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2 janvier 2018 2 02 /01 /janvier /2018 06:39

LES GRANDS ENJEUX POUR NOTRE PLANÈTE, PAR GÉRARD LE PUILL

 

 

La Nina assèche l'Amérique du Sud : les rendements de soja et de maïs peuvent drastiquement diminuer.

Chaque semaine, de nouveaux indices confirment les risques induits par le réchauffement climatique. On vient d'apprendre que les truffes se font rares cette année en Vaucluse à cause de la sécheresse qui se prolonge, avec des conséquences sur d'autres cultures et sur l'alimentation en eau potable. Mi-novembre, nous étions informés que la production hydraulique d'EDF avait reculé de 16 % sur les neuf premiers mois de l'année. Une trop faible pluviométrie sur toute l'année n'a pas permis de stocker assez d'eau derrière les barrages pour faire tourner les turbines comme en année normale.

La France, pays au climat tempéré, a aussi subi en 2017 d'autres dégâts liés au réchauffement climatique. Certains sont le résultat d'évolutions contradictoires en cours d'année. Ainsi, quand un hiver très doux permet à la végétation de prendre de l'avance, il suffit ensuite de quelques gelées tardives, en avril ou en mai, pour détruire les fleurs des arbres fruitiers et les bourgeons de la vigne. En Amérique du Sud et en Amérique centrale, c'est la production de café qui se trouve menacée à terme par le réchauffement climatique. Au point que près de 90 % de cette production pourrait disparaître d'ici à 2050, selon certaines études. Des groupes de scientifiques spécialisés dans la recherche agronomique, dont ceux du Cirad, estiment que les superficies agricoles favorables à la culture du café vont se réduire dans les prochaines années de 46 % à 76 %. C'est notamment le cas au Brésil, en Colombie et au Nicaragua.

Dès 2018, le Brésil et d'autres pays d'Amérique du Sud devraient subir le contre-phénomène climatique d'El Nino, que l'on surnomme La Nina. La Nina succède à El Nino quand la température de l'eau à la surface du Pacifique équatorial refroidit, ce qui est le cas en ce moment. Dès lors, ce phénomène assèche une partie de l'Amérique du Sud, dont le Brésil et l'Argentine. Du coup, leurs rendements de soja et de maïs cultivés pour nourrir le bétail et pour être exportés peuvent considérablement diminuer.

C'est aussi au regard des enjeux climatiques et des conséquences du climat sur la production de nourriture de manière globale qu'il faut regarder d'un œil critique les risques induits par la libéralisation des échanges au seul profit des multinationales. La Commission européenne, mandatée par les pays membres de l'Union européenne, dont la France, tente en ce moment de conclure un accord de libreéchange avec les pays du Mercosur afin que ces derniers puissent nous vendre plus de viande, au risque de ruiner nos éleveurs.

Faut-il attendre que la forêt amazonienne recule encore de plusieurs millions d'hectares et que les successions de plus en plus fréquentes du phénomène El Nino et de son contraire La Nina provoquent de nouvelles émeutes de la faim comme en 2007 et 2008 pour que les grands de ce monde comprennent enfin qu'il vaut mieux faire coopérer toutes les agricultures du monde que de continuer à les soumettre à une concurrence mortifère ?

DE LA NINA A EL NINO, LE RECHAUFFEMENT AUGMENTE LES RISQUES DE FAMINE (L’HUMANITE DIMANCHE – JEUDI 21 DECEMBRE 2017 – GERARD LE PUIL

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