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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 09:37

 

Réunis en intersyndicale, la CFDT, la CGT et Sud Santé dénoncent avec force la « décision unilatérale » de la direction de fermer temporairement les soins intensifs du service de cardiologie de l'hôpital.

L'unité de soins intensifs en cardiologie (Usic) de l'hôpital de Morlaix va bel et bien fermer à compter du 1er décembre. Temporairement. C'est du moins ce qu'affirme la direction du CHPM. Particulièrement remontés par cette décision, les syndicats tirent collectivement la sonnette d'alarme.

« Malgré la mobilisation de tous, un déficit médical aigü en cardiologie oblige le centre hospitalier des pays de Morlaix à suspendre provisoirement le fonctionnement des huit lits de l'unité de soins intensifs de cardiologie à compter du 1e r décembre. Les 26 lits d'hospitalisation conventionnelle ne sont pas affectés par cette mesure ». C'est par ce court communiqué qu'Ariane Bénard a finalement acté une décision, envisagée dès jeudi (Le Télégramme d'hier), qui semblait inéluctable. Et la directrice de l'hôpital de préciser que l'accueil des patients, via les urgences ou le Samu, sera « organisé en lien étroit avec le CHRU de Brest afin de garantir à tout moment une prise en charge optimale ».

 

« On va devenir un hôpital local »


Pour ce qui est du personnel, Ariane Bénard indique qu'elle fera en sorte de « les bouger le moins possible » pendant cette fermeture. Se voulant rassurante, elle précise enfin que le CHPM met tout en oeuvre « pour retrouver dans les meilleurs délais une offre de soins complète au service de la population du territoire. »

Mais le message est très loin de passer auprès des organisations syndicales. « C'est une décision aberrante et inquiétante. C'est dramatique pour les patients, les médecins et les 18 agents concernés, lui rétorquent la CFDT, la CGT et Sud Santé, réunis en intersyndicale. En réalité, ça impacte tous les services de l'hôpital, son image. Au niveau cardiologie, on va créer une zone blanche entre Brest et Saint-Brieuc. Si ça continue comme ça, on va devenir un hôpital local ! ».

Particulièrement remontés, les délégués syndicaux remettent en cause une décision administrative unilatérale, « qui vient mettre à mal l'important investissement médical consenti pour maintenir dans ce service un très haut niveau de technicité » indispensable à l'attractivité de l'hôpital.

Dans leur viseur, la dénonciation par la direction, 14 ans après sa signature, d'une convention qui liait le Dr Pascal Cornec, chef du service de cardiologie, avec la clinique de Keraudren. « C'est elle qui permettait au service de fonctionner bon an mal an, d'assurer la continuité des gardes à 2,5 cardiologues au lieu de six », s'agace Stéphanie Garnier, au nom de l'intersyndicale. Qui précise par ailleurs qu'au cours du premier trimestre 2018, le nombre de cardiologues tombera à deux.


Réouverture possible « à tout moment »

Du côté d'Ariane Bénard, on affirme au contraire que cette convention, qui devrait prendre fin dans trois mois, « ne touchait pas le fonctionnement » d'un service dont le budget pour 2017 est de l'ordre de 450.000 €, en raison d'un recours massif à l'intérim et aux contrats de remplacement. La directrice souligne aussi qu'il n'y a « aucun contentieux personnel » entre elle et le Dr Cornec, dont elle affirme qu'il a fait valoir, en juin, des « dépassements très importants de son temps de travail en 2016 ».

À l'instar des syndicats, ce dernier regrette de son côté que, malgré des demandes insistantes, le Groupement hospitalier de territoire (GHT) n'ait apporté aucune aide à l'hôpital morlaisien. « Or ce service est absolument nécessaire au pays de Morlaix. Il aurait dû le faire, c'est son rôle », insiste l'intersyndicale, pour qui l'Usic ne pourra pas rouvrir avant le 1er janvier.

Là encore, la direction s'incrit en faux. « On espère rouvrir le plus vite possible avec la même équipe. Et on peut le faire à tout moment, dès lors qu'il y aura une ligne de garde », souffle Ariane Bénard. Autrement dit, il faudrait que les cardiologues seniors acceptent de nouveau de « sécuriser l'activité des praticiens remplaçants » pendant leurs astreintes. Ce qu'ils refusent actuellement de faire, « étant au bout du rouleau », constate l'intersyndicale.

À moins d'improbables recrutements, la situation semble donc bloquée. Si bien que les syndicats craignent désormais qu'à terme, le CHRU de Brest récupère définitivement les huit lits de l'Usic.


 

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