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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 06:32

Pour les 100 jours d'emprisonnement du militant franco-palestinien, un rassemblement était organisé pour demander sa libération, le 2 décembre dernier, à Paris. M. Bragard

 

L'avocat franco-palestinien, en détention en Israël depuis le 23 août, a été transféré dimanche dans une prison de sinistre réputation. Et Macron est aux abonnés absents.

Emprisonné jusqu'à présent dans une prison du Néguev, l'avocat franco-palestinien Salah Hamouri a été transféré ce dimanche 31 décembre dans la prison de Megiddo, de sinistre réputation, au sud-est d'Haïfa. Selon l'association palestinienne des droits de l'homme et de défense des prisonniers Addameer, il s'agirait rien de moins que d'une « punition ». L'information de son transfert a été confirmée indirectement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en charge des visites aux prisonniers palestiniens et qui a annoncé que la famille de Salah ne pourrait le voir le 1er janvier, la rencontre étant annulée.

Il y a deux semaines environ, des hommes ­ peut-être des services de renseignements ­ ont fait irruption dans la cellule de Salah Hamouri avec, dans leurs mains, un exemplaire de l'Humanité. On sait que, par l'intermédiaire de ses avocats, nous avions publié une interview de Salah Hamouri le 30 novembre. Ces agents ont alors indiqué à Salah Hamouri qu'il allait être placé à l'isolement. Une forme de punition régulièrement utilisée par les autorités israéliennes contre les détenus palestiniens, mesure particulièrement inhumaine. Les représentants des prisonniers sont alors intervenus auprès de l'administration pénitentiaire pour empêcher l'application de cette décision. Mais, ce dimanche matin, les renseignements israéliens sont revenus à la charge en annonçant à Salah Hamouri son transfert à la prison de Megiddo. Il pourrait très bien se retrouver immédiatement à l'isolement.

LA DÉTENTION ADMINISTRATIVE EST, EN SOI, UN ACTE DE TORTURE MENTALE

Salah Hamouri se trouve incarcéré dans le cadre d'une détention administrative depuis le 23 août. Pour six mois, renouvelables autant de fois qu'en décide l'arbitraire de la « justice » israélienne. L'ordre a été donné par le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, qui mentionnait déjà la prison de Megiddo. La détention administrative est, en soi, un acte de torture mentale. Cité dans un livre (1), un prisonnier en fait mesurer la portée dans une lettre à l'écrivain nigérian Wole Soyinka, en décembre 1996 : « Si je dois décrire ce que nous sommes, je dirai que nous sommes des otages politiques, écrivait-il. Nous ne pouvons jamais savoir à quel moment nous allons rentrer chez nous. Ce jeu cruel du "espoir/pas d'espoir", je l'ai une fois décrit comme un mélange de roulette russe "elle m'aime/elle ne m'aime pas" et (...) une variante du thème familier "En entrant ici, abandonnez tout espoir". »

Rien ne permet d'espérer une libération prochaine puisque l'arbitraire règne. Développer l'espoir, c'est s'exposer à une terrible désillusion en cas de renouvellement de la détention administrative. Ce cercle vicieux s'apparente bien à de la torture, ce qu'avait souligné en 1998, puis en 2003 le Comité des Nations unies pour les droits de l'homme, qui s'était penché plus précisément sur la détention administrative pratiquée par Israël. Ainsi, la députée palestinienne Khalida Jarrar, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), qui a été placée en détention administrative le 2 juillet 2017, devait être libérée 1er janvier 2018. Mais, le 27 décembre, sans aucun motif et toujours au nom d'un dossier secret, sa détention administrative a été reconduite pour six mois. Ils sont près de 453 dans ce cas, sur les 6 154 prisonniers palestiniens (dont 311 enfants et 59 femmes), selon Addameer.

Contacté dimanche par l'Humanité concernant le sort de Salah Hamouri, le service de presse de l'Élysée n'a toujours pas répondu. La question est simple : le président de la République française intervient-il personnellement auprès des autorités israéliennes, et plus particulièrement de Benyamin Netanyahou, pour exiger la libération de notre compatriote, comme le lui demandent des dizaines de parlementaires nationaux et européens et tout autant de conseils municipaux dans l'Hexagone ? Emmanuel Macron, qui a le verbe haut s'agissant d'autres pays, est silencieux sur ce dossier. Or, la diplomatie discrète a ses limites. Il a maintenant le devoir d'informer les Français : oui ou non intervient-il ?

(1) Threat. Palestinian political prisoners in Israel. Abeer Baker et Anat Matar. PlutoPress Editions.

 

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