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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:08
Salah Hamouri, graphisme collage, par mustapha Boutadjine. I-Labo

Salah Hamouri, graphisme collage, par mustapha Boutadjine. I-Labo

Israël-palestine. Netanyahou humilie la France

PIERRE BARBANCEY
MARDI, 27 FÉVRIER, 2018
L'HUMANITE
 

Emprisonné depuis six mois sans preuve avancée, le Franco-Palestinien Salah Hamouri voit sa détention renouvelée pour quatre mois. Silence du président français.

La nouvelle est tombée hier matin. Dure, raide, inhumaine : Salah Hamouri, placé en détention administrative pour six mois et qui devait sortir demain, le 28 février, s’est vu signifier par le ministre d’extrême droite israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, qu’il resterait quatre mois de plus en prison. Pourquoi ? Nul ne le sait. Pas même les avocats de Salah Hamouri, puisque « détention administrative » signifie dossier secret et l’impossibilité pour les défenseurs, et donc pour le prisonnier, de savoir ce qui lui est reproché. L’arbitraire le plus total. Au mois d’août, Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, écope de six mois. Cette fois-ci, c’est quatre mois, toujours renouvelables. La volonté d’humilier est patente. Humiliation de notre compatriote, mais aussi humiliation de la France puisque, selon l’Élysée, le président de la République, Emmanuel Macron, était intervenu personnellement auprès du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, lorsqu’il l’a accueilli à Paris, le 10 décembre dernier.

l’arbitraire de l’État israélien et les responsabilités de la France

La France peut-elle permettre qu’un autre État, Israël en l’occurrence, puisse bafouer les droits élémentaires d’un Français ? La réaction d’Emmanuel Macron a d’ailleurs été bien tardive. Le ministre des Affaires étrangères, interpellé la semaine dernière par les députés du PCF et ceux de FI sur le cas de Salah Hamouri, s’en est tiré par une pirouette, sans même prononcer le mot de « libération ». Or, il s’agit bien de cela : Salah Hamouri doit être libéré immédiatement et sans condition. Une tout autre attitude reviendrait à accepter, dans les faits, ce qui est officiellement refusé en paroles : l’utilisation de la détention administrative, dont se sont servis les Britanniques en Irlande du Nord et les racistes du régime d’apartheid en Afrique du Sud, comme moyen de briser toute résistance.

Comment s’étonner d’une telle attitude du gouvernement israélien lorsque siège en son sein un Avigdor Lieberman, ancien videur de boîte de nuit, auteur de déclarations des plus haineuses et des plus racistes, dont voici un florilège : « Les Arabes israéliens qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache » ; « Je propose de transporter les prisonniers palestiniens en autocars jusqu’à la mer Morte pour les noyer » ; « L’Europe suit une politique hostile aux juifs, comme à la fin des années 1930 »…

Aussitôt connue la nouvelle, le Comité pour la libération de Salah Hamouri a dénoncé « l’arbitraire de l’État israélien (auquel) s’ajoutent les responsabilités de la France qui, au-delà de ses affirmations, n’a pas mis en œuvre des moyens conséquents dont elle dispose pour faire libérer un Français ». Le comité appelle « à manifester vers la présidence française notre mécontentement légitime et notre volonté d’action à la hauteur de l’enjeu : il en va du destin d’un homme, du droit, mais aussi de celui de notre pays. ».

Des parlementaires de tous les groupes ont appelé à sa libération

Pour Patrick Le Hyaric, député européen et directeur de l’Humanité, ce qui se passe est « insupportable ! C’est inadmissible ! C’est la France qu’on moque, qu’on humilie ainsi. Qu’un État étranger se permette de maintenir l’un de nos compatriotes, sans le moindre procès et sans même dire ce qu’on lui reproche, est plus proche de la prise d’otage que de la justice ». Il appelle à « porter le combat auprès des institutions européennes ». Pour Clémentine Autain, députée, « cette décision arbitraire et injuste est un véritable pied de nez des autorités israéliennes adressé à notre pays ». Des parlementaires de tous les groupes, y compris la République en marche (LRM), ont également appelé à la libération de Salah Hamouri. Le président de l’Association France-Palestine solidarité (AFPS), Bertrand Heilbronn, dit attendre « une réaction du gouvernement français et du président de la République à la hauteur de l’insulte qui est faite à notre pays par ce déni absolu du droit ».

Sollicités par e-mail par l’Humanité, ni la présidence française ni le ministère des Affaires étrangères n’avaient, hier en fin d’après-midi, réagi au renouvellement de la détention administrative de Salah Hamouri. Quant aux médias, à quelques exceptions près, c’est le silence.

 
Grand reporter

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