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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 07:09
Calais: Le J'accuse des militants solidaires (L'Humanité, mardi 16 janvier 2018)

4 migrants sont morts à Calais en 2017, en 2016 ils étaient 14 et 18 en 2015. Sur instruction du sinistre Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur qui n'a rien à envier à ceux d'autres époques, les policiers lacèrent les tentes des migrants par grand froid, leur interdisent l'accès aux abris, les gazent et les brutalisent, détruisent leurs effets personnels en plus parfaite contradiction avec les engagements internationaux en matière de traitement des réfugiés et de respects des droits de l'homme. Les mineurs isolés qui tentent souvent de rejoindre leurs familles en Angleterre sont victimes de toutes les exploitations. 

C'est le dossier de L'Humanité du mardi 16 janvier, une série de témoignages sur la situation des exilés à Calais. Morceaux choisis:  

Khan Mouzié: "Personne ne peut supporter les conditions dans lesquelles nous vivons, à Calais"

"Monsieur le président, je souhaite demander l'asile en France, j'ai traversé de nombreux pays pour parvenir jusqu'ici, l'Iran, la Turquie, les Balkans... On m'a obligé à plusieurs reprises à donner des empreintes digitales. Pour cette raison, parce que mes empreintes sont enregistrées dans d'autres pays européens, vous refusez de m'accorder la protection de la France. Nous sommes nombreux dans cette situation à Calais. Nous essayons maintenant de passer en Angleterre parce que, nulle part en Europe, on n'a voulu nous accueillir. Monsieur le président, personne ne peut supporter les conditions dans lesquelles nous vivons ici, à Calais. Les nuits sont froides et, régulièrement, vos policiers jettent nos affaires dans des bennes à ordures. A deux reprises, ils m'ont cassé la main. Un matin même, j'ai été gazé pendant que je faisais ma prière. Monsieur le président, je souhaite de tout mon coeur pouvoir vivre en France et y apporter mon savoir-faire. Pourquoi me condamnez-vous à cette vie-là?"

Mathilde Robert: "L'une des politiques les plus dures jamais menées en matière d'immigration" 

"Cela fait deux mois que je suis arrivée à Calais comme volontaire à l'Auberge des migrants, à la fin de mes études. Ce que je veux dire à Emmanuel Macron, c'est que personne n'est dupe. Sous ses beaux discours, il conduit avec Gérard Collomb l'une des politiques les plus dures et inhumaines jamais menées en matière d'immigration. Leur cynisme me dégoûte. La réalité, c'est que, à Calais, trois personnes sont mortes et une à été très grièvement blessée en tentant de franchir la frontière au cours du dernier mois. La réalité, c'est que la frontière et leurs politiques tuent. Harcèlement policier permanent, violence, destruction régulière de leurs maigres effets, refus d'ouverture des hébergements d'urgence disponibles... les exilé.e.s sont désespéré.e.s et prennent tous les risques. J'ai honte que cela se déroule dans mon pays, dont la devise républicaine est "Liberté, égalité, fraternité". L'un des exilés, apprenant que j'étais française: "I learned one thing in french, in Calais. It's: Allez, dégage!"   

Hervé Caux, secrétaire général CGT du port de Calais: "Les exilés doivent accéder plus facilement à l'asile et au travail" 

"Monsieur le président, ceux qui travaillent sur le port de Calais ont eu de nombreuses occasions de subir l'échec des méthodes inefficaces de vos prédécesseurs pour gérer les difficultés liées à la présence à Calais, d'exilés désireux de passer en Grande-Bretagne. Depuis votre élection, nous continuons d'en faire les frais chaque jour. Comment travailler sereinement quand vous savez qu'une femme ou un enfant risque peut-être sa vie derrière les portes d'un camion? Et lorsque vous l'ouvrez, et que vous voyez leur regard, comment ne pas comprendre que les solutions de l'extrême-droite ne sont pas les bonnes? Il s'agit d'êtres humains en détresse. La solution, monsieur Macron, est que ces exilés accèdent plus facilement à l'asile et au travail. Faute de quoi, l'Angleterre restera un eldorado et les travailleurs du port continueront de faire les frais de politiques inhumaines menées depuis vingt ans. Quelles réponses concrètes apportez-vous, par ailleurs, aux conséquences sociales et économiques du Brexit, qui s'annoncent dévastatrices?"

François Guénoc, vice-président de l'Auberge des migrants: "Vous ne gagnerez pas la guerre d'usure contre les exilés et leurs soutiens"  

"Monsieur le Président, vous venez ce mardi sur la frontière britannique à Calais. Ici, nous, bénévoles et militants, travaillons depuis plus de vingt ans pour aider les exilés à survivre et trouver une place en Europe, à l'abri des guerres, de la répression, de la misère. Au lieu d'avoir à nos côtés le gouvernement de la République, nous devons faire face à la police. Et solliciter la solidarité d'autres citoyens pour abriter, fournir des vêtements et les sommes nécessaires pour préparer et distribuer des repas. Nous devons travailler avec les exilés dans la rue, le vent et la pluie. Le projet de loi que votre ministre de l'intérieur vient de présenter aux associations n'est qu'une aggravation de la politique menée par vos prédécesseurs. Politique qui a fait la preuve de son inhumanité, de son coût exorbitant et de son inefficacité. Vous avez décidé de mener une guerre d'usure contre les exilés, les bénévoles et les militants. Vous ne la gagnerez pas. Appuyés sur la devise républicaine et nos valeurs de solidarité, nous ne baisserons jamais les bras".   

Calais: Le J'accuse des militants solidaires (L'Humanité, mardi 16 janvier 2018)

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