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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 16:38

Depuis plusieurs jours, la honte a changé de camp. Des milliers de femmes de tou­tes origines, des quatre coins du globe témoignent des violences sexistes qu’elles ont subies. Le scandale Harvey Weinstein a levé un tabou sur le harcèlement sexuel, entraînant un phénomène sans précédent. Femmes célèbres ou anonymes, elles dénoncent, sur les réseaux sociaux, propos, gestes déplacés, harcèlement ou agres­sion sexuelle, le plus souvent sans révéler l’identité de l’auteur. Avec #balance ton porc, cette parole libérée exprime un ras le bol massif, un dégout et une grande colère ; parallèlement, avec #Me too, c’est l’expression de la solidarité entre les femmes, ciment de tout combat féministe. Déjà des contre feux s’allument pour dénoncer cette campagne, la discréditer, mettre en doute la parole des femmes. Ce n’est pas nouveau et c’est justement pour cela que les femmes ont choisi les réseaux sociaux. Parce que, le plus souvent, elles ne trouvent pas l’écoute nécessaire, la prise en compte de leurs plaintes par les autorités compétentes quand on ne les culpabilise pas : ne l’avaient-elles pas cherché au fond ? (tenue vestimentaire, attitude, encouragement tacite…)

 

Il est très important de souligner que les faits dénoncés sont pour la plupart très anciens, ce qui démontre, s’il en est encore besoin, combien les violences, subies par une femme, la traumatisent à jamais. Les violences font partie intégrante d’un système de domination, le patriarcat, elles sévissent dans tous les milieux, dans l’espace privé comme dans les espaces publics (la rue, les transports, les institutions, les entreprises.)

 

Cette année encore, les communistes manifesteront, avec les associations féministes, le 25 novembre, pour dénoncer les violences faites aux femmes et ils seront au rassemblement du 29 octobre avec « Metoo dans la vraie vie ». 84 mille femmes, âgées de 18 à 75 ans, sont victimes de viols ou de tentatives de viols en France chaque année. Ça suffit ! La secrétaire d’état promet un projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes. C’est une bonne nouvelle mais à condition de ne pas oublier une chose fondamentale, comme le lui a rappelé Pierre Laurent, c’est qu’il faut dégager des moyens humains et financiers pour éradiquer les violences faites aux femmes. Or, son budget est en baisse pour 2017 et les 30 millions promis pour 2018 encore loin du compte. Il est urgent de mener une politique d’information, de sensibilisation, de prévention et d’éducation, impulsée par un Ministère des droits des femmes doté d’un budget de 1 milliard d’euros. Marlène Schiappa doit mettre à l’ordre du jour du Parlement, sans délai, la loi cadre contre les violences faites aux femmes qui a été élaborée en lien avec le Collectif national pour les droits des femmes (CNDF) et que les 2 groupes parlementaires ont déposée au Sénat et à l’Assemblée nationale. Jusqu’à présent, la secrétaire d’Etat n’a pas montré une réelle volonté de combattre ce fléau, puisqu’elle a décidé de raboter voire de supprimer les subventions aux associations qui luttent contre les violences faites aux femmes !

 

Il faut dénoncer l’hypocrisie de ce gouvernement comme du précédent. La loi travail XXL et les ordonnances Macron vont renforcer le lien de subordination et donc fragiliser davantage les salarié-e-s tandis que la loi El Khomri rendait déjà très difficile la saisine des prud’hommes ! Comment dénoncer le harcèlement et l’agres­sion sexuelle dans ces conditions ? Les communistes combattent en faveur de l’éga­lité entre les femmes et les hommes, ce qui passe par le respect de chacune et chacun, dans la société comme à l’intérieur de notre organisation.

 

Le PCF se veut exemplaire du point de vue du comportement entre camarades. Il faut donc que des outils soient mis à disposition des adhérentes et des adhérents. Par exemple, généraliser un livret pour prévenir sexisme et violences, en rappelant la loi, les droits de toute victime, en donnant les coordonnées d’associations spéciali­sées, en explicitant les démarches à effectuer notamment le dépôt d’une plainte. La commission des conflits du PCF peut et doit être saisie, car c’est tolérance zéro pour tout acte de harcèlement ou d’agression sexuelle connu dans nos rangs

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