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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 10:01
Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix
Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix
Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix
Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix
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Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix
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Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix
Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix
Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix
Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix

Journée de la déportation ce dimanche 29 avril à Morlaix. Elle a commencé par un hommage très émouvant à nos compatriotes juifs persécutés à Morlaix, et aux deux qui sont morts en déportation (Esther Levy, arrêtée à son domicile rue Gambetta, en octobre 1943, déportée en janvier 1944) et David Sellinger, un autre juif morlaisien envoyé aux camps de la mort, dont l'histoire a été relatée dans deux livres passionnants (Sur les traces d'une famille juive morlaisienne, Les juifs du Finistère sous l'occupation) par la sociologue et historienne Marie-Noëlle Postic, que le PCF Morlaix invitera prochainement avec Lucienne Nayet à faire une conférence-débat dans le cadre des Mardi de l'éducation populaire sur l'histoire des juifs et de l'antisémitisme en France. Les trois personnes qui ont prononcé des discours à l'occasion de l'inauguration de la plaque mémorielle d'hommage à Esther Levy et David Sellinger, le responsable du consistoire de Brest, un rabbin, Sarah Levy, petite-fille d'un survivant de l'holocauste, qui fut aussi le frère d'Esther Levy, et Agnès Le Brun, maire de Morlaix, ont rendu hommage au travail remarquable de Marie-Noëlle Postic, et ont su trouvé des mots très forts pour restituer le sens de cet hommage dans le contexte troublé d'aujourd'hui, où racisme et antisémitisme trouvent encore à s'exprimer malheureusement, où les leçons de l'histoire n'ont pas été retenus par tous. La famille Le Quéré, des protestants de Tremel, juifs parmi les Nations, qui ont protégé la famille Levy, n'ont pas été oubliés dans cet hommage. Agnès Le Brun a aussi apporté avec émotion son soutien à notre amie et camarade Lucienne Nayet, présidente du réseau des musées de la résistance nationale, ancienne enfant cachée, fille de déportée, victime d'une campagne de dégradation antisémite sur internet sur un site neo-nazi toujours ouvert et accessible. Puis nous avons rendu hommage à tous les morts de la seconde guerre mondiale à Morlaix et plus précisément l'ensemble des déportés, résistants ou otages, au square de la résistance, et à Ploujean, sur la stèle des otages morlaisiens, dont plus de la moitié ne sont pas revenus. Nous n'oublierons jamais. Nous ne laisserons jamais la haine raciste et l'extrême-droite reprendre le dessus dans notre pays.

La commune de Plounéour-Menez, dont le maire, Jean-Michel Parcheminal, était présent, avait ouvert la voie à la reconnaissance des persécutions contre les familles d'origine juive bretonnes pendant l'occupation avec une plaque pour la famille du docteur Perper, médecin à Brasparts, puis à Plounéour-Menez, arrêté avec sa femme et ses enfants, et tous tués à Solibor, un camp de concentration de l'occupant allemand et nazi en Pologne.    

Ismaël Dupont

 

A lire ou relire:

Persécutions et déportations des juifs du Finistère:"Sur les traces perdues d'une famille juive en Bretagne" par Marie-Noëlle Postic Coop Breizh, 2007)

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

La résistance FTP à Morlaix: le témoignage d'Eugène Le Luc recueilli par le Télégramme et Jeannine Guichoux (mémoire universitaire)

Charlotte Delbo, rescapée des camps de la mort, immense écrivain, militante communiste anti-colonialiste : l'écriture comme ultime moyen de résistance (L'Humanité, Violaine Gelly - décembre 2013)

Hommage à Danièle Casanova par Robert Clément

Hommage à Jorge Semprun, disparu le 7 juin 2011

Morlaix - 29 avril 2018, journée du souvenir et d'hommage aux déportés, et présentation de la plaque en hommage à Esther Levy et David Sellinger, sur la mairie de Morlaix

 

Le Télégramme Morlaix, 28 avril: 

 

Elle s’appelle Esther Lévy. Il se nomme David Selinger. Elle avait 32 ans et lui 49 ans lorsque, en pleine Seconde Guerre mondiale, ils furent arrêtés à un an d’intervalle à leur domicile morlaisien et conduits par les Allemands en direction des camps de de la mort. À la retraite à Plounéour-Ménez, Marie-Noëlle Postic a exhumé l’histoire de ces deux Juifs raflés et déportés vers Auschwitz. Récit.

Morlaix, octobre 1943. Alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage depuis maintenant quatre ans, l’automne balaye Morlaix. Neuf mois plus tôt, le viaduc n’a pas résisté à l’aviation britannique. En larguant 43 bombes sur la ville, la Royal air force anglaise a, certes, détruit le rail et une voie stratégique empruntée par les convois allemands. Mais elle a aussi fait plus de 80 morts, dont 39 écoliers. Et provoqué pas mal de dégâts dans le voisinage.

C’est ainsi que les Lévy, juifs d’origine turque, se voient contraints de quitter leur appartement du 7, Grande venelle, situé au pied du viaduc, qu’ils occupent depuis leur arrivée à Morlaix en 1936. Pour emménager à quelques centaines de mètres de là, au 95, rue Gambetta, entre le centre-ville et la gare.

 

Jacques joue au ping-pong et Mazalto s’enfuit par la fenêtre

 

Nous sommes en octobre 1943, donc. Le 11, très exactement. « Ce matin-là, la sûreté allemande de Brest se présente au domicile de la famille Lévy où vivent Jacob et sa femme Mazalto, leur fille Esther, leur fils Bohor et sa femme Prossiadi, ainsi que leurs enfants, prénommés Jacques et Mazalto comme sa grand-mère », raconte Marie-Noëlle Postic, 72 ans. Ingénieure en sociologie au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), la septuagénaire aux origines morlaisiennes s’est installée à Plounéour-Ménez une fois à la retraite au milieu des années 2000. Et elle s’est passionnée pour l’histoire des Juifs dans le Finistère.

« Les Lévy étaient des vendeurs de tissus ambulants », explique celle qui a passé des heures aux archives départementales à retracer leur parcours. La suite, c’est elle qui la raconte. « Lorsque les Allemands frappent à la porte, Bohor et sa femme sont en ville. Leur fils, Jacques (15 ans), joue au ping-pong dans un patronage voisin. Le grand-père est alité. Et la jeune Mazalto (18 ans) parvient à fuir par une fenêtre. Elle se précipite à la gare et prend un train pour Paris où elle rejoint sa tante Léa ».

 

 

« Je ne voulais pas fuir comme une voleuse »

 

« En dépit de ses difficultés à marcher, une vieille dame, Melle Cueff, locataire de l’immeuble, va avertir Jacques de la descente de police et l’enjoindre à prévenir ses parents. Par l’intermédiaire du docteur Quiniou, le couple et son fils seront conduits par un boulanger de Plourin-lès-Morlaix, François Le Lay, dans une maison protestante de Trémel (22) où ils resteront cachés par le pasteur Guillaume Le Quéré jusqu’à la libération », poursuit Marie-Noëlle Postic.

Esther Lévy, âgée de 32 ans, aura moins de chance. Arrêtée, elle est conduite au commissariat. Où Joseph Le Lourec, secrétaire de police et longtemps voisin de la famille, va chercher à l’aider. « Il avait laissé une porte ouverte le soir pour qu’elle puisse s’enfuir. Mais le lendemain matin, elle était toujours là. Elle dira au policier qu’elle n’avait pas voulu fuir comme une voleuse ».

Internée à Rennes durant un mois et demi, Esther Lévy arrivera à Drancy le 25 novembre. « Comme sa fiche le prouve, elle a déposé 3 462 francs (environ 700 €) au bureau des fouilles, détaille la chercheuse. Dans un premier temps, elle fut considérée non déportable car d’origine turque, nationalité alliée de l’Allemagne nazie. Mais sa protection lui fut déniée quelques semaines plus tard et, le 20 janvier 1944, elle fut déportée à Auschwitz par le convoi 66 ». Elle n’en est jamais revenue.

 

Déporté par le convoi 40

 

C’est dans ce même camp de concentration allemand que David Selinger a péri, lui aussi. Ce juif polonais vivait également à Morlaix, où il avait ouvert un magasin-atelier de fourrure, « L’Ours blanc », en 1926. Trois mois après la rafle du vél’d’hiv (le vélodrome d’hiver à Paris) qui a emporté plus de 13 000 juifs vers les camps de la mort en juillet 1942, l’occupant allemand donna l’ordre de procéder à des arrestations complémentaires », indique Marie-Noëlle Postic.

Le commerçant morlaisien fait partie des malheureux. Interpellé par la police française le 9 octobre 1942 à son domicile, il est conduit à Drancy. Et le 4 novembre, il est déporté par le convoi 40 dans lequel sont entassés un millier de juifs. Sans billet retour. Il avait 49 ans.

 

Une plaque dévoilée ce dimanche matin

Afin de saluer la mémoire d’Esther Lévy et de David Selinger, une plaque commémorative sera dévoilée ce dimanche 29 avril, à 10 h, derrière la mairie de la Cité du viaduc, place Émile-Souvestre, à l’occasion de la Journée nationale du souvenir de la Déportation. « C’est une manière de leur rendre hommage. Ce travail de mémoire est très important », souligne le maire de la ville, Agnès Le Brun, en relevant que l’histoire de ces Juifs morlaisiens est peu connue.

La promesse à Jacques Lévy


« Si je ne l’avais pas déterrée, elle serait encore aux oubliettes. J’ai reconstitué le puzzle », confie Marie-Noëlle Postic, qui a écrit deux livres sur le sujet. Le premier, en 2007, raconte l’histoire de la famille Perper, dont le père était médecin. Installée à Brasparts, elle déménagea à Plounéour-Ménez en 1942. Avant que les parents et leurs trois enfants ne soient déportés au camp de concentration polonais de Solibor, où ils sont morts. Sorti en 2013, le deuxième raconte la vie des Juifs dans le Finistère durant l’Occupation. « En 1940, ils étaient 139 à être recensés dans le département. 46 ont été arrêtés et conduits dans les camps. Lors de mes recherches, je me suis liée d’amitié avec Jacques Lévy, que j’ai rencontré quelques fois chez sa nièce à Henvic », raconte l’Énéourienne, en évoquant le neveu de la malheureuse Esther, qui est décédé en octobre dernier. « Je lui avais dit que je ferais en sorte qu’une plaque soit posée à la mémoire de sa tante et de David Selinger, les deux seuls Juifs domiciliés à Morlaix à avoir été déportés ».

« Une grande importance pédagogique »

 

La septuagénaire a envoyé un premier courrier à la mairie en septembre 2016. Sans réponse. Jusqu’à la cérémonie du 2 juillet dernier à Trémel, où les époux Le Quéré, qui ont caché la famille Lévy durant la Seconde Guerre mondiale, ont été reconnus Justes parmi les Nations. « Ce jour-là, après avoir échangé avec Marie-Noëlle Postic, je me suis engagée à ce qu’une plaque soit inaugurée », indique Agnès Le Brun, en saluant « le travail exemplaire » effectué par la retraitée de Plounéour-Ménez.

Sous l’occupation, Marie et Guillaume furent leur bonne étoile « Cette plaque est d’une très grande importance pédagogique. Elles sont rares dans le Finistère. À ma connaissance, il y en a une Douarnenez, une à Brest et une autre à Plounéour-Ménez. Elle rappelle que ces gens-là ont existé et que la France a été capable de participer à de tels actes. Et c’est un moyen de ne pas oublier que, ces dernières semaines encore, il y a eu en France de violents actes antisémites », termine la chercheuse, en précisant qu’elle n’a pas d’origines juives.
 

Esther Levy (1911-1944), morlaisienne d'origine juive déportée, photo d'archive publiée dans le Télégramme

Esther Levy (1911-1944), morlaisienne d'origine juive déportée, photo d'archive publiée dans le Télégramme

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