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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 16:00
Entouré de Sylvie Bozoc, Claude Bonnard et Anne Cousin, Alain Diverrès présente la plaque en bronze. À l'initiative d'un collectif citoyen, une plaque commémorative du passage de tirailleurs sénégalais à Morlaix en 1944 sera dévoilée le 4 décembre. Histoire de rappeler cet épisode oublié de la ville.

Entouré de Sylvie Bozoc, Claude Bonnard et Anne Cousin, Alain Diverrès présente la plaque en bronze. À l'initiative d'un collectif citoyen, une plaque commémorative du passage de tirailleurs sénégalais à Morlaix en 1944 sera dévoilée le 4 décembre. Histoire de rappeler cet épisode oublié de la ville.

À l'initiative d'un collectif citoyen, une plaque commémorative du passage de tirailleurs sénégalais à Morlaix en 1944 sera dévoilée le 4 décembre. Histoire de rappeler cet épisode oublié de la ville. 

C'est dans le quartier de la Madeleine, au bar des Deux Rivières, que Claude Bonnard, Alain Diverrès, Anne Cousin et Sylvie Bozoc, les citoyens à l'origine du projet de plaque commémorative, nous reçoivent. Dans le même lieu où séjournèrent les tirailleurs sénégalais à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'idée de leur rendre hommage est née là, au printemps dernier, alors qu'Alain Diverrès montait une pièce de théâtre sur cet épisode méconnu de l'histoire locale d'après-guerre.

70 morts au Sénégal


C'est la Morlaisienne Anne Cousin, auteur d'un livre publié en 2011 sur le retour tragique des troupes coloniales, de Morlaix à Dakar, qui en retrace les grandes lignes. « En novembre 1944, 2.000 tirailleurs sénégalais, ex-prisonniers de guerre, séjournèrent dans la Cité du viaduc, avant d'être renvoyés par navire au Sénégal. 300 d'entre eux refusèrent de partir sans le paiement de leur solde militaire et furent regroupés du 4 au 11 novembre, ici, à l'ancienne Corderie. De retour au camp militaire de Thiaroye, au Sénégal, les 1.700 autres revendiquèrent également ce solde. S'en suivit un massacre qui fit 70 morts.»

Pourquoi pas une plaque ?


De leur passage morlaisien, Alain Diverrès, comédien du Théâtre de la Corniche, a retenu une anecdote : « Des tirailleurs avaient sacrifié leur ration de nourriture pour l'offrir à une veuve et ses enfants.

 

 Cette idée de partage de pauvres, à d'autres encore plus pauvres, j'ai trouvé ça extraordinaire ». Il en a fait une pièce, jouée en juin dernier, axée sur la généreuse capacité d'accueil des Morlaisiens. Au moment de la représentation, une suggestion fut lancée : « S'il y a des sous dans le chapeau après la pièce, il faudrait en faire une plaque. Il restait des sous, alors on l'a fait ».

« Réparer l'oubli »


Pour la création, ils ont ouvert une souscription volontaire (*) et sollicité la sculptrice de Huelgoat, Sylvie Bozoc, qui s'est imprégnée du livre d'Anne Cousin et des photos d'anciens tirailleurs faites par Hervé de Willancourt. « J'ai fait des croquis, il fallait proposer quelque chose de cohérent, sans tomber dans la caricature " bananière " », indique Sylvie Bozoc, qui s'est alors attaquée au modelage en terre du bas-relief. La plaque de bronze a ensuite été coulée à Plouédern. « L'idée de cette plaque, c'est de réparer l'oubli », glisse Claude Bonnard, qui donne rendez-vous lundi 4 décembre, à 18 h 30, au bar des Deux Rivières, pour un moment d'hommage ouvert à tous.

Au programme : dévoilement de la plaque, partage d'une soupe, suivie d'échanges avec trois auteurs : Anne Cousin, Kris (scénariste de la BD « Plus près de toi » illustrée par Fournier), et Martin Mourre, auteur d'une thèse sur Thiaroye en 1944. * Il leur reste encore à rassembler la moitié de la somme de 1.000 €. Bulletins de souscription au Bar des Deux Rivières, 1, place de la Madeleine.
 

Tirailleurs sénégalais: une plaque pour ne pas oublier  (Le Télégramme): inauguration publique le lundi 4 décembre à 18h30 en présence de Martin Mourre, Kris, Anne Cousin

L'inauguration de la plaque se fera le lundi 4 décembre vers 18h.

 

L'auteur du livre "Thiaroye 1944", Martin Mourre sera présent ainsi évidemment que Anne Cousin. 

 

Thiaroye 1944

 

Martin Mourre, Thiaroye 1944. Histoire et mémoire d'un massacre colonial, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2017, 240 p., préface d'Elikia M'Bokolo, postface de Bob B. White, ISBN : 978-2-7535-5345-3.

Notice publiée le 04 mai 2017

Présentation de l'éditeur

Ce livre prend pour objet les représentations d'un massacre colonial, la répression sanglante de tirailleurs sénégalais, ces soldats ouest-africains de l'Empire français, survenue au camp de Thiaroye, à proximité de Dakar, le 1er décembre 1944. Plus de soixante-dix ans après les faits, cet événement reste un sujet de controverse historiographique. Ce qui a longtemps été considéré par l'armée française comme une mutinerie, apparaît plutôt comme une tuerie organisée par les officiers coloniaux présents à Dakar.
C'est ce que démontre un long et patient travail sur les archives de ce drame. De plus, cet ouvrage retrace les réappropriations passées et actuelles de cet événement au Sénégal, à travers diverses temporalités permettant de lire la trajectoire de la nation sénégalaise postcoloniale en suivant la mobilisation d'imaginaires historiques. Aujourd'hui, au Sénégal, les représentations attachées à l'événement du 1er décembre 1944 apparaissent comme un des paradigmes de la mémoire coloniale.
Décrire ces usages du passé sur plusieurs décennies permet alors d'envisager l'articulation entre des mémoires dominantes – officielles ou non –, des formes particulières de rappel du passé et le rôle de ce passé dans certaines dynamiques identitaires.

Auteur

Martin Mourre

Martin Mourre est docteur en histoire de l’École des hautes études en sciences sociales et en anthropologie à l’université de Montréal. Ses recherches portent principalement sur l’histoire politique et mémorielle du Sénégal au XXe siècle. Il s’intéresse également à une sociohistoire des armées ouest-africaines depuis l’époque coloniale jusqu’à aujourd’hui.

Une plaque sur l'ancienne corderie de la Madeleine (brasserie Coreff ensuite) pour rendre hommage aux Tirailleurs Sénégalais ayant séjourné à Morlaix en 1944 et aux martyrs de Thiaroye: participez à la souscription citoyenne!

 

http://www.editions-harmattan.fr/vspace.gif

http://www.editions-harmattan.fr/catalogue/couv/f/9782296550018f.jpg 
 

RETOUR TRAGIQUE DES TROUPES COLONIALES

Morlaix-Dakar, 1944
Anne Cousin
Préface de Anne Guillou

 

On estime à 31000 le nombre de morts issus des colonies dont 14000 tirailleurs sénégalais. Fin 1944, l'armée de libération "blanchit" ses troupes, les Africains sont rapatriés. 2000 tirailleurs vont embarquer de Morlaix à bord du Circassia pour Dakar. Un vent de révolte va souffler. Certains refusent de partir en l'absence du règlement de leurs soldes. Ceux qui arrivés à Dakar feront valoir leurs droits seront payés avec des balles.

 

Lire aussi: 

Comment les autorités françaises ont spolié, humilié, massacré les tirailleurs Sénégalais parqués à Morlaix à l'automne 1944.

Tirailleurs sénégalais: la patrie bien peu reconnaissante (L'Humanité, 30 décembre 2016)

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