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18 octobre 2017 3 18 /10 /octobre /2017 05:55

Celui qui ne voulait pas d'une « présidence bavarde » a dû s'expliquer à la télévision dimanche soir. L'Humanité passe les propos du chef de l'État au scanner de bons connaisseurs des domaines abordés.

 

1. « QUAND CERTAINES OU CERTAINS BLOQUENT TOUT, SE MELENT A DES ACTIVISTES VIOLENTS (…), FONT TOUT POUR BLOQUER, POUR TOUCHER LA SUPRALEGALE »

 

Jean Marc DUCOURTIOUX – Délégué du personnel CGT de GM&S en passe d’être licencié

Emmanuel Macron salit tout ce pour quoi on s'est battu depuis des années. Il n'y aurait pas eu d'extension de la période de redressement judiciaire si on n'était pas allé chercher le fric de la région. Si on ne s'était pas bougé, on aurait été liquidé sans reprise le 2 décembre. Alors, le fait qu'il s'approprie le mérite de cette reprise nous met en colère. Et il dit qu'on "fout le bordel" pour avoir des supralégales en prenant l'exemple de Whirlpool ­ où les salariés licenciés sont partis avec 80 000 euros d'indemnités supralégales ­ pour expliquer qu'il n'y a pas besoin de manifester. Mais les salariés licenciés de GM&S n'ont eu que la petite indemnité conventionnelle de merde de la métallurgie. C'est comme si on était licencié pour faute. Ce n'est pas aux salariés de payer pour les patrons voyous et pour les donneurs d'ordre qui nous ont coulés en nous enlevant des commandes. »

 

2. « LA SOCIÉTÉ CHANGE : JE VAIS VOUSARMER POUR TROUVER VOTRE PLACE DANS CE CHANGEMENT, PLUTÔT QUE DE PRÉTENDRE VOUS PROTÉGER CONTRE LUI.»

 

Malika ZEDIRI – Porte parole de l’APEIS

« Macron a l'impression d'utiliser des mots magiques, mais il n'invente rien. La formation, cela fait trente ans qu'on en parle ! Ces derniers mois, on a créé plein de formations bidons, avec des enseignements par vidéo et des boîtes qui formaient jusqu'à 60 métiers... "Renforcer les contrôles", s'assurer que le chômeur "cherche réellement un emploi": on entend la voix de Gattaz à travers Macron. Macron parle, en évoquant les chômeurs, de "multirécidivistes du refus". Ces mots sont très connotés. Non, les chômeurs ne sont pas des délinquants. Les gens cherchent du travail, mais il n'y a plus de propositions de Pôle emploi. Si vous voyez le nombre de gens qui bossent pour moins que le Smic. 300 000 personnes se sont jetées sur les contrats aidés, parce que c'était la seule possibilité de boulot, avec vingt heures par semaine payées près de 850 euros par mois, et maintenant on les supprime. Seul un chômeur sur trois est indemnisé. Ils n'ont pas le choix, s'ils ne bossent pas, ils crèvent. C'est malfaisant d'utiliser ces mots. »

 

3. « MON PRÉDÉCESSEUR A CRÉÉ UNE TAXE À 75 %. EST-CE QUE ÇA A RAPPORTÉ BEAUCOUP D'ARGENT ? NON. POURQUOI ? CEUX QUI RÉUSSISSAIENT SONT PARTIS. »

 

Eric BOCQUET, Sénateur (PCF) coauteur d’un livre contre l’évasion fiscale

« Le président Macron a beau se démener comme un diable pour tenter de se défaire d'une image qui lui colle déjà à la peau, celle de président des riches, peine perdue : le débat budgétaire qui s'engage au Parlement en est l'illustration spectaculaire. Oui, votre budget est très bienveillant pour les plus riches. Un seul exemple: le détenteur d'un patrimoine de 3,8 millions d'euros (résidences principale, secondaire, immeuble de rapport et portefeuille de titres) qui avec l'ISF payait 21290 euros, avec votre nouvel impôt, l'IFI, ne paiera plus que 5020 euros! L'argument consistant à dire qu'il faut alléger la charge fiscale des plus riches afin de "rapatrier en France capitaux et talents" ne tient plus quand on découvre que tous les pays membres de l'Union européenne sans exception sont touchés par l'évasion fiscale (plus de 1000 milliards d'euros, soit 6 fois le budget annuel de l'UE). L'évasion fiscale n'est pas liée au taux d'imposition, elle est inhérente à la logique du système libéral financiarisé et mondialisé : accumuler des richesses en évitant de participer au financement d'une société civilisée. Le stock de richesse "offshore" est évalué pour notre pays à 15 % du PIB de la France. Notre pays est aussi le champion d'Europe de la distribution des dividendes. 3 250 ménages, soit 0,01 % du total des plus fortunés, détiennent 150 milliards dans les paradis fiscaux, c'est exactement l'équivalent des recettes de la TVA dans le budget 2018. Voilà un chantier à ouvrir, au nom de l'intérêt général. Les parlementaires communistes ne manqueront pas de vous le rappeler, monsieur le président ! »

 

4. « JE VOUS FICHE MON BILLET QUE, DÈS L'ANNÉE PROCHAINE, DANS LA GRANDE MAJORITÉ DES CAS, LA HAUSSE DE LA CSG SERA COMPENSÉE PAR LA BAISSE DE LA TAXE D'HABITATION. »

 

Henri STERDYNIAK – Co animateur des Economistes atterrés

« Emmanuel Macron prétend vouloir augmenter le pouvoir d'achat des salariés. Augmenter les salaires, vous n'y pensez pas ! D'où l'idée géniale : faire financer l'Unedic par la CSG au lieu de cotisations de salariés, ce qui permet de taxer les retraités. Les allocations chômage ne seront plus du salaire socialisé et différé, les syndicats n'auront plus leur mot à dire. Les revenus des actifs augmentent de 1,8 % (9 milliards) et les retraites baissent de 1,8 % (5 milliards). Même avec 1 milliard prélevé sur les revenus fonciers, le compte n'y est pas, surtout s'il faut indemniser les démissionnaires et les non-salariés (pour 4 milliards). Manquent 7 milliards; dans six mois, il faudra baisser les allocations chômage. Macron prétend que la hausse de la CSG des retraités (5 milliards dès 2018) sera compensée par la baisse de la taxe d'habitation (1,2 milliard pour les retraités cette année; 3,7 dans trois ans). Le compte n'y est pas, et surtout ce calcul masque que les retraités seront aussi les victimes de la baisse des dépenses locales des communes: baisse de l'aide sociale, des activités locales, des subventions aux associations. Enfin, Macron s'inscrit en plein dans la thèse du Medef: on ne peut donner de pouvoir d'achat aux salariés qu'en baissant les dépenses publiques et sociales, comme si celles-ci n'étaient pas une composante du revenu et du bien-être des ménages.»

 

5. « À CHAQUE FOIS QU'ON A AUGMENTÉ L'APL, ON A AUGMENTÉ D'AUTANT LES LOYERS. »

 

Ian BROSSAT (Adjoint au maire de Paris en charge du logment)

«Le chef de l'État prétend que "le logement social augmentait les loyers de façon croquignolesque". C'est un mensonge, puisque les loyers sont plafonnés par l'État. Malgré les tentatives d'Emmanuel Macron de justifier ses coupes budgétaires, l'effet inflationniste des aides au logement sur les loyers n'est pas démontré. Et si le budget consacré aux aides augmente, c'est parce que la pauvreté augmente. 6,5 millions de ménages bénéficient d'une aide au logement, dont plus de la moitié ont des ressources inférieures au seuil de pauvreté et 80 % ont des ressources inférieures à un Smic. Un réel encadrement des loyers privés permettrait des économies substantielles, mais cette mesure ne cadre pas avec le dogmatisme néolibéral en vogue à l'Élysée. "Dans le monde HLM, il y a des acteurs qui ont beaucoup d'argent. On va leur demander de faire un effort", a affirmé le président. Or, la trésorerie des bailleurs sociaux ne s'évapore pas en dividendes ou dans les paradis fiscaux: elle est destinée à loger les familles des classes populaires et moyennes. Alors que Macron baisse l'impôt sur les grandes fortunes au motif d'inciter à l'investissement, il vient confisquer la trésorerie des organismes sociaux... qui investissent et créent de l'emploi. »

 

6. « LE POLITIQUE NE DOIT PAS IMPOSER UN CHOIX EN BRUTALISANT LES CONSCIENCES. »

Alexandre URWICZ – Président de l’association des familles homoparentales

«C'est une grande déception de voir l'ouverture de la PMA aux couples homosexuels repoussée aux calendes grecques. Depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron, nous avons prévenu que plus il attendrait pour mettre en oeuvre cette réforme, plus il permettrait à la haine et à l'homophobie de se déverser dans la rue et sur les réseaux sociaux, comme on l'a vu sur le mariage pour tous. En février dernier, il avait même reconnu face à moi que le débat sur la loi Taubira avait trop duré. Et là, il refait la même chose! C'est extrêmement hypocrite de sa part. Emmanuel Macron peut être très déterminé et rapide lorsqu'il s'agit de casser le Code du travail à coups d'ordonnances et faire preuve d'un manque de courage politique patent lorsqu'il faut faire une loi qui étend l'égalité des droits... Dimanche soir, on a compris que ce n'était clairement pas une priorité pour lui. Les familles homoparentales vont être victimes durant des mois de campagnes de haine, tout ça pour un débat totalement inutile, avec des religieux dogmatiques qui, de toute façon, ne changeront pas d'avis...»

 

7. « JE VEUX QU'ON CÉLÈBRE LES RÉUSSITES. SI ON COMMENCE À JETER DES CAILLOUX SUR LES PREMIERS DE CORDÉE, C'EST TOUTE LA CORDÉE QUI S'EFFONDRE. »

Philippe MARLIERE – Politiste, University College London

«Emmanuel Macron est un être d'amour: "J'aime l'ensemble de mes concitoyens", a-t-il déclaré sur TF1. Mais ce sont les "premiers de cordée" qu'il aime d'un amour inconditionnel. Il les aime tellement qu'il leur a supprimé l'ISF. Macron aime moins celles et ceux qui renâclent contre la mesure. Gêné par leur "aigreur", il les avertit, amoureusement, de ne pas céder à la tentation de vouloir "massacrer" les riches par le biais d'impôts "excessifs". Les riches, en plus d'avoir la malchance d'être riches, sont victimes de la haine des pauvres. Macron se désole de ces chômeur.se.s "multirécédivistes" qui refusent plusieurs offres d'emplois. Ce sont des délinquants de l'amour. Les pauvres sont tellement stupides qu'ils "jettent des cailloux" sur les "premiers de cordée"... qui leur retombent sur la tête! Pourtant, les "premiers de cordée" dévissent souvent sans avoir reçu le moindre caillou des méchants pauvres: ils quittent la France pour échapper à l'impôt et laissent les pauvres le payer à leur place.»

 

8. « JE TIENS BEAUCOUP À L'ESPRIT DE NOS INSTITUTIONS. »

Stéphane PEU – Député PCF de Seine Saint Denis

« Emmanuel Macron se déclare garant des institutions de la République, mais comment y croire quand on voit son mode de gouvernance. Celle d'un chef d'entreprise autoritaire qui néglige ses salariés et leurs représentants. Non, la République n'est pas une start-up, c'est une démocratie dont le coeur est irrigué chaque jour par des assemblées élues, des corps intermédiaires, des syndicats, des associations... J'espère que le peuple français lui rappellera vite qu'il n'est pas constitué d'affidés béats qui attendent le doigt sur la couture du pantalon les oracles de Jupiter. Pour être le garant des institutions, M. Macron doit commencer par respecter ses deux piliers que sont le Parlement et la commune, issus de la souveraineté populaire, et qu'il s'échine à nier et à malmener. »

 

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE
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