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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 07:08

Ce droit de réponse a été envoyé au Télégramme avant-hier en demandant une publication partielle sur le journal qui compte plusieurs centaines d'abonnés parmi les adhérents et sympathisants communistes, malgré la ligne éditoriale nationale, et sur le site internet. Pour l'instant, rien n'est paru! Mais on ne désespère pas: la marque distinctive d'un communiste est son optimisme et son volontarisme!  

 

Droit de réponse du PCF: le communisme aurait fait le lit de l'islamisme. N'en jetez plus Monsieur Wolton, et cessez d'inverser les rôles des uns et des autres.  

 

Quelle n'a pas été notre surprise le jeudi 12 avril en ouvrant le Télégramme à lire l'interview de Thierry Wolton par Christine Clerc dans les pages nationales. 

Le titre a de quoi faire bondir n'importe quel historien ou connaisseur sérieux de l'histoire et de la politique internationale! 

Jugez plutôt:   

 

Thierry Wolton: "Le communisme a fait le lit de l'islamisme". 

C'est comme si on arrivait à confondre les rôles en rembobinant le film en accéléré et en prenant ça pour l'histoire! 

 

Même si le communisme a sans doute des caractéristiques en commun et même pourquoi pas en héritage avec des aspirations humanistes et universalistes de certaines religions, les communistes dans l'histoire sont plutôt réputés être généralement des athées matérialistes ayant voulu séculariser les sociétés, combattre l'emprise des religions sur la vie sociale, car elles étaient pensées comme des instruments au service du fatalisme et de la résignation à l'exploitation, des idéologies masquant la réalité des rapports sociaux marqués par la lutte des classes.

 

Au Moyen-Orient, au Proche-Orient, dans les pays arabes et d'Afrique en général, les communistes ont défendu une vision séculière progressiste et fraternelle transcendant les appartenances religieuses et communautaires.

 

Ce n'est pas un hasard si en Syrie, en Irak, en Egypte, au Liban, les principaux représentants communistes et leurs électorats appartenaient souvent à des minorités, Kurdes notamment, mais aussi chrétiennes, voulant laïciser l'Etat et la société, comme du reste les Juifs dans les sociétés dominés par l'anti-judaïsme chrétien traditionnel et l'antisémitisme en Europe de l'est.     

 

Le communisme a été le premier au pouvoir à prôner l'arrêt des discriminations liés aux origines religieuses et communautaires, l'égalité femmes-hommes, le droit au divorce, à l'IVG, le droit de vote des femmes, la sécularisation de la société. 

Historiquement, l'islamisme a été porté depuis les années 50 par l'Arabie Saoudite et les pays du Golfe dans les sociétés arabes et africaines. Ces pétromonarchies ont été des alliés privilégiés des Américains depuis le début de la guerre froide, de par leur soutien objectif à l’État d'Israël et leur financement de la lutte anticommuniste. 

 

Les Américains et leurs alliés Wahhabites ont financé les Frères Musulmans dans des Etats qui étaient soit non alignés et d'idéologie progressiste anti-colonialiste, soit alliés de l'URSS. Ce sont eux qui ont exporté un Islam fondamentaliste, réactionnaire, hostile à la laïcité et aux idées politiques et sociales progressistes.     

 

En Irak, en Syrie, en Egypte, que Thierry Wolton prend en exemple, sans aucun souci de vraisemblance historique, les militants communistes, très nombreux dans les années 50-60, à la base des processus de décolonisation, ont été aussi bien la cible des dictatures "laïques" à base de partis uniques qui s'y sont mis en place que des Islamistes quand ceux-ci ont commencé à vouloir prendre le pouvoir dans les années 70-80.

 

En Algérie aussi.

 

En Iran également où, après avoir constitués la première force révolutionnaire opposée au Shah, les communistes, parties prenantes de la révolution de 1979 car premières victimes de cette dictature capitaliste soutenue par les USA et les Anglais, ont été emprisonnés, persécutés, massacrés par les islamistes.

 

L'essor de l'islamisme n'a pas été porté d'abord par les mouvements de décolonisations soutenus par les communistes au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de la lutte contre l'exploitation capitaliste mais par la dérive autoritaire des régimes nés de la décolonisation et par le soutien des forces les plus anti-communistes et rétrogrades de l'Islam à des mouvements sectaires et terroristes. 

 

Où donc a prospéré l'islamisme, dans sa version intolérante et violente, sinon au Pakistan, allié des Américains, sinon à Afghanistan, où les Américains ont financé les groupes islamistes locaux et le djihadisme islamisme contre le gouvernement communiste (1973-1978), puis contre l'invasion de l'URSS, des alliés qui se sont ensuite retournés contre leur créateur apprenti sorcier, l'oncle Sam, comme d'incontrôlables Frankenstein? 

 

Quels plus précieux soutiens au développement de l'islamisme le plus barbare dans ses expressions d'intolérance et de violence ont donné les deux invasions américaines de l'Irak et de la Libye, à chaque fois avec la bénédiction de l'Arabie Saoudite dont sont venus ensuite les fonds pour faire agir Al Qaida, Daesch et compagnie? 

 

Faut-il se laisser intimider par les arguments raccourcis et massifs de Thierry Wolton sur les 50 millions de morts du communisme qui porterait en plus tous les fléaux de la terre.  

 

Nous ne méconnaissons rien des échecs, les crimes et les tragédies des expériences socialistes totalitaires et autoritaires, jusque dans leurs formes les plus graves, sous l'URSS de Staline, la Chine de Mao ou le Cambodge. Ce n'était que des caricatures du communisme. Depuis longtemps le PCF affirme que le communisme authentique n'est pas concevable dans la dictature d'un parti unique et sans démocratie. 

 

Cette comptabilité macabre décontextualisée n'a aucun sens.

 

Ou alors, il faut mettre d'autres morts dans la balance... 

 

Va t-on imputer les millions de morts des Croisades, de l'Inquisition et de la conquête de l'Amérique au christianisme en en faisant un élément disqualifiant de cette croyance et de cette spiritualité? 

 

Va t-on imputer au capitalisme allemand (et pas que...) qui a soutenu l'ascension au pouvoir d'Hitler les 70 millions de morts de la Seconde Guerre Mondiale?

 

Au capitalisme européen les 18 millions de morts de la première guerre mondiale provoquée par la concurrence des impérialismes capitalistes? Et aussi les dizaines de millions de morts du colonialisme, de l'esclavage, les millions de morts des famines irlandaises, indiennes, égyptiennes du XIXe siècle ? A quand le livre noir du libéralisme économique? 

 

En réalité, des diatribes aussi grossières et globalisantes qui additionnent sans rien expliquer ni comprendre ne poursuivent qu'un but: éliminer des esprits tout espoir d'un monde égalitaire où les travailleurs géreraient eux-mêmes leurs outils de production, d'un monde délivré de la dictature des riches, des multinationales, des marchands de canon.

 

Elles visent à faire oublier aux Français qu'ils doivent aussi la défense de la République et de leurs libertés en 1936, de 1940 à 1945, de 58 à 61 quand les menaces de coups militaires et de l'OAS étaient réels, aux communistes, sans parler des grandes conquêtes sociales: congés payés, loisirs populaires, culture pour tous, droit de vote des femmes, Sécurité Sociale, statut des fonctionnaires et grands services publics, légalisation de la contraception et de l'avortement, en grande partie aux combats émancipateurs des communistes. 

 

En tout cas, une chose peut nous réjouir: notre faculté à nous attirer une haine toujours aussi farouche des tenants de l'ordre établi témoigne que, en dépit des proclamations suivant lesquelles nous serions définitivement morts et enterrés, nous continuons à faire un peu peur (ce spectre qui hante l'Europe du capitalisme financier dérégulé et ultra-brutal !) au camp des possédants qui ont bien conscience quelque part de l'indécence de leurs privilèges et de leur monde. 

 

Le procédé identique est employé contre la Révolution Française ou la Commune que l'on délégitime en les réduisant à des aspects violents sans prendre en compte les dimensions émancipatrices, justifiées et porteuses de nouveauté et de progrès humain de ces événements qui ont fait trembler l'ordre ancien inégalitaire. 

 

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère        

 

 

Quelle n'a pas été notre surprise ce matin en ouvrant le Télégramme à lire l'interview de l'essayiste de droite Thierry Wolton par l'éditorialiste Christine Clerc dans les pages France du journal régional de ce jeudi 12 avril. 

Le titre a de quoi faire bondir n'importe quel historien ou connaisseur sérieux de l'histoire et de la politique internationale! 

Jugez plutôt:   

Thierry Wolton: "Le communisme a fait le lit de l'islamisme". 

Même si le communisme a sans doute des caractéristiques en commun et même pourquoi pas en héritage avec des aspirations humanistes et universalistes de certaines religions, les communistes dans l'histoire sont plutôt réputés pour avoir voulu séculariser les sociétés, combattre l'emprise des religions sur la vie sociale, car elles étaient pensées comme des instruments au service de la résignation à des ordres sociaux inégalitaires et à l'exploitation, des idéologies masquant la réalité des rapports sociaux marqués par la lutte des classes.

Au Moyen-Orient, au Proche-Orient, dans les pays arabes et d'Afrique en général, les communistes ont défendu une vision séculière progressiste et fraternelle transcendant les appartenances religieuses et communautaires.

Ce n'est pas un hasard si en Syrie, en Irak, en Egypte, au Liban, les principaux représentants communistes et leurs électorats appartenaient souvent à des minorités, Kurdes notamment, mais aussi chrétiennes, voulant laïciser l'Etat et la société, comme du reste les Juifs dans les sociétés dominés par l'anti-judaïsme chrétien traditionnel et l'antisémitisme en Europe de l'est.     

Le communisme a été le premier au pouvoir à prôner l'arrêt des discriminations liés aux origines religieuses et communautaires, l'égalité femmes-hommes, le droit au divorce, à l'IVG, le droit de vote des femmes, la sécularisation de la société. 

Historiquement, l'islamisme a été porté plutôt par l'Arabie Saoudite et les pays du Golfe dans les sociétés arabes et africaines, lesquels ont été des alliés privilégiés des Américains depuis le début de la guerre froide. Les Américains et leurs alliés Wahhabites ont financé les Frères Musulmans dans des Etats qui étaient soit non alignés et d'idéologie progressiste anti-colonialiste, soit alliés de l'URSS. Ce sont eux qui ont exporté un Islam fondamentaliste, réactionnaire, hostile à la laïcité et aux idées politiques et sociales progressistes.     

En Irak, en Syrie, en Egypte, que Thierry Wolton prend en exemple, sans aucun souci de vraisemblance historique, les militants communistes, très nombreux dans les années 50-60, à la base des processus de décolonisation, ont été aussi bien la cible des dictatures "laïques" à base de partis uniques qui s'y sont mis en place que des Islamistes quand ceux-ci ont commencé à vouloir prendre le pouvoir dans les années 70-80. En Algérie aussi. En Iran aussi où, après avoir constitués la première force révolutionnaire opposée au Shah, les communistes, parties prenantes de la révolution de 1979 car premières victimes de cette dictature capitaliste soutenue par les USA et les Anglais, ont été emprisonnés, persécutés, massacrés par les islamistes.

L'essor de l'islamisme n'a pas été porté d'abord par les mouvements de décolonisations soutenus par les communistes au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de la lutte contre l'exploitation capitaliste mais par la dérive autoritaire des régimes nés de la décolonisation et par le soutien des forces les plus anti-communistes et rétrogrades de l'Islam à des mouvements sectaires et terroristes. 

Où a prospéré l'islamisme, dans sa version intolérante et violente, sinon au Pakistan, allié des Américains, sinon à Afghanistan, où les Américains ont financé les groupes islamistes locaux et le djihadisme islamisme contre le gouvernement communiste (1973-1978), puis contre l'invasion de l'URSS, des alliés qui se sont ensuite retournés contre leur créateur apprenti sorcier, l'oncle Sam, comme d'incontrôlables Frankenstein? 

Quels plus précieux soutiens au développement de l'islamisme le plus barbare dans ses expressions d'intolérance et de violence ont donné les deux invasions américaines de l'Irak et de la Libye, à chaque fois avec la bénédiction de l'Arabie Saoudite dont sont venus ensuite les fonds pour faire agir Al Qaida, Daesch et compagnie? 

Ne nous laissons pas intimidés par le matraquage d'un Thierry Wolton sur les 50 millions de morts du communisme qui porterait en plus tous les fléaux de la terre.  

Nous ne méconnaissons rien des échecs, les crimes et les tragédies des expériences socialistes totalitaires, jusque dans leurs formes les plus graves, sous l'URSS de Staline, la Chine de Mao ou le Cambodge, mais ce n'était que des caricatures du communisme. 

La comptabilité macabre décontextualisée n'a aucun sens. Va t-on imputer au capitalisme allemand (et pas que...) qui a soutenu l'ascension au pouvoir d'Hitler les 70 millions de morts de la Seconde Guerre Mondiale? Au capitalisme européen les 18 millions de morts de la première guerre mondiale provoquée par la concurrence des impérialismes capitalistes? Et aussi les dizaines de millions de morts du colonialisme et de l'esclavage?

En réalité, des diatribes aussi grossières et globalisantes qui additionnent sans rien expliquer ni comprendre ne poursuivent qu'un but: éliminer des esprits tout espoir d'un monde égalitaire où les travailleurs géreraient eux-mêmes leurs outils de production, d'un monde délivré de la dictature des riches, des multinationales, des marchands de canon.

Elles visent à faire oublier aux Français qu'ils doivent aussi la défense de la République et de leurs libertés en 1936, de 1940 à 1945, de 58 à 61 quand les menaces de coups militaires et de l'OAS étaient réels, aux communistes, sans parler des grandes conquêtes sociales: congés payés, loisirs populaires, culture pour tous, droit de vote des femmes, Sécurité Sociale, statut des fonctionnaires et grands services publics, légalisation de la contraception et de l'avortement, en grande partie aux combats émancipateurs des communistes. 

En tout cas, une chose peut nous réjouir: notre faculté à nous attirer une haine toujours aussi farouche des tenants de l'ordre établi témoigne que, en dépit des proclamations suivant lesquelles nous serions définitivement morts et enterrés, nous continuons à faire un peu peur au camp des possédants qui ont bien conscience quelque part de l'indécence de leurs privilèges et de leur monde. 

Le procédé identique est employé contre la Révolution Française ou la Commune que l'on délégitime en les réduisant à des aspects violents sans prendre en compte les dimensions émancipatrices, justifiées et porteuses de nouveau historiquement de ces événements qui ont fait trembler l'ordre ancien.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère        

 

 

    

Le Télégramme jeudi 12 avril

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