury, Le Télégramme 24 avril 2018 

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