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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 06:50

 

Pour justifier un budget qui va servir les hyper-riches, la droite macroniste répète sur tous les tons qu'elle le fait pour relancer le financement de l'économie. Balivernes ! Qu'en est-il du financement de l'économie quand le fleuron Alstom et les chantiers de Saint-Nazaire sont cédés sur tapis vert ? Qu'en est-il de l'ambition de redresser le pays quand sont insultés les travailleurs de GM&S, qui réclamaient précisément que des investisseurs viennent conforter leur activité et l'emploi ?

La majorité parlementaire et le gouvernement veulent baisser les impôts sur le capital et faire grimper la fiscalité indirecte comme le préconise Bruxelles, qui baptise ces prélèvements « impôts de consommation ». Il s'agit en fait de mettre la dernière main à un long processus qui a vu la part de l'imposition de la fortune et du capital se réduire comme peau de chagrin. Pour autant, le chômage et la précarité n'ont cessé de progresser et le sang industriel du pays coule toujours dans le ravin creusé par les rapaces de la finance. Les plus fortunés bénéficiaient déjà d'un bouclier fiscal qui permettait à chacun des cent premiers d'entre eux de bénéficier d'une ristourne de 1,15 million d'euros.

C'est pourtant un bouclier social pour les salariés et les privés de travail qui serait facteur de justice et favoriserait réellement l'activité.

 

Ces dix dernières années, les contributions demandées aux puissances financières ont été allégées de 200 milliards d'euros, quasiment l'équivalent de quatre budgets de l'éducation nationale. Dans le budget 2018, les contributions demandées à la minorité de la population disposant de grandes fortunes sont à nouveau abaissées de 4 milliards d'euros alors que les couches populaires seront ponctionnées de 1,2 milliard d'euros, sans parler de la baisse des APL ou de l'augmentation de la CSG, et les dépenses utiles à la collectivité vont être amputées de 15 milliards. Dans un pays où la rente est favorisée, tout ceci ne profitera en rien à l'investissement productif puisqu'il n'existe aucune obligation, ni même de mécanisme incitatif. Même quand il en existait un, baptisé « ISF/PME », seulement 400 millions d'euros ont été orientés de la poche des nantis vers les petites et moyennes entreprises. Une goutte d'eau quand on sait que, par ailleurs, elles souffrent d'une ponction de 30 % à 40 % de remboursements d'intérêts, de frais bancaires divers, de prélèvements de leurs donneurs d'ordres sur leurs profits bruts.

 

Placer son argent en actions et en obligations ne signifie pas qu'on aide les PME et l'emploi. Les actions placées en Bourse sont souvent loin de l'économie réelle française et la rémunération en dividendes des grands groupes est bien plus rentable, surtout en France. Or, ce sont précisément ces détentions d'actions et d'obligations qui vont être exonérées.

Ajoutons que les chasseurs de dividendes vont, grâce au Conseil constitutionnel, se voir reverser un pactole de 10 milliards d'impôts à cause d'un dispositif de taxation additionnelle à l'impôt sur les sociétés sur les dividendes, jugé non conforme. Il avait pourtant été concocté sous le précédent quinquennat par l'ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée, devenu président de la République, et l'ancien conseiller de M. Moscovici, devenu secrétaire général de l'Élysée !

L'argument invoqué de manière incessante pour abaisser l'impôt sur la fortune est qu'il pousse à l'exil. Aux voleurs, le pouvoir dit donc : « Inutile de partir, désormais, avec nous, vous trouverez votre bonheur sur place ».

Si 70 milliards d'euros s'envolent effectivement dans les paradis fiscaux, on le doit d'abord à une tolérance sans commune mesure avec celle dont bénéficieraient les voleurs de poules. Un moyen simple de dissuader l'exportation des capitaux consisterait à créer un impôt universel, tel qu'il existe aux États-Unis, qui oblige chaque contribuable à payer ses impôts en France, où qu'il se déplace. Que le gouvernement agisse avec fermeté pour empêcher l'évasion fiscale et fermer les paradis fiscaux !

 

La révolution fiscale pour plus de justice et d'efficacité reste à faire. Ce pouvoir va jusqu'à rester sourd aux alertes que lancent des organismes peu suspects de sympathie pour la justice sociale ou le communisme. Ainsi, l'OFCE note que la minorité des 10 % les plus riches va capter plus de 40 % des baisses d'impôts. Le Fonds monétaire international (1) a pointé la semaine dernière que de telles orientations creusent les inégalités et sont « un frein pour la croissance », en ajoutant que la baisse de la fiscalité sur les plus hauts revenus n'a pas entraîné de regain d'activité. Il appelle à utiliser l'outil de la progressivité de l'impôt pour réduire les inégalités en indiquant que « différents types d'impôts sur la fortune peuvent être envisagés ». « Cause toujours », leur répond M. Macron.

 

Tout ne pourra s'inverser que si se lève un mouvement populaire unitaire, large, démocratique, conscient de sa force. Seule la construction d'un mouvement majoritaire pourra créer un rapport de forces qui mette en cause la sacro-sainte loi de l'argent.

(1) Fiscal Monitor « Lutter contre les inégalités »

 

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